mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2303734 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | BRAS |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Par un jugement n° 2002470 du 30 décembre 2021, le tribunal a rejeté la requête par laquelle l'Association Bien vivre aux Pendances, M. C D, Mme B D, M. F H, Mme L H, M. A K, Mme J K, M. E I et Mme G I ont demandé l'annulation de l'arrêté du 7 janvier 2020 par lequel le maire de Prades-le-Lez a délivré à la société par actions simplifiée (SAS) Angelotti Aménagement un permis d'aménager pour la réalisation d'un lotissement dénommé " Le Domaine des Pins ", la décision du 14 avril 2020 rejetant leur recours gracieux et l'arrêté du 28 juillet 2021 portant permis d'aménager modificatif.
Par une décision n° 451946 du 26 juin 2023, le Conseil d'Etat statuant au contentieux, saisi d'un pourvoi présenté par l'association Bien vivre aux Pendances, M. F H et Mme L H, M. A K et Mme J K et M. E I et Mme G I, a annulé ce jugement et a renvoyé l'affaire devant le tribunal, qui l'a enregistrée le 26 juin 2023, sous le n° 2303734.
Procédure après renvoi :
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 août 2023, la SAS Angelotti Aménagement, représentée par la société d'exercice libéral à responsabilité limitée (SELARL) Cabinet d'avocat Valette - Berthelsen, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge des requérants la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 septembre 2023, la commune de Prades-le-Lez, représentée par Me Bras, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge des requérants une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle expose au tribunal qu'elle reprend l'intégralité des observations de la procédure antérieure et soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 28 novembre 2023, l'association Bien vivre aux Pendances, M. F H, Mme L H, M. A K, Mme J K, M. E I et Mme G I demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 janvier 2020 par lequel le maire de Prades-le-Lez a délivré à la SAS Angelotti Aménagement un permis d'aménager pour la réalisation du lotissement " le Domaine des Pins " et de la décision du 14 avril 2020 rejetant le recours gracieux formé contre cette autorisation d'urbanisme ;
2°) d'annuler l'arrêté du 28 juillet 2021 par lequel le maire de Pradez-le-Lez a délivré un permis d'aménager modificatif à la SAS Angelotti Aménagement ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Prades-le-Lez une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils reprennent l'ensemble des moyens de la procédure antérieure et soutiennent que :
Sur le permis d'aménager initial :
- l'arrêté est entaché d'incompétence et ne vise pas la délégation de signature de son auteur ;
- le dossier de demande de permis d'aménager est incomplet en ce qui concerne les plantations à conserver ou à créer ;
- l'engagement du lotisseur à créer une association syndicale libre ne figure pas au dossier en méconnaissance de l'article R. 442-7 du code de l'urbanisme ; en outre, il est pris acte de l'engagement versé au débat ;
- le dossier ne comporte aucune autorisation de défrichement ;
- aucune mention ne figure au dossier quant à la soumission du projet au régime de déclaration en application de la loi sur l'eau au titre de la rubrique 2150 ; en outre, il est pris acte du récépissé de déclaration au titre de la loi sur l'eau ;
- il n'est pas justifié que le projet aurait fait l'objet d'un examen au cas par cas conformément aux dispositions de l'article R. 122-2 du code de l'environnement ;
- il n'est pas justifié qu'un hydrant serait implanté à moins de 150 mètres du projet en violation de l'article 2.1.1 du règlement du plan de prévention du risque d'incendie de forêt ; en outre, il est pris acte de la création d'une nouvelle borne incendie à moins de 150 mètres ;
- le projet ne prévoit pas de bande inconstructible de 50 mètres sur l'ensemble des limites du terrain en violation de l'article 2.1.3 du même règlement ;
- les dispositions du plan de prévention du risque d'inondation applicables à la zone Z2 sont méconnues en ce qui concerne la compensation de l'imperméabilisation des sols ;
- l'accès au projet ne respecte pas l'article 3 du règlement du plan local d'urbanisme applicable à la zone UD ;
- la desserte du terrain par les réseaux est insuffisante en violation de l'article 4 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- l'article 13 du même règlement relatif aux espaces libres et plantations est méconnu ;
- le projet présente un risque pour la sécurité publique et le permis méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- le projet porte atteinte au caractère et à l'intérêt des lieux environnants en violation de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ;
- la décision du 14 avril 2020 rejetant le recours gracieux formé contre le permis de construire n'est pas suffisamment motivée ;
- cette décision est entachée des mêmes illégalités que celles affectant le permis d'aménager ;
Sur le permis d'aménager modificatif :
- le dossier est incomplet et ne comporte aucune autorisation de défrichement ;
- il n'est pas justifié d'un examen au cas par car par l'autorité environnementale ;
- le projet méconnaît l'article 2.1.3 du règlement du plan de prévention du risque d'incendie de forêt en ce qui concerne la bande inconstructible de 50 mètres.
