jeudi 2 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2304230 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP RECHE - GUILLE MEGHABBAR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 juillet 2023, M. A C, représenté par Me Rèche, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du préfet de l'Aude du 30 mai 2023 portant refus de lui délivrer un titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Aude de lui délivrer un titre de séjour " salarié " ou " vie privée et familiale " l'autorisant à travailler sinon de procéder au réexamen de sa demande ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le préfet s'est cru lié par l'avis défavorable de la commission du titre de séjour ;
- l'avis de cette commission est irrégulier au vu du délai de deux mois pour rendre cet avis, de la signature de la seule présidente de la commission, de l'absence d'indication des membres ayant délibéré, du seul examen de sa demande de titre de séjour en qualité de salarié et de sa motivation insuffisante ;
- l'arrêté méconnait l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que sa situation relève d'un motif exceptionnel ;
- la menace à l'ordre public n'est pas établie car la condamnation pénale porte sur des faits anciens et n'a pas donné lieu à détention ;
- l'arrêté méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire, enregistré le 6 octobre 2023, le préfet de l'Aude conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, né le 5 mars 1986, de nationalité serbe, demande l'annulation de la décision du préfet de l'Aude du 30 mai 2023 portant refus de lui délivrer un titre de séjour et obligation de quitter le territoire français.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, si le requérant tend à soutenir que l'avis de la commission de titre de séjour serait irrégulier, il n'apporte pas de précisions suffisantes pour apprécier le bien-fondé de ses allégations. En tout état de cause, aucun délai n'est imparti à peine d'irrégularité pour que la commission statue, l'avis a été régulièrement signé par sa présidente et la mention des membres de cette commission n'avait pas à être portée sur cet avis. Il ressort des termes de l'avis que, bien que visant une demande de titre de séjour " salarié ", la commission a statué sur la vie privée et familiale de l'intéressé. Le moyen ne peut donc être accueilli.
3. En deuxième lieu, il ne ressort, ni des termes des arrêtés attaqués, ni d'aucune autre pièce du dossier, que le préfet se serait cru lié par l'avis défavorable de la commission du titre de séjour du 16 mars 2023. Le moyen sera donc écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. ()".
5. M. C fait principalement valoir qu'il n'a aucun lien avec son pays d'origine, étant né en Allemagne et n'ayant aucun membre de sa famille dans le pays dont il a seulement la nationalité, qu'il réside habituellement en France depuis treize ans et de façon régulière entre le 16 septembre 2013 et le 12 février 2017 suite à son mariage avec une ressortissante française et qu'il est à nouveau en couple avec une ressortissante française. Toutefois, suite à la rupture de la vie commune avec son épouse, M. C a fait l'objet d'un refus de renouvellement de son titre de séjour assortie d'une obligation de quitter le territoire français selon arrêté du préfet de l'Aude du 26 septembre 2017, confirmé par le tribunal de céans par jugement du 12 février 2018, sous le n° 1705313. M. C s'est maintenu en situation irrégulière jusqu'à une nouvelle demande de titre de séjour déposée en préfecture le 31 août 2021. L'intéressé est sans charge de famille, s'est déclaré célibataire lors de sa demande de titre de séjour et n'a noué une relation sentimentale avec une ressortissante française que très récemment ; il ressort des pièces du dossier qu'une sœur vit également en France tandis que ses parents résident en Allemagne et il n'établit pas être dénué de tout lien avec son pays d'origine. Il a été mis en cause en 2011 pour des faits d'importation non autorisée de stupéfiants, d'association de malfaiteurs et de blanchiment, en 2013 et 2017 pour des faits de conduite sous l'emprise de l'alcool, en 2014 pour des faits de travail clandestin, en 2015 pour des faits de recel de biens, en 2017 pour des faits de violences conjugales, en 2020 pour des faits d'arrestation, enlèvement, séquestration ayant donné lieu à une condamnation pénale d'un an de prison ferme. Il s'ensuit que M. C peut être regardé comme constituant une menace à l'ordre public. Dans ces conditions, nonobstant la durée de son séjour et les éléments d'intégration professionnelle produits, M. C n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au sens des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, le moyen doit être écarté.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. " Si M. C fait valoir sa situation présentée au point précédent, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de l'Aude aurait commis d'erreur manifeste d'appréciation en estimant que la situation de l'intéressé ne relevait pas d'un motif humanitaire ou exceptionnel au sens des dispositions de l'article L. 435-1 précité.
7. En dernier lieu, il résulte de ce qui précède que le préfet n'a commis aucune erreur manifeste d'appréciation sur la situation personnelle de M. C en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté attaqué doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de l'Aude.
Délibéré après l'audience du 12 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Jean-Philippe Gayrard, président,
Mme Isabelle Pastor, première conseillère,
M. Hervé Verguet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 novembre 2023.
Le Président-rapporteur,
JP. B
L'assesseure la plus ancienne,
I. Pastor La greffière
I. Laffargue
La République mande et ordonne au préfet de l'Aude en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 2 novembre 2023.
La greffière,
I. Laffargueil
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026