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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2303976

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2303976

jeudi 17 août 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2303976
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationPROCEDURES 96 H H / 48 H
Avocat requérantJACQUINET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 juillet 2023 et un mémoire complémentaire enregistré le 17 août 2023, M. A F, représenté par Me Jacquinet, demande au tribunal :

1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 5 juillet 2023 par lequel le préfet de l'Aude lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour pendant le délai de deux ans ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, somme qui sera versée à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 en contrepartie pour ce dernier de renoncer à percevoir l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- l'arrêté en litige est entaché d'incompétence ;

- il est insuffisamment motivé et procède d'un défaut d'examen de sa situation ;

- il est entaché d'un vice de procédure tiré du non-respect de la procédure contradictoire prévue par les dispositions des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de destination sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 621-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et méconnaît celles des articles L. 621-2, L. 621-3 et L. 621-4 de ce code ;

- elle méconnaît le 3° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'avis du médecin de l'OFII aurait dû être préalablement requis en application de l'article R. 425-11 du même code ;

- cette décision porte atteinte au respect de sa vie privée et familiale en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire est entachée d'erreur d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 612-2 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision lui interdisant de retourner sur le territoire français est entache d'une erreur manifeste d'appréciation et présente un caractère disproportionné au regard de sa situation personnelle.

Vu l'ordonnance du magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Montpellier en date du 10 juillet 2023 ayant renvoyé le jugement de la requête au tribunal administratif statuant dans la formation prévue à l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Vu les pièces desquelles il résulte que la requête a été communiquée au préfet de l'Aude qui n'a pas produit de mémoire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Rousseau en application de l'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 17 août 2023, M. Rousseau a présenté son rapport et entendu :

- les observations de Me Jacquinet, avocat, représentant M. F, non présent à l'audience, qui maintient ses conclusions et moyens ;

- le préfet de l'Aude, régulièrement convoqué n'étant ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée après les observations orales du requérant en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A F, ressortissant algérien né le 26 août 1987, déclare être entré en France au mois de mai 2023 sans en justifier la régularité et sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Il a été interpellé le 4 juillet 2023 pour des faits de vol à l'étalage dans un entrepôt à Carcassonne. Par un arrêté du 5 juillet 2023, dont M. F demande l'annulation, le préfet de l'Aude a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé l'Algérie comme pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.

Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. F, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

3. L'arrêté attaqué est signé, pour le préfet de l'Aude, par Mme E D. Par un arrêté du 14 avril 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, accessible au juge comme aux parties, le préfet de l'Aude a donné délégation à Mme E D, cheffe du bureau de l'immigration et de la nationalité, aux fins de signer notamment les décisions contenues dans les arrêtés contestés, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme C B, directrice de la légalité et de la citoyenneté. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des arrêtés attaqués manque en fait et doit être écarté

4. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; ( ) "

5. M. F ne justifie pas être entré régulièrement en France et n'est pas détenteur d'un titre de séjour. Ainsi, il entre dans le cas visé au 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile où le préfet peut prononcer une obligation de quitter le territoire français.

6. L'arrêté attaqué vise les textes dont il fait application, la base légale des chacune des décisions qu'il contient et indique les éléments déterminants qui ont conduit le préfet de l'Aude à faire obligation de quitter le territoire français à M. F. La décision attaquée comporte les circonstances de fait et de droit qui en constituent le fondement et satisfait aux exigences de motivation résultant des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Le moyen tiré du défaut de motivation doit ainsi être écarté.

7. Il résulte des dispositions du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure auxquelles sont soumises les décisions portant obligation de quitter le territoire français et les décisions les assortissant. Dès lors, les dispositions des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ne peuvent être utilement invoquée. Le moyen tiré de la méconnaissance du respect de la procédure contradictoire résultant de ces dispositions doit être écarté comme inopérant doit être écarté. En tout état de cause et si le conseil du requérant a invoqué de manière plus générale à la barre la violation du principe du contradictoire, il résulte des éléments de la procédure versée au dossier notamment de l'ordonnance du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Perpignan du 7 juillet 2023 que lors de son placement en garde-à-vue le 4 juillet 2023 le requérant a été informé de son droit à faire appel à un interprète et que lors de son audition du 5 juillet 2023 il a été entendu sur les faits de vol à l'étalage en y répondant de manière précise et circonstancié démontrant qu'il comprenait parfaitement le français.

