jeudi 12 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2303849 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SCP LAFONT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 juillet 2023, Mme A C épouse B, représentée par la SCP Lafont et Associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 juin 2023 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de deux mois suivant le jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est irrégulière car elle ne vise pas l'article R. 434-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives au regroupement familial sur place alors que sa situation peut être éligible à une telle procédure ;
- le préfet a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation, au regard notamment des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile eu égard à l'ancienneté de son séjour, à ses attaches privés et familiales, à son intégration ainsi que celle de son époux et à leur projet futur d'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 août 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lesimple, première conseillère,
- et les observations de Me Lafont, représentant Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 5 juin 2023 le préfet de l'Hérault a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme C, ressortissante marocaine née en 1983, et lui a enjoint de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours. Mme C demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, il est constant que l'arrêté en litige fait suite à une demande présentée le 22 mai 2023 par la requérante en vue d'obtenir un titre de séjour en qualité de salarié ou au titre de sa vie privée et familiale. Dès lors, en s'abstenant de viser les dispositions de l'article R. 434-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relatives au regroupement familial sur place, le préfet n'a pas entaché sa décision d'un défaut de motivation en droit. Le moyen tiré de ce que ce défaut de visa devrait conduire à l'annulation de la décision ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". L'article L. 435-1 de ce même code prévoit que : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".
4. Mme C, titulaire d'un visa autorisant son séjour dans les Etats Schengen du 10 février 2018 au 7 mars 2018, s'est mariée, le 21 avril 2018, avec un compatriote marocain, titulaire d'une carte de résident de dix ans valable jusqu'au 2 décembre 2024. Si la requérante soutient résider en France depuis lors aux côtés de son époux, bien qu'elle n'apparaisse pas sur le bail de location d'appartement pourtant conclu après leur mariage, le bénéfice continu de l'aide médicale d'Etat, les déclarations d'impôts communes avec son époux, où aucun salaire n'est déclaré à son bénéfice, et les attestations de paiements de la caisse aux allocations familiales ne permettent pas d'établir la permanence de son séjour sur le territoire depuis son mariage. Dès lors, les quelques courriers, factures ou pièces médicales produites, ainsi que l'attestation d'une voisine déclarant l'avoir croisée à plusieurs reprises, ne suffisent pas à établir la continuité de son séjour en France depuis avril 2018. En tout état de cause, la production d'une promesse d'embauche, établie le 19 mai 2023, au sein de l'entreprise de son époux, ne lui permet pas de justifier d'une intégration sociale ou professionnelle particulière. Par ailleurs, le fait que son époux soit gérant d'une société de nettoyage, sise en France, dont les résultats sont bénéficiaires, ne permet pas de conclure qu'il aurait fixé en France le centre de sa vie privée et familiale et cette seule circonstance ne fait donc pas obstacle à la reconstitution de la cellule familiale de Mme C au Maroc. Egalement, si la requérante produit une attestation médicale datée de mars 2023 évoquant un " parcours en infertilité " justifiant sa présence en France " puisque son conjoint réside en France ", les éléments versés aux débats ne précisent pas l'ancienneté ou l'état d'avancement du suivi dont ferait éventuellement l'objet la requérante et ils ne permettent pas de conclure que son état de santé actuel s'opposerait à son éloignement ni qu'un suivi approprié ne pourrait être débuté ou se poursuivre dans son pays d'origine, aux côtés de son époux. Enfin, la requérante n'établit pas entretenir, en dehors de son mariage, des liens d'une particulière intensité sur le territoire français alors qu'elle a vécu la majeure partie de sa vie au Maroc où elle n'est pas isolée puisqu'y résident ses parents et sa fratrie.
5. Dans ces conditions, à supposer que Mme C ne soit pas éligible au regroupement familial et qu'elle puisse se prévaloir des dispositions précitées de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'a pas méconnu ces dispositions ni celles de l'article L. 435-1 du même code en refusant de lui délivrer un titre de séjour. Pour les mêmes motifs que ceux-ci-dessus exposés, la décision en litige n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation de Mme C.
6. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme C à l'encontre de l'arrêté du 5 juin 2023 refusant de lui délivrer un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français, pris par le préfet de l'Hérault. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter également ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées au titre des frais du litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par Mme C épouse B est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme A C épouse B et au préfet de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 28 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Eric Souteyrand, président,
Mme Adrienne Bayada, première conseillère,
Mme Audrey Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 octobre 2023.
La rapporteure,
A. Lesimple Le président,
E. Souteyrand
La greffière,
M-A. Barthélémy
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 12 octobre 2023.
La greffière,
M-A. Barthélémy
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026