jeudi 9 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2304636 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SERGENT CHLOE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 4 août et 15 septembre 2023, complétés par des pièces enregistrées le 21 septembre et le 10 octobre 2023, M. B A, représenté par Me Sergent, demande au tribunal :
1°)d'annuler l'arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales du 2 août 2023 portant obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire à destination du Maroc, interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de dix-huit mois et assignation à résidence pour six mois ;
2°)à titre principal de donner injonction au préfet des Pyrénées-Orientales sous astreinte de 200 euros par jour de retard passé le délai de deux mois à compter du jugement à intervenir, de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " et sous astreinte de 200 euros par jour de retard passé la notification du jugement à intervenir, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de travail, pendant le temps de fabrication de son titre de séjour ;
3°) à titre subsidiaire de donner injonction au préfet des Pyrénées-Orientales sous astreinte de 200 euros par jour de retard passé la notification du jugement à intervenir, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de travail, jusqu'à notification d'une décision écrite et motivée ;
4°) en tout état de cause de condamner l'Etat à payer à son conseil la somme de 1 800 euros au titre des articles 34 et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- les décisions sont entachées d'un vice d'incompétence de leur auteur ;
- elles sont entachées d'un vice de procédure contradictoire en violation des articles L. 121-1 et suivants du code des relations entre le public et l'administration ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen complet de sa situation personnelle ;
- les décisions ont été prises en méconnaissance des articles L. 423-23 et L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et portent atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- en refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, le préfet a méconnu les dispositions des articles L. 612-2 (1° et 3°) et L. 612-3 (2° 4° 5° et 8°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision portant interdiction de retour pour une durée de dix-huit mois a été prise en violation de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est fondée sur des décisions d'obligation de quitter le territoire français et de refus de départ volontaire elles-mêmes illégales ;
- la décision d'assignation à résidence pendant six mois est illégale par voie de conséquence de l'illégalité des décisions d'obligation de quitter le territoire français, de refus de départ volontaire et d'interdiction de retour sur le territoire français ;
- elle porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale compte tenu des contraintes qu'elle lui impose.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 21 août et le 18 septembre 2023, le préfet des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par une décision du 7 septembre 2023, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Couégnat, rapporteure.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant marocain, né le 8 janvier 1992, est entré en France le 8 mai 2015 sous couvert d'un passeport pourvu d'un visa Schengen D " travailleur saisonnier ". Il a obtenu un premier titre de séjour " travailleur saisonnier ", délivré pour la période du 28 mai 2015 au 27 août 2018. Par un arrêté du 2 avril 2019, le préfet des Pyrénées-Orientales a rejeté sa demande de titre de séjour " salarié " et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois. M. A a alors sollicité, le 13 mai 2019, un titre de séjour en qualité d'étranger malade. Au vu de l'avis favorable émis sur cette demande par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, le préfet des Pyrénées-Orientales a délivré à l'intéressé une autorisation provisoire de séjour pour la période du 4 juin 2019 au 3 décembre 2019. Par un arrêté du 6 novembre 2020 le préfet des Pyrénées-Orientales a refusé de lui délivrer un titre de séjour " étranger malade " ou de renouveler son autorisation provisoire de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par un jugement rendu le 2 février 2021, confirmé par la Cour administrative d'appel de Marseille le 26 avril 2021, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté la requête formée par M. A contre cet arrêté. Par un arrêté du 2 août 2023 le préfet des Pyrénées-Orientales a pris à l'encontre de M. A une obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire à destination du Maroc, avec interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de dix-huit mois et assignation à résidence pour six mois. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Par un arrêté n° PREF/SCPPAT/2023104-0001 du 14 avril 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du 20 avril 2023 et produit à l'appui de son mémoire en défense, le préfet des Pyrénées-Orientales a accordé à M. D C, directeur de la citoyenneté et de la migration, une délégation à l'effet de signer les décisions relatives au séjour et à l'éloignement des étrangers. Cette délégation de signature habilitait donc M. C à signer l'arrêté contesté. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté doit être écarté.
3. Il ressort des dispositions du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment de son article L. 614-5, que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution des décisions par lesquelles l'autorité administrative signifie à l'étranger l'obligation de quitter le territoire français. Dès lors, l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, ne saurait être utilement invoqué à l'encontre de la décision contestée. En outre, il ressort des pièces du dossier que préalablement à l'édiction de l'arrêté contesté, M. A a été entendu par les services de police, sur l'ensemble de sa situation administrative et personnelle, et qu'il a notamment été invité à présenter ses observations sur l'éventualité de la prise d'une mesure d'éloignement. Le requérant, qui se borne à invoquer la méconnaissance du principe du contradictoire, ne fait valoir, dans la présente instance, aucun élément tenant à sa situation personnelle qui, s'il avait été communiqué en temps utile à l'administration, aurait été de nature à faire obstacle à la mesure d'éloignement prise à son encontre. Dans ces conditions, et en tout état de cause, le moyen ne peut qu'être écarté.