Vu la décision du Conseil d'Etat n°461946 du 26 juin 2023.
Les parties ont été informées que le tribunal était susceptible de faire application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et de surseoir à statuer sur la requête dans l'attente de la régularisation des illégalités tenant à la méconnaissance des dispositions de l'article R. 441-7 du code de l'urbanisme, de l'article R. 122-2 du code de l'environnement et de l'article 2.1.3 du règlement du plan de prévention des risques naturels prévisibles d'incendies de forêt.
En réponse à cette information, des observations, enregistrées le 31 mai 2024 et communiquées, ont été présentées pour la SAS Angelotti Aménagement.
En réponse à cette information, des observations, enregistrées le 31 mai 2024 et communiquées, ont été présentées pour les requérants.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code forestier ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Teuly-Desportes ;
- les conclusions de M. Lafay, rapporteur public ;
- les observations de Me Pourret, substituant Me Datavera, représentant les requérants ;
- les observations de Me Benkrid, représentant la commune de Prades-le-Lez ;
- et les observations de Me Valette, représentant la SAS Angelotti.
Une note en délibéré, enregistrée le 5 juin 2024, a été présentée pour la SAS Angelotti.
Une note en délibéré, enregistrée le 11 juin 2024, a été présentée pour les requérants.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS Angelotti Aménagement a déposé, le 28 juin 2019, une demande de permis d'aménager auprès des services de la commune de Prades-le-Lez pour la réalisation d'un lotissement dénommé " Le Domaine des Pins " sur un terrain situé chemin M. Par un arrêté du 7 janvier 2020, le maire de Prades-le-Lez a délivré le permis sollicité. Postérieurement à l'enregistrement de la requête, présentée par l'association " Bien vivre aux Pendances " (BVAP) et huit personnes physiques, tendant à l'annulation de cet arrêté et de la décision du 14 avril 2020 rejetant leur recours gracieux, le maire de Prades-le-Lez a délivré, le 28 juillet 2021, un permis modificatif portant sur la création d'un fossé pour les lots n°2 et n°3. Par la présente requête, l'association et les autres requérants, voisins immédiats du projet, sollicitent l'annulation du permis d'aménager initial, du rejet opposé à leur recours gracieux et du permis d'aménager modificatif.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Lorsqu'un permis d'aménager a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis d'aménager, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.
3. Ainsi qu'il a été exposé au point 1, le maire de Prades-le-Lez a délivré, le 28 juillet 2021, à la SAS Angelotti Aménagement un permis d'aménager modificatif. Il y a donc lieu de se prononcer sur les moyens développés par les requérants en tenant compte des modifications apportées au projet de lotissement litigieux.
4. En premier lieu, aux termes de l'article R. 441-7 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés nécessitent une autorisation de défrichement en application des articles L. 341-1, L. 341-3 ou L. 214-13 du code forestier, la demande de permis d'aménager est complétée par la copie de la lettre par laquelle le préfet fait connaître au demandeur que son dossier de demande d'autorisation de défrichement est complet, si le défrichement est ou non soumis à reconnaissance de la situation et de l'état des terrains et si la demande doit ou non faire l'objet d'une enquête publique.".
