jeudi 3 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2304523 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | KOUAHOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er août 2023 à 11 h 06, M. A B, représenté par Me Kouahou, avocat, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de l'orienter, dans un délai de vingt-quatre heures, vers une structure d'hébergement, susceptible de l'accueillir jour et nuit dans les conditions respectant sa dignité dans la ville de Montpellier (Hérault), à compter de l'ordonnance à intervenir, et ce sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'urgence est caractérisée dès lors qu'il est sans hébergement et doit solliciter, en permanence et en vain, le dispositif de veille du service intégré d'accueil et d'orientation (SIAO) 115 de l'Hérault ;
- la carence des services de l'Etat le place dans une situation incompatible avec la dignité qui doit être assurée à toute personne humaine contre toute forme de dégradation ;
- l'atteinte grave et manifestement illégale au droit à un hébergement d'urgence est caractérisée dans son cas ;
- le refus d'hébergement d'urgence le prive de la possibilité de mener une vie privée et familiale normale.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 août 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles
- la loi du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Thévenet, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 3 août 2023 :
- le rapport de M. Thévenet ;
- et les observations de Me Kouahou, avocat de M. B, qui persiste dans ses moyens et conclusions.
Considérant ce qui suit :
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ". M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle par une décision du 2 août 2023. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'admission de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions en injonction :
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". L'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient de ces dispositions est subordonné à la condition qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention, dans les quarante-huit heures, d'une mesure destinée à la sauvegarde d'une liberté fondamentale.
3. Aux termes de l'article L. 345-2 du code de l'action sociale et des familles : " Dans chaque département est mis en place, sous l'autorité du représentant de l'Etat, un dispositif de veille sociale chargé d'accueillir les personnes sans abri ou en détresse, de procéder à une première évaluation de leur situation médicale, psychique et sociale et de les orienter vers les structures ou services qu'appelle leur état. () ". L'article L. 345-2-2 du même code énonce que : " Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d'hébergement d'urgence. () ". Enfin, aux termes de l'article L. 345-2-3 du même code : " Toute personne accueillie dans une structure d'hébergement d'urgence doit pouvoir y bénéficier d'un accompagnement personnalisé et y demeurer, dès lors qu'elle le souhaite, jusqu'à ce qu'une orientation lui soit proposée. Cette orientation est effectuée vers une structure d'hébergement stable ou de soins, ou vers un logement, adaptés à sa situation. ".
4. Si les dispositions des articles L. 345-2 et suivants du code de l'action sociale et des familles confient aux autorités de l'Etat la mise en œuvre du droit à l'hébergement d'urgence reconnu à toute personne sans abri qui se trouve en situation de détresse médicale, psychique et sociale, le caractère grave et manifestement illégal de l'atteinte portée à ces droits s'apprécie en tenant compte des moyens dont dispose l'autorité administrative compétente et de la situation du demandeur, notamment, de son âge, de son état de santé ou de sa situation de famille. Le juge des référés apprécie si ces conditions sont remplies, à la date à laquelle il se prononce.
5. Il résulte de l'instruction, et n'est pas contesté par le préfet de l'Hérault, que M. B dont l'état de santé requiert un suivi régulier, vit dans une situation de détresse sociale qui a fait l'objet de signalements et a donné lieu à de vains appels au 115. L'état de détresse et de grande vulnérabilité de M. B n'est pas contesté par le préfet de l'Hérault qui ne justifie pas avoir mis en œuvre les moyens dont il dispose pour assurer l'hébergement d'urgence des personnes sans abri. Ainsi, en l'état de l'instruction, la carence de l'Etat doit être regardée comme portant une atteinte grave et manifestement illégale au droit à l'hébergement d'urgence de M. B. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet de l'Hérault d'orienter M. B vers un hébergement susceptible de l'accueillir et proche des services de soins que justifie son état de santé, dans un délai de trois jours ouvrés à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de cent euros par jour de retard.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et sous réserve que Me Kouahou, avocat de M. B, renonce à percevoir la part contributive de l'État versée au titre de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État, sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, le versement à Me Kouahou d'une somme de 1 200 euros.
O R D O N N E
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Hérault d'orienter M. B vers un hébergement susceptible de l'accueillir et proche des services de soins que justifie son état de santé, dans un délai de trois jours ouvrés à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : En cas d'inexécution de l'injonction prévue à l'article 1er ci-dessus, une astreinte de 100 euros par jour de retard sera mise à la charge de l'Etat.
Article 4 : Sous réserve que Me Kouahou renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Kouahou, avocat de M. B, une somme de 1 200 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au préfet de l'Hérault et à Me Kouahou.
Fait à Montpellier, le 3 août 2023.
Le juge des référés,
F. Thévenet
La greffière,
C. Touzet
La République mande au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 3 août 2023.
La greffière,
C. Touzet
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026