4. Il ne ressort ni des termes de l'arrêté, ni des pièces du dossier, que le préfet n'aurait pas procédé à un examen complet de la situation du requérant avant de prendre les décisions contestées. Le moyen tiré de l'erreur de droit qui aurait ainsi été commise doit donc être écarté.
5. Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ". Aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
6. M. A fait valoir qu'il vit en France depuis plus de huit ans, qu'il y a établi le centre de ses intérêts privés et familiaux et qu'il y bénéficie d'un suivi médical et médico-social adapté, dont il ne pourrait bénéficier au Maroc. Toutefois, M. A, qui n'a bénéficié entre mai 2015 et août 2018 que de titres de séjour portant la mention " travailleur saisonnier " ne lui permettant pas de séjourner toute l'année sur le territoire, puis d'une autorisation provisoire de séjour " étranger malade " de juin à décembre 2019 et qui a fait l'objet de deux décisions de refus de titre de séjour le 4 avril 2019 et le 6 novembre 2020, n'apporte pas suffisamment d'éléments pour établir la réalité et la continuité de son séjour, notamment pour les premières années évoquées. En outre, il ressort des pièces du dossier que M. A est célibataire et sans charge de famille et que si trois de ses sœurs résident en France, il n'est pas isolé au Maroc où résident ses parents et deux frères. Par ailleurs, s'il soutient qu'il ne pourrait bénéficier au Maroc de la prise en charge nécessitée par son état de santé, il n'apporte pas d'éléments de nature à l'établir. Dans ces conditions, et alors qu'il ne démontre pas l'intégration sociale et professionnelle alléguée, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A aurait établi en France le centre de ses intérêts privés et familiaux. Le préfet n'a dès lors pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus d'admission au séjour et des buts poursuivis par la mesure d'éloignement. Par suite, les moyens tirés de la violation de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui n'est opérant qu'à l'encontre du refus de séjour, et des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.
7. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. "
8. Il ressort des pièces du dossier que M. A a explicitement déclaré son intention de ne pas de conformer à son obligation de quitter le territoire français, qu'il s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement. En admettant même qu'il puisse être regardé, au vu des pièces produites à l'instance, comme justifiant de garanties de représentation, le préfet a pu légalement et pour ces seuls motifs refuser de lui accorder un délai de départ volontaire, même s'il ne représente pas une menace à l'ordre public. Le moyen tiré de la violation des dispositions citées au point 7 doit donc être écarté.
9. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-7 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".
10. Il résulte de ce qui a été dit des points 2 à 8, que les moyens, invoqués à l'encontre de l'interdiction de retour sur le territoire français, tirés, par la voie de l'exception, de l'illégalité des décisions obligeant M. A à quitter le territoire français et refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, doivent être écartés.
11. Ainsi qu'il l'a été dit au point 6, M. A n'apporte pas d'éléments suffisants pour établir la durée de son séjour, la réalité de son intégration sociale et professionnelle, ainsi que le transfert du centre de sa vie privée et familiale sur le territoire français. L'actualité de la perspective d'embauche dont il se prévaut, datée du 8 février 2022 et qui était conditionnée à la régularité de son séjour, n'est pas établie. Dans ces conditions, et alors qu'il a déjà fait l'objet de plusieurs mesures d'éloignement, le préfet n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation ni méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en lui faisant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois.
12. Il ressort des termes de l'arrêté contesté que pour assigner à résidence M. A pour une durée de six mois, le préfet des Pyrénées-Orientales s'est fondé en application de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur la circonstance qu'il fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français pour laquelle le délai de départ volontaire n'a pas été accordé. Dans ces conditions, M. A ne peut utilement se prévaloir de l'illégalité de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français à l'appui de ses conclusions tenant à l'annulation de la mesure d'assignation à résidence. Par ailleurs, il résulte de ce qui a été dit des points 2 à 8 que les moyens invoqués par la voie de l'exception tirés de l'illégalité des décisions obligeant M. A à quitter le territoire français et refusant de lui accorder un délai de départ volontaire doivent être écartés.
13. Aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Bien qu'il soit astreint à se présenter une fois par semaine à Perpignan, soit à une trentaine de minutes en train de son domicile, et à ne pas quitter le département pendant six mois, il n'est pas établi que cette mesure, justifiée notamment par l'absence d'exécution de plusieurs mesures d'éloignement déjà prises à son encontre, porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, compte tenu de ce qui a été dit au point 6 et du but poursuivi par la mesure. Les moyens tirés de l'erreur d'appréciation et de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent donc être écartés.
14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales du 2 août 2023 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
15. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction présentées par le requérant doivent donc être également rejetées.
Sur les frais liés au litige :
16. Les dispositions des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que le requérant demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet des Pyrénées-Orientales et à Me Sergent.
Délibéré après l'audience du 19 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Fabienne Corneloup, présidente,
Mme Michelle Couégnat, première conseillère,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 novembre 2023.
La rapporteure
M. Couégnat La présidente,
F. Corneloup
La greffière,
A. Junon
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 9 novembre 2023
La greffière,
A. Junon
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026