mercredi 27 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2304644 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | PROCEDURES 96 H H / 48 H |
| Avocat requérant | FORUM REFUGIES - CENTRE DE RETENTION ADMINISTRATIVE DE SETE |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête n° 234653 et des mémoires enregistrés les 7 août, 11 et 25 septembre 2023, M. C B E, représenté par Me Renversez, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre au préfet de produire la demande de titre de séjour qu'il a déposée ;
3°) d'annuler l'arrêté du 5 août 2023 par lequel le préfet de l'Hérault lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire pendant une durée d'un an ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault, dans le cas d'une annulation pour vice de forme, de procéder à un réexamen de sa situation sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter du mois suivant la notification du jugement à intervenir, et en cas de vice de fond, de lui délivrer un titre de séjour dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
4°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault d'effacer son inscription sur le système Schengen et tout autre fichier interne mentionnant avoir été en situation irrégulière.
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur les moyens communs :
- l'arrêté a été pris par une autorité incompétente, en ce qu'il n'est pas justifié d'une délégation de compétence de M. D, sous-préfet, pour signer les actes relevant de la compétence de l'arrondissement de Montpellier ;
- l'arrêté est insuffisamment motivé, au sens des dispositions des articles L.211-1 et L.211-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Sur l'obligation de quitter le territoire :
-est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
- méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- est fondée sur une mesure d'éloignement elle-même entachée d'illégalité ;
- méconnait les dispositions de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L.721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur la décision de refus d'accorder un délai de départ :
- est fondée sur une mesure d'éloignement elle-même entachée d'illégalité ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, au regard des dispositions de l'article L.612-2 et L.612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en ce qu'il répond à tous les critères permettant un délai de départ ;
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :
-La durée d'un an est disproportionnée et contraire aux dispositions de l'article L.513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par des mémoires en défense enregistrés les 1er et 27 septembre 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B E ne sont pas fondés.
II. Par une requête n° 234644 et des mémoires enregistrés les 7 août, 11 et 25 septembre 2023, M. C B E, représenté par Me Renversez, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre au préfet de produire la demande de titre de séjour qu'il a déposée ;
3°) d'annuler l'arrêté du 5 août 2023 par lequel le préfet de l'Hérault lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire pendant une durée d'un an ;
4°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault, dans le cas d'une annulation pour vice de forme, de procéder à un réexamen de sa situation sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter du mois suivant la notification du jugement à intervenir, et en cas de vice de fond, de lui délivrer un titre de séjour dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
5°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault d'effacer son inscription sur le système Schengen et tout autre fichier interne mentionnant avoir été en situation irrégulière.
6°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur les moyens communs :
- l'arrêté a été pris par une autorité incompétente, en ce qu'il n'est pas justifié d'une délégation de compétence de M. D, sous-préfet, pour signer les actes relevant de la compétence de l'arrondissement de Montpellier ;
- l'arrêté est insuffisamment motivé, au sens des dispositions des articles L.211-1 et L.211-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Sur l'obligation de quitter le territoire :
-est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
- méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- est fondée sur une mesure d'éloignement elle-même entachée d'illégalité ;
- méconnait les dispositions de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L.721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur la décision de refus d'accorder un délai de départ :
- est fondée sur une mesure d'éloignement elle-même entachée d'illégalité ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, au regard des dispositions de l'article L.612-2 et L.612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en ce qu'il répond à tous les critères permettant un délai de départ ;
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :
-La durée d'un an est disproportionnée et contraire aux dispositions de l'article L.513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré les 1er septembre 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B E ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a désigné Mme Pater, Première Conseillère, dans les fonctions de magistrate chargée des mesures d'éloignement.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pater, rapporteure ;
- et les observations de Me Renversez, représentant le requérant, M. B E ajoutant qu'il veut rester en France et bénéficie d'une promesse d'embauche.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B E, de nationalité algérienne, né le 1er mars 2004, entré le 24 octobre 2017 sur le territoire national avec sa mère, muni d'un visa touristique, a fait l'objet d'un arrêté n° 23-340.505 bis du 5 août 2023 par lequel le préfet de l'Hérault lui fait obligation de quitter le territoire sans délai de départ volontaire, fixe le pays de destination et lui fait interdiction de retour sur le territoire d'une durée d'un an. Par deux requêtes n° 234644 et n°234653, introduites le 7 août 2023, M. B E sollicite l'annulation dudit arrêté. Placé en rétention administrative le 17 septembre 2023, après une garde à vue pour des faits de vol, les deux requêtes sont désormais jugées selon la procédure prévue à l'article R 776-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. L'audience initialement fixée au 21 septembre 2023 a été renvoyée à la demande du requérant dans un souci de respect du contradictoire.