5. Aux termes de l'article L. 341-7 du code forestier : " Lorsque la réalisation d'une opération ou de travaux soumis à une autorisation administrative, à l'exception de celles prévues au chapitre unique du titre VIII du livre Ier et au chapitre V du titre V du livre V du code de l'environnement, nécessite également l'obtention d'une autorisation de défrichement, celle-ci doit être obtenue préalablement à la délivrance de cette autorisation administrative. " Aux termes de l'article L. 311-1, devenu L. 341-3 du code forestier : " Nul ne peut user du droit de défricher ses bois et forêts sans avoir préalablement obtenu une autorisation. " Aux termes de l'article L. 342-1 du même code : " Sont exemptés des dispositions de l'article L. 341-3 les défrichements envisagés dans les cas suivants : / 1° Dans les bois et forêts de superficie inférieure à un seuil compris entre 0,5 et 4 hectares, fixé par département ou partie de département par le représentant de l'Etat sauf s'ils font partie d'un autre bois dont la superficie, ajoutée à la leur, atteint ou dépasse ce seuil ; / 2° Dans les parcs ou jardins clos et attenants à une habitation principale, lorsque l'étendue close est inférieure à 10 hectares. Toutefois, lorsque les défrichements projetés dans ces parcs sont liés à la réalisation d'une opération d'aménagement prévue au titre Ier du livre III du code de l'urbanisme ou d'une opération de construction soumise à autorisation au titre de ce code, cette surface est abaissée à un seuil compris entre 0,5 et 4 hectares, fixé par département ou partie de département par le représentant de l'Etat () ". Dans le département de Hérault, les seuils prévus aux 1° et 2° des dispositions citées ci-dessus ont été fixés à 4 hectares par l'article 1er de l'arrêté préfectoral du 11 mai 2004.
6. Il résulte de l'application combinée de ces dispositions que lorsque le projet nécessite une autorisation de défrichement, elle doit être obtenue préalablement à la délivrance du permis de construire ou d'aménager et que celle-ci dépend, non pas de la taille de la parcelle sur laquelle s'implante le projet, mais de la superficie du bois dans lequel le projet s'insère.
7. Il ressort des pièces du dossier et notamment du rapport de l'expert forestier et des photographies produites que la parcelle de 9 482 m² formant le terrain d'assiette du projet comporte un secteur boisé ne présentant pas de discontinuité significative avec le secteur boisé dit " M - La Gleizasse ", dont la superficie est de 28,3 hectares. Elle s'inscrit donc dans la continuité biologique de l'espace boisé. La circonstance que des habitations éparses y soient implantées n'a pas d'incidence sur la nécessité d'une autorisation de défrichement, qui résulte seulement, ainsi qu'il a été dit au point précédent, de la superficie du bois dans lequel s'insère, sans discontinuité, la parcelle en litige et qui, ajoutée à la superficie de cette dernière, dépasse le seuil de 4 hectares au sens des dispositions citées ci-dessus du 1° de l'article L. 342-1 du code forestier. Il suit de là, et sans que la société pétitionnaire soit fondée à invoquer, au regard de la qualification ainsi retenue et de l'étendue, le 2° du même article, que les requérants sont fondés à soutenir qu'une autorisation de défrichement était nécessaire et que les dispositions de l'article R. 441-7 du code de l'urbanisme ont été méconnues.
8. En deuxième lieu, selon l'article R. 441-5 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la demande de permis d'aménager comprend en outre, selon les cas : / 1° L'étude d'impact ou la décision de l'autorité chargée de l'examen au cas par cas dispensant le projet d'évaluation environnementale lorsque le projet relève du tableau annexé à l'article R. 122-2 du code de l'environnement. L'autorité compétente pour délivrer l'autorisation d'urbanisme vérifie que le projet qui lui est soumis est conforme aux mesures et caractéristiques qui ont justifié la décision de l'autorité chargée de l'examen au cas par cas de ne pas le soumettre à évaluation environnementale ; (). " Selon l'article R. 122-2 du code de l'environnement : " I. - Les projets relevant d'une ou plusieurs rubriques énumérées dans le tableau annexé au présent article font l'objet d'une évaluation environnementale, de façon systématique ou après un examen au cas par cas, en application du II de l'article L. 122-1, en fonction des critères et des seuils précisés dans ce tableau. () ". Ce tableau prévoit, à la rubrique 47, que sont soumis de façon systématique à une étude d'impact les défrichements portant sur une superficie totale, même fragmentée, égale ou supérieure à 25 hectares, et à un examen au cas par cas ceux soumis à autorisation au titre de l'article L. 341-3 du code forestier en vue de la reconversion des sols, portant sur une superficie totale, même fragmentée, de plus de 0,5 hectare.
9. D'une part, ainsi qu'il a été dit au point 7, le projet en litige nécessitait une autorisation de défrichement préalable. D'autre part, au regard des pièces du dossier et de la réalisation de dix lots dont un macro-lot pour une surface totale de 0,765 hectare, et du caractère boisé du terrain d'assiette, le projet aurait dû, ainsi que le soutiennent les requérants, être soumis à un examen afin de déterminer la nécessité de le soumettre à une évaluation environnementale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 122-2 du code de l'environnement est également fondé.