8. Il ne ressort pas des termes de la décision attaquée ni des pièces du dossier que le préfet, qui a notamment pris en compte l'ensemble des déclarations de M. F et les documents produits par celui-ci, puis examiné les conditions d'entrée et de séjour en France de M. F, a apprécié ensuite les conséquences d'une mesure d'éloignement à son encontre au regard de son droit au respect de sa vie privée et familiale et a relevé que l'intéressé n'alléguait pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour sans son pays d'origine, aurait entaché sa décision d'un défaut d'examen réel et complet de sa situation quand bien même il est fait grief à l'arrêté de ne pas faire référence à son séjour en Espagne et les démarches entreprises dans ce pays ni les problèmes de santé qu'il a exposés dans le cadre de son audition .

9. Selon l'article L. 621-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation au refus d'entrée à la frontière prévu à l'article L. 332-1, à la décision portant obligation de quitter le territoire français prévue à l'article L. 611-1 et à la mise en œuvre des décisions prises par un autre État prévue à l'article L. 615-1, l'étranger peut être remis, en application des conventions internationales ou du droit de l'Union européenne, aux autorités compétentes d'un autre État, lorsqu'il se trouve dans l'un des cas prévus aux articles L. 621-2 à L. 621-7. / () ". Aux termes de l'article L. 621-2 du même code : " Peut faire l'objet d'une décision de remise aux autorités compétentes d'un État membre de l'Union européenne () l'étranger qui, admis à entrer ou à séjourner sur le territoire de cet État, a pénétré ou séjourné en France sans se conformer aux dispositions des articles L. 311-1, L. 311-2 et L. 411-1, en application des dispositions des conventions internationales conclues à cet effet avec cet État, en vigueur au 13 janvier 2009. " Et selon l'article L. 621-3 du même code : " L'étranger en provenance directe du territoire d'un État partie à la convention signée à Schengen le 19 juin 1990 peut se voir appliquer les dispositions de l'article L. 621-2 lorsqu'il est entré ou a séjourné sur le territoire français sans se conformer aux stipulations des paragraphes 1 et 2 de l'article 19, du paragraphe 1 de l'article 20, et des paragraphes 1 et 2 de l'article 21, de cette convention, relatifs aux conditions de circulation des étrangers sur les territoires des parties contractantes, ou sans souscrire, au moment de l'entrée sur ce territoire, la déclaration obligatoire prévue par l'article 22 de la même convention, alors qu'il était astreint à cette formalité ".

10. Il résulte de ces dispositions que le champ d'application des mesures obligeant un étranger à quitter le territoire français et celui des mesures de remise d'un étranger à un autre Etat ne sont pas exclusifs l'un de l'autre et que le législateur n'a pas donné à l'une de ces procédures un caractère prioritaire par rapport à l'autre. Il s'ensuit que, lorsque l'autorité administrative envisage une mesure d'éloignement à l'encontre d'un étranger dont la situation entre dans le champ d'application de l'article L. 611-1, elle peut légalement soit le remettre aux autorités compétentes de l'Etat membre de l'Union Européenne ou partie à la convention d'application de l'accord de Schengen d'où il provient, soit l'obliger à quitter le territoire français sur le fondement de l'article L. 611-1.

11. Toutefois, si l'étranger demande à être éloigné vers l'Etat membre de l'Union Européenne ou partie à la convention d'application de l'accord de Schengen d'où il provient, ou s'il est résident de longue durée dans un Etat membre ou titulaire d'une " carte bleue européenne " délivrée par un tel Etat, il appartient au préfet d'examiner s'il y a lieu de reconduire en priorité l'étranger vers cet Etat ou de le réadmettre dans cet Etat.

