mardi 10 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2303822 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS MAZAS - ETCHEVERRIGARAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 juin 2023, M. B A, représenté par Me Mazas, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° 2023-340-330 du 17 mai 2023 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours à compter de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivé ;
- il a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière en l'absence de consultation de la commission du titre de séjour ;
- il est entaché d'erreur de fait, compte tenu des preuves de sa présence en France ;
- il est entaché d'un défaut d'examen réel et complet de sa situation ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale en raison de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 août 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-marocain en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rousseau, premier conseiller,
- et les observations de Me Lambert, représentant M. A.
Une note en délibéré présentée par M. A a été enregistrée le 26 septembre 2023.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant marocain né le 8 décembre 1983, qui dit être entré en France en 2005, s'est vu refuser, par un arrêté du 5 août 2014 du préfet de l'Hérault la délivrance d'un titre de séjour avec obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours à destination de son pays d'origine, décision dont la légalité a été reconnue par un jugement de ce tribunal du 8 décembre 2014 et confirmée par un arrêt de la cour administrative d'appel de Marseille du 12 septembre 2016 n° 15MA01889. Une nouvelle décision de refus de séjour assortie d'une obligation de quitter le territoire a été prise à son encontre le 10 mars 2016. M. A a sollicité du préfet de l'Hérault, le 9 mai 2023, son admission exceptionnelle au séjour en faisant valoir la durée de sa présence en France et en joignant à sa demande deux promesses d'embauche. Par la présente requête, il demande l'annulation, pour excès de pouvoir, de l'arrêté du préfet de l'Hérault du 17 mai 2023 portant refus de séjour, assorti d'une obligation de quitter le territoire français et qui fixe le pays de destination.
Sur les conclusions en annulation :
2. Aux termes de l'article L. 435-1 du même code, dans sa rédaction issue du même code : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. /Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. /Les modalités d'application du présent article sont définies par décret en Conseil d'Etat ".
3. Portant sur la délivrance des catégories de cartes de séjour temporaires prévues par les dispositions auxquelles il renvoie, l'article L. 435-1 n'institue pas une catégorie de titres de séjour distincte, mais est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France, soit au titre de la vie privée et familiale, soit au titre d'une activité salariée. Dès lors que l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 prévoit la délivrance de titres de séjour au titre d'une activité salariée, un ressortissant marocain souhaitant obtenir un titre de séjour au titre d'une telle activité ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 435-1 à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national. Toutefois, les stipulations de cet accord n'interdisent pas au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, en fonction de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation de la situation d'un ressortissant marocain qui ne remplirait pas les conditions auxquelles est subordonnée la délivrance de plein droit d'un titre de séjour en qualité de salarié. A cet égard, les stipulations de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 n'ont pas entendu écarter, pour les ressortissants marocains, le bénéfice des dispositions de procédure qui s'appliquent dans le cadre du pouvoir discrétionnaire du préfet en matière d'admission exceptionnelle au séjour.
4. Le refus opposé à M. A à la demande qu'il a présentée sur le fondement des dispositions précitées au point 2 est fondé sur les circonstance que les pièces jointes au dossier pour la période allant de 2017 à 2019 sont intégralement constituées de relevés de compte, dont certains ne montrent aucun mouvement et que le relevé du mois de mai 2017 montre par ailleurs deux retraits effectués en Espagne, indiquant ainsi une date d'entrée en France postérieure à celle déclarée. M. A soutient résider habituellement sur le territoire français depuis son arrivée en 2005, soit depuis dix-huit ans. Il produit à l'instance de très nombreuses pièces depuis l'année 2005. En ce qui concerne les années 2017 à 2019, les pièces qu'il produit, notamment les relevés de compte sur lesquels apparaissent des opérations bancaires, des prélèvements EDF, des retraits d'argent auprès de distributeurs automatiques de billets, des paiements par carte bancaire auprès de commerces de grande surface à Montpellier et dans son agglomération, des remises de chèques auprès de son agence bancaire montpelliéraine, des quittances de loyer pour un logement situé au 101 Eurydice à Montpellier dont il est locataire depuis 2016, sont suffisantes pour considérer que l'intéressé résidait en France de manière habituelle et continue depuis plus de dix ans à la date de l'arrêté attaqué. La circonstance que le relevé du mois de mai 2017 montre deux retraits effectués en Espagne où résident des membres de la famille de M. A ainsi qu'un paiement par carte bancaire le 5 mai 2017 dans le réseau autoroutier n'est pas de nature à remettre en cause le caractère habituel et continu de sa résidence en France. Ainsi, au vu de l'ensemble des nombreuses pièces produites au dossier, le requérant est fondé à soutenir qu'en ne saisissant pas pour avis la commission du titre de séjour, le préfet de l'Hérault a entaché sa décision d'un vice de procédure, le privant ainsi d'une garantie.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que l'arrêté du 17 mai 2023 pris à l'encontre de M. A est entaché d'illégalité et doit dès lors être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique seulement mais nécessairement que l'autorité administrative réexamine la demande de titre de séjour de M. A et prenne une nouvelle décision après avoir saisi la commission du titre du séjour. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au préfet d'y procéder dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de délivrer au requérant, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour.
Sur les frais d'instance :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'accorder le bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à M. A.
DE C I D E :
Article 1er : L'arrêté pris par le préfet de l'Hérault le 17 mai 2023 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Hérault de réexaminer la situation de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à M. B A, au préfet de l'Hérault et à Me Mazas.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Encontre, présidente,
Mme Teuly-Desportes, première conseillère,
M. Rousseau, premier conseiller.
Décision rendue publique par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2023.
Le rapporteur,
M. ROUSSEAU
La présidente,
S. ENCONTRE
La greffière,
C. ARCE
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 10 octobre 2023
La greffière,
C. ARCE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026