Sur la jonction des requêtes :
2. Les requêtes susvisées concernent la même situation de M. B E et présentent à juger des questions semblables. Elles ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement.
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
4. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. B E au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
Sur les moyens communs :
5. Par un arrêté du 16 juin 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture accessible au public sur le site de la préfecture, le préfet de l'Hérault a donné délégation à M. A D, sous-préfet de l'arrondissement de Béziers et signataire de l'arrêté attaqué, pour signer les " mesures d'éloignement concernant les étrangers en situation irrégulière " pour l'ensemble du département dans le cadre des permanences de week-end et jours fériés. Le moyen tiré du vice d'incompétence dont serait entaché l'arrêté attaqué pris le samedi 5 août 2023 manque donc en fait et doit donc être écarté.
6. En second et dernier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui :1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ". Aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée.
7. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué, que pour obliger M. B à quitter le territoire national, le préfet vise notamment les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en particulier le 2° de l'article L.611-1 permettant au préfet d'obligation de quitter le territoire un étranger entré régulièrement sur le territoire national dont le visa est expiré et non titulaire d'un titre de séjour, et expose les éléments de faits concernant le requérant se rapportant à cette situation. De même, l'arrêté vise en particulier les dispositions de l'article L.612-2 et L.612-3 du même code permettant au préfet de ne pas accorder un délai de départ volontaire et expose les éléments de fait concernant le requérant comme correspondant au 2°,4° et 8° de l'article L.612-3. De même, la décision fixant le pays de destination mentionne les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Enfin, l'arrêté vise les dispositions de l'article L.612-6 du même code imposant au préfet, sauf circonstances humanitaires, lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé, de prononcer une interdiction de retour sur le territoire. La durée d'un an a été fixée compte tenu des éléments de faits prévus par l'article L.612-10 également visé, que sont la durée de présence de l'étranger sur le territoire national, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public, en exposant les faits concernant le requérant se rapportant à ces éléments. Dans ces conditions, alors que le préfet n'avait pas à reprendre de manière exhaustive tous les éléments dont il pourrait se prévaloir et la motivation s'appréciant indépendamment du bien-fondé des motifs retenus, l'arrêté attaqué répond aux exigences de motivation rappelées par les dispositions précitées. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen complet doivent être écartés.
Sur l'obligation de quitter le territoire :
8. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". en vertu de l' article L. 423-23 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. /Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine ".
9. Le seul dépôt d'une demande de titre de séjour ne saurait faire obstacle à ce que l'autorité administrative décide de l'éloignement d'un étranger qui se trouve dans les cas mentionnés à l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ne saurait davantage y faire obstacle la circonstance qu'un récépissé ou une autorisation provisoire de séjour a été délivré à l'intéressé pendant la durée d'instruction de cette demande de titre de séjour ni, a fortiori, l'obtention d'un rendez en préfecture aux fins d'y déposer une demande de titre de séjour. Il ne saurait en aller autrement que lorsque la loi prescrit l'attribution de plein droit d'un titre de séjour à l'intéressé, cette circonstance faisant alors obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure d'éloignement.
10. Il ressort des pièces du dossier, que M. B E, arrivé sur le territoire national postérieurement à l'âge de 13 ans, ne répond pas aux conditions de l'article L.611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile faisant obstacle à l'éloignement des personnes arrivées à l'âge de 13 ans au plus. Il a été hébergé dans la famille de son oncle, dans le cadre d'une kafala depuis le 24 juillet 2018. La demande d'admission au séjour au titre du regroupement familial faite à son profit en janvier 2019 a été rejetée par une décision du 8 avril 2019, pour ne pas remplir les conditions légales. M. B E a été scolarisé dès son arrivée sur le territoire national au collège puis au lycée, a obtenu un certificat d'aptitude professionnel d'électricien en juillet 2021. Devenu majeur, il a sollicité le 4 avril 2022 un titre de séjour " vie privée et familiale " indiquant être étudiant, selon la pièce produite par le préfet. Si l'intéressé soutient ne pas avoir obtenu le document daté du même jour attestant du dépôt de cette demande, de l'acquittement d'un droit de timbre et ne pas avoir ainsi été informé des dispositions de l'article R.432-1 et 2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile selon lesquelles l'absence de réponse écrite dans un délai de quatre mois sur sa demande de titre de séjour vaut rejet et des voies et délai de recours, ce défaut d'information ne saurait en tout état de cause n'avoir d'incidence que sur les délais de recours et n'est pas de nature à entacher d'illégalité la décision implicite de rejet née de l'absence de réponse du préfet à sa demande de titre. Suite à sa demande de titre de séjour, M. B a bénéficié d'une autorisation provisoire de séjour durant la période du 11 avril