12. Si M. F s'est prévalu de la possession d'un certificat d'enregistrement (empadroniamento) dans la commune de Villanueva del Arzobispo en Espagne, cette circonstance ne fait pas, par elle-même, obstacle à ce que le préfet de l'Aude prenne à son encontre une obligation de quitter le territoire, et est sans influence sur la légalité de cette décision dès lors que c'est seulement dans le cadre de la détermination du pays de destination vers lequel le ressortissant doit être éloigné, que le préfet doit examiner en priorité s'il y a lieu de fixer comme pays de destination celui vers lequel l'intéressé demande à être éloigné. Le moyen tiré de ce que le préfet aurait méconnu les dispositions citées au point 9 doit donc être écarté.

13. Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. () ". Aux termes de l'article R. 425-11 du même code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. Les orientations générales mentionnées au troisième alinéa de l'article L. 425-9 sont fixées par arrêté du ministre chargé de la santé. "

14. M. F soutient qu'il souffre de graves problèmes respiratoires, qu'il fait l'objet d'un suivi par un médecin généraliste de la Croix Rouge depuis 2022 ainsi qu'au centre ophtalmologique de Carcassonne et que son état de santé nécessitait la saisine préalable du collège de médecins de l'OFII. Toutefois, les documents qu'il verse à l'instance constitués de d'un rendez-vous de consultation fixé au 10 août 2023 à 10h au centre ophtalmologique et médical de Carcassonne et deux certificats d'un médecin de la Croix Rouge établis les 29 mars et 14 avril 2022 faisant état de consultations médicales entre février et mai 2022 sont insuffisants pour établir que la nature et la gravité des troubles dont il souffre soient d'une importance telle qu'il eut été nécessaire, au préalable, de recueillir l'avis du médecin de l'office français de l'immigration et de l'intégration avant de prononcer son éloignement et il n'est ni allégué ni soutenu que l'intéressé ne pourrait pas bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine. En tout état de cause, M. F n'atteste ni même n'allègue résider habituellement en France au sens des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français attaquée méconnaitrait les dispositions précitées du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni celles de l'article R. 425-11 de ce code.

15. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". L'article L. 612-3 du même code dispose : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité () ".

16. Il est constant que M. F est entré irrégulièrement en France sans y solliciter la délivrance d'un titre de séjour et n'est pas en possession de documents d'identité ou de voyage valides. Pour ces motifs, le préfet de l'Aude pouvait refuser de lui accorder un délai de départ volontaire. Par ailleurs et dès lors que l'arrêté en litige a pour base légale les 1° et 8° de l'article L. 612-3 précité, la circonstance invoquée qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public est inopérante. Ainsi, le préfet de l'Aude n'a pas fait une inexacte application des dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en prenant une telle décision

17. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".

18. Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux.

19. L'entrée et le séjour en France de M. F sont très récents. Il ne dispose pas d'attaches familiales sur le territoire français et s'y maintient irrégulièrement. Interpellé dans les conditions rappelées au point 1, son comportement est constitutif d'une menace pour l'ordre public. Il a déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement prise par un arrêté du préfet du Vaucluse le 1er mai 2022 assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Dans ces conditions, compte tenu de ces éléments, le préfet de l'Aude n'a pas commis d'erreur d'appréciation en prononçant à son encontre une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français et n'a pas entaché sa décision de disproportion en fixant la durée à deux ans.

20. Il résulte de tout ce qui précède que M. F n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Aude du 5 juillet 2023

21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme quelconque au titre des frais exposés par M. F.

D E C I D E :

Article 1er : M. F est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. F est rejeté.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A F et au préfet de l'Aude.

Copie en sera adressée à Me Jacquinet.

Décision rendue publique par mise à disposition au greffe le 17 août 2023.

Le magistrat désigné,

M. Rousseau

Le greffier,

D. Martinier La République mande et ordonne au préfet de l'Aude en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 17 août 2023

Le greffier,

D. Martinier

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