jeudi 5 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2303736 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | LEFORT |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance de renvoi n° 2210984 du 7 février 2023, le président du tribunal administratif de Montreuil a transmis au tribunal administratif de Montpellier, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, le dossier de la requête présentée par M. B A.
Par cette requête enregistrée le 6 juillet 2022 au greffe du tribunal administratif de Montreuil, M. B A, représenté par Me Lefort, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 octobre 2021 par lequel le préfet de l'Hérault a rejeté sa demande de renouvellement de son certificat de résidence, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer un certificat de résidence, ou à défaut de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
* la décision portant refus de titre de séjour :
- a été signée par une autorité incompétente ;
- est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen ;
- est entachée d'erreur de fait quant aux revenus de son activité ;
- méconnaît les articles 5 et 7 de l'accord franco-algérien en ce que la condition de ressources n'est pas opposable aux ressortissants algériens, mais seulement l'effectivité de l'activité ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
* la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen ;
- méconnait l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme ;
* les décisions fixant le délai de départ volontaire de trente jours et fixant le pays de destinations sont privées de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 août 2023, le préfet de l'Hérault conclut :
- à titre principal, au renvoi du dossier au tribunal administratif de Paris ;
- à titre subsidiaire, au rejet de la requête.
Il soutient que :
- à titre principal, le tribunal administratif de Montpellier est incompétent territorialement pour connaitre de la requête dès lors que le domicile de M. A se situe dans le 20e arrondissement de Paris,;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, né le 7 août 1995 et de nationalité algérienne, est entré régulièrement sur le territoire français le 2 septembre 2016 muni d'un visa long séjour étudiant valable jusqu'au 26 novembre 2016. Il a obtenu des certificats de résidence en qualité d'étudiant renouvelés jusqu'au 11 octobre 2019. Le 23 janvier 2020, M. A a obtenu un certificat de résidence en qualité de " commerçant " valable jusqu'au 23 octobre 2020. Il a sollicité le 17 décembre 2020 le renouvellement de ce dernier certificat de résidence. Par un arrêté du 28 octobre 2021, dont il demande l'annulation, le préfet de l'Hérault a rejeté sa demande renouvellement de certificat de résidence, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Sur l'exception d'incompétence territoriale du tribunal administratif de Montpellier :
2. Aux termes de l'article R. 312-8 code de justice administrative : " Les litiges relatifs aux décisions individuelles prises à l'encontre de personnes par les autorités administratives dans l'exercice de leurs pouvoirs de police relèvent de la compétence du tribunal administratif du lieu de résidence des personnes faisant l'objet des décisions attaquées à la date desdites décisions. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier qu'à la date de la décision attaquée, l'adresse de M. A, d'ailleurs mentionnée sur l'arrêté attaqué, se situait à Montpellier. Par suite, en application de l'article R. 312-8 code de justice administrative, le tribunal administratif de Montpellier est bien compétent pour connaitre de la requête de M. A ainsi que le lui a transmis le tribunal administratif de Montreuil, initialement saisi. Par suite, l'exception d'incompétence soulevée par le préfet de l'Hérault doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article 5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles : " Les ressortissants algériens s'établissant en France pour exercer une activité professionnelle autre que salariée reçoivent, après le contrôle médical d'usage et sur justification, selon le cas, qu'ils sont inscrits au registre du commerce ou au registre des métiers ou à un ordre professionnel, un certificat de résidence dans les conditions fixées aux articles 7 et 7 bis " et aux termes de l'article 7 du même accord : " () c) Les ressortissants algériens désireux d'exercer une activité professionnelle soumise à autorisation reçoivent, s'ils justifient l'avoir obtenue, un certificat de résidence valable un an renouvelable et portant la mention de cette activité () ". Il résulte de ces stipulations que l'autorité administrative, saisie par un ressortissant algérien d'une demande de renouvellement d'un certificat de résidence en qualité de commerçant, est en droit de vérifier le caractère effectif de l'activité commerciale du demandeur.
5. Pour refuser le renouvellement du certificat de résidence de M. A en qualité de commerçant, le préfet de l'Hérault a considéré que l'activité du requérant n'était pas effective dès lors que le chiffre d'affaires de la société était nul en 2019, de 3 853 euros pour la période de janvier à septembre 2020 et de 1 380 euros pour la période de janvier à juin 2021. Or, il ressort des pièces du dossier que M. A a créé sa société de livraison de repas à domicile à vélo, d'assistance informatique, administrative et internet à domicile, achat et vente high tech en ligne en octobre 2019 a déclaré un chiffre d'affaires de 3 853 euros en 2020, puis de 4 950 euros en 2021. Il en résulte que le requérant dispose d'une activité effective sans qu'il y ait lieu d'exiger une progression de ses revenus. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le préfet de l'Hérault a fait une inexacte application des stipulations précitées doit être accueilli.
6. Il résulte de ce qui précède que la décision portant refus de renouvellement du certificat de résidence en qualité de commerçant doit être annulée, ainsi que par voie de conséquence les décisions portant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixant le pays de destination, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. L'exécution du présent jugement implique seulement que le préfet de l'Hérault réexamine la demande de M. A tendant au renouvellement de son certificat de résidence en qualité de commerçant et lui délivre dans l'attente une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours. Il y a lieu de lui enjoindre de procéder au réexamen de la demande de M. A dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Lefort, avocat de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Lefort de la somme de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 28 octobre 2021 par lequel le préfet de l'Hérault a rejeté la demande de M. A tendant au renouvellement de son certificat de résidence en qualité de commerçant, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Hérault de réexaminer la demande de M. A dans le délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision et de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour dans le délai de huit jours.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 000 euros à Me Lefort au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Lefort renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à M. B A, à Me Lefort et au préfet de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 21 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Fabienne Corneloup, présidente,
Mme Michelle Couégnat, première conseillère,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 octobre 2023.
Le rapporteur,
N. C
La présidente,
F. CorneloupLa greffière,
M. D
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 5 octobre 2023.
La greffière,
M. D
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026