jeudi 5 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2303702 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | ROSE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 juin 2023, Mme A C, représentée par Me Rosé, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 mars 2023 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français en fixant le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour en qualité de salariée dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, au besoin sous astreinte et à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Me Rosé, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision de refus de séjour :
- elle est dépourvue de motivation en fait ;
- le préfet a commis une erreur de droit en exigeant un visa de long séjour sans examiner sa demande présentée sur le fondement de l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet de l'Hérault a procédé à un examen superficiel et sommaire de sa demande ;
- sa situation justifiait une admission exceptionnelle au séjour au titre du travail et le préfet de l'Hérault a commis une erreur manifeste d'appréciation en lui refusant le titre de séjour demandé.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée en droit ;
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle tenant sa situation de femme isolée et divorcée au Maroc, l'équilibre qu'elle a trouvé en France et l'obstacle que constitue la décision à son intégration.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 août 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Mme C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 7 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Crampe, rapporteure,
- les observations de Me Rosé, représentant Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante marocaine née le 25 mars 1980, est entrée en France le 2 août 2019 munie d'un visa de court séjour. Elle a demandé le 5 mars 2023 un titre de séjour au titre de la vie privée et familiale et du pouvoir de régularisation du préfet, en présentant une promesse d'embauche. Elle demande au tribunal l'annulation des décisions du 28 mars 2023 par lesquelles le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour en qualité de salariée et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, en fixant le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office à la frontière.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision de refus de séjour :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
3. Pour refuser l'admission au séjour de Mme C et assortir ce refus d'une obligation de quitter le territoire français, le préfet de l'Hérault, qui n'est pas tenu de rappeler l'ensemble des circonstances de fait mais uniquement les motifs qui constituent le fondement de sa décision, a visé les textes applicables et fait mention des éléments de la situation de l'intéressée qui en constituaient la motivation. Il a ainsi relaté les conditions d'entrée sur le territoire de Mme C, la situation familiale de l'intéressée, les éléments présentés à l'appui de la demande de titre de séjour relatif au travail parmi lesquels l'absence de visa de long séjour, ainsi que les raisons pour lesquelles il considère que la promesse d'embauche obtenue par l'intéressée ne justifiait pas l'admission exceptionnelle au séjour. Par suite, alors même que ne sont pas relatés dans l'arrêté en litige les diplômes et expériences professionnelle de la requérante, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne peut qu'être écarté.
4. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / ().".
5. Il ressort des termes de la décision attaquée que si le préfet a opposé l'absence de visa de long séjour pour examiner le droit au séjour de Mme C au titre du travail au titre de l'article L.412-1, il a également examiné la possibilité de l'admettre exceptionnellement au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en dérogeant à cette condition. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait procédé comme allégué à un examen sommaire de la demande. C'est donc sans commettre d'erreur de droit et au terme d'un examen suffisant qu'il a refusé l'admission exceptionnelle au séjour au titre du travail.
6. Ni la circonstance que Mme C ait exercé durant 10 mois dans le secteur de l'aide à la personne auprès d'une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer, ni les diplômes et l'expérience acquis par l'intéressée et leur adéquation avec le poste de caissière et traiteur qui lui est proposé, ni enfin son statut de femme divorcée marocaine ne sont de nature, pris ensemble ou isolément, à considérer que le préfet de l'Hérault a commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant l'admission exceptionnelle au séjour de la requérante.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
7. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour.
8. Pour les mêmes motifs exposés au point 3, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français peut être écarté.
9. Les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision portant refus de titre de séjour étant rejetées, le moyen tiré par la voie de l'exception de l'illégalité de la décision de refus de séjour peut ainsi être écarté.
10. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision portant obligation de quitter le territoire français, qui n'emporte, en tout état de cause, pas par elle-même retour au Maroc de la requérante, serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur sa situation personnelle. Si Mme C invoque l'équilibre qu'elle a trouvé en France et l'obstacle que constitue la décision à son intégration, il ressort des pièces du dossier qu'elle a obtenu au Maroc des diplômes et qu'elle y a travaillé, et y a vécu jusqu'à l'âge de 39 ans. Elle est célibataire et sans charge de famille en France et les circonstances qu'elle y a travaillé et est en mesure de s'intégrer, et qu'au Maroc des stéréotypes rendant plus difficile la situation des femmes divorcées ne sauraient caractériser des conséquences d'une gravité exceptionnelle sur sa situation personnelle. C'est ainsi sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation que le préfet de l'Hérault a décidé de l'obliger à quitter le territoire français.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
11. Les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français étant rejetées, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de ces décisions peut ainsi être écarté.
12. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions du 28 mars 2023 par lesquelles le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour en qualité de salariée et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, en fixant le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office à la frontière.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
13. Le présent jugement, qui rejette les conclusions en annulation présentées par Mme C, n'implique aucune mesure d'exécution au sens des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte qu'elle a présentées ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 et 75 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, une somme quelconque au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, au préfet de l'Hérault et à Me Rosé.
Délibéré après l'audience du 21 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Corneloup, présidente,
Mme Couegnat, première conseillère,
Mme Crampe, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 octobre 2023.
La rapporteure,
S. Crampe
La présidente,
F. CorneloupLa greffière,
M. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 5 octobre 2023
La greffière,
M. B
N°230370
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026