10. En dernier lieu, l'article 2.1.3 du règlement du plan de prévention des risques naturels prévisibles d'incendies de forêt (PPRIF), applicable à la zone B1, zone de précaution forte, dans laquelle se situe le terrain d'assiette du projet, prévoit que : () Toute opération nouvelle d'aménagement visée au titre Ier du livre III du code de l'urbanisme (ZAC ou lotissements), comportera obligatoirement dans son périmètre une bande de terrain inconstructible de 50 (cinquante) mètres à maintenir en état débroussaillé isolant les constructions des terrains en nature de bois, forêts, landes, maquis, garrigues, plantations ou reboisements () ".
11. Ainsi qu'il a été dit au point 7, l'opération d'aménagement projetée est réalisée sur une parcelle faisant partie intégrante d'un massif boisé d'une superficie de 28 hectares. Il suit de là que, conformément aux dispositions précitées de l'article 2.1.3 du règlement du PPRIF, elle aurait dû intégrer une bande inconstructible de 50 mètres où s'applique l'obligation de débroussaillement afin d'isoler les constructions de l'espace forestier. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions est également fondé.
12. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, les autres moyens soulevés par les requérants ne sont pas susceptibles, en l'état du dossier, de fonder l'annulation du permis d'aménager contesté.
13. Il résulte de ce qui précède que l'association Bien vivre aux Pendances et les autres requérants sont fondés à soutenir que l'arrêté du 7 janvier 2020 par lequel le maire de Prades-le-Lez a accordé à la société pétitionnaire un permis d'aménager initial, la décision du 14 avril 2020 rejetant le recours gracieux formé contre cet arrêté, ainsi que le permis d'aménager modificatif obtenu le 28 juillet 2021 sont entachés d'illégalité.
Sur les conséquences des illégalités des permis d'aménager :
14. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " () le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".
15. Il résulte de ces dispositions que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.
16. Les vices relevés aux points 7 à 11 du présent jugement, tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 441-7 du code de l'urbanisme, de la méconnaissance de l'article R. 122-2 du code de l'environnement et de l'article 2.1.3 du règlement du plan de prévention des risques naturels prévisibles d'incendies de forêt, sont susceptibles d'être régularisés y compris le dernier, sous réserve d'un réaménagement du projet. En effet, les documents graphiques et cadastraux versés au dossier par les requérants ne démontrent pas que le projet de lotissement, au regard du respect de la bande de 50 mètres, zone de précaution forte, subirait un bouleversement qui en modifierait sa nature, autrement dit, rendrait impossible la réalisation d'un lotissement.
17. Dans ces conditions, les parties ayant été invitées à présenter leurs observations et l'ensemble des moyens ayant été examinés, il y a lieu, de surseoir à statuer, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et de fixer à la SAS Angelotti Aménagement un délai de six mois, à compter de la notification du présent jugement, aux fins de notifier au tribunal la mesure de régularisation nécessaire.
18. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de surseoir à statuer sur les conclusions à fin d'annulation présentées par les requérants afin de permettre une éventuelle régularisation par la délivrance d'un permis de construire modificatif qui devra être communiqué au tribunal dans un délai de six mois à compter de la notification du présent jugement.
D E C I D E :
Article 1er : Il est sursis à statuer sur la requête de l'association Bien vivre aux Pendances et autres jusqu'à l'expiration d'un délai de six mois à compter de la notification du présent jugement, afin de permettre à la SAS Angelotti Aménagement de notifier, le cas échéant, au tribunal une mesure de régularisation des vices mentionnés aux points 7 à 11 du présent jugement.
Article 2 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'association Bien Vivre aux Pendances, première dénommée pour l'ensemble des requérants, à la commune de Prades-le-Lez et à la société par actions simplifiée Angelotti Aménagement.
Délibéré à l'issue de l'audience du 4 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Encontre, présidente,
Mme Teuly-Desportes, première conseillère,
M. Rousseau, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024.
La rapporteure,
D. Teuly-Desportes
La greffière,
C. Arce
La présidente,
S. Encontre
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Montpellier, le 18 juin 2024,
La greffière,
C. Arce
No 2303734 lr
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026