au 31 juillet 2022 lui permettant de poursuivait son année d'étude en seconde maconnerie. Dans ces circonstances, à la date du 4 août 2023, M. B était en situation irrégulière depuis le 1er août 2022 sans avoir cherché à régulariser sa situation ni contesté la décision de rejet de son titre de séjour. Célibataire, s'il justifie avoir de la famille sur le territoire national en la personne de son frère, de son oncle et de la famille de son oncle, il a également deux sœurs et ses parents en Algérie. S'il se prévaut de ce que ceux-ci ne peuvent venir à son soutien et que les liens sont distendus, il n'en justifie pas, alors qu'il a vécu la majeure partie de sa vie en Algérie et qu'il est désormais majeur. M. B E a été interpellé le 4 août 2023 à Sète en possession de cannabis et de cocaïne. Dans l'ensemble de ces circonstances, nonobstant le fait qu'il n'ait pas été pénalement poursuivi pour ces délits et qu'il produise une promesse d'embauche, le préfet n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels a été prise la décision attaquée et n'a, dès lors, pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni fait une inexacte application des conditions d'application des dispositions de l'article L.423-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour les mêmes motifs, le préfet de l'Hérault n'a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation, en particulier comme souligné par le requérant, de son arrivée peu après ses 13 ans, de sa scolarité dans le cadre d'une kafala, des deux demandes de régularisation, de son intégration scolaire et du caractère vierge de son casier judiciaire.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions en annulation de l'obligation de quitter le territoire doivent être rejetées.
Sur la décision de refus de délai de départ volontaire :
12. En premier lieu, il résulte de ce qui a été exposé au point 11, que le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, n'est pas fondé et doit être écarté.
13. En second et dernier lieu, en application des dispositions de l'article L.612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire s'il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. En application du 4° de l'article L.612-3, le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans le cas de l'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français.
14. Il ressort des pièces du dossier, en particulier du procès-verbal de police produit par le préfet, que M. B E a expressément déclaré, lors de sa garde à vue le 4 août 2023, son intention de ne pas se conformer à une mesure d'éloignement de la préfecture de l'Hérault. De même, il ne justifie pas de documents d'identité ou de voyage en cours de validité, la validité de son passeport délivré en 2017 étant expirée depuis mars 2022 et répond ainsi aux dispositions du 8° de l'article L.612-3. Dans ces circonstances, il existe un risque que M. B E se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français. Par suite, en refusant d'accorder un délai de départ volontaire, le préfet de l'Hérault n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
15. Il résulte de ce qui précède que les conclusions en annulation de la décision portant refus d'accorder un délai de départ volontaire doivent être rejetées.
Sur la décision fixant le pays de destination :
16. il résulte de ce qui a été exposé au point 11, que le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, n'est pas fondé et doit être écarté.
17. Si M. B soutient être menacé, que le renvoi dans son pays d'origine porterait une atteinte disproportionnée à sa vie privée, il n'établit pas que sa vie ou sa liberté serait menacées en Algérie et qu'il y serait exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L.721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
18. Il résulte de ce qui précède que les conclusions en annulation de la décision fixant le pays de destination doivent être rejetées.
Sur l'interdiction de retour sur le territoire :
19. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Selon l'article L. 612-10 du même code, pour fixer la durée de l'interdiction de retour, " l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
20. Le requérant, célibataire et majeur depuis avril 2022, ayant des attaches personnelles ou familiale en Algérie ou il passé la majeure partie de sa vie, ne justifie d'aucune circonstance humanitaire justifiant que le préfet renonce à prononcer à son encontre une interdiction de retour sur le territoire.
21. Nonobstant le fait qu'il n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et réside sur le territoire national depuis 6 ans, la menace pour l'ordre public représentée par la détention le 4 août 2023 de cannabis et de cocaïne qu'il a reconnue dans le cadre de la garde à vue, l'ensemble des circonstances propres à sa situation personnelle rappelée au point 10, est de nature à justifier légalement la durée la décision d'une an de l'interdiction de retour sur le territoire français, qui n'est en conséquence pas disproportionnée.
22. Il résulte de ce qui précède que les conclusions en annulation de la décision faisant interdiction de retour sur le territoire durant un an doivent être rejetées
23. Il résulte de ce qui tout ce qui précède, que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence les conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991
D E C I D E :
Article 1er : M. B E est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : le surplus des conclusions des requêtes 2304644 et 2304653 est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B E, au préfet de l'Hérault et à Me Renversez.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.
La magistrate désignée,
B. Pater
Le greffier,
D. Martinier
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 28 septembre 2023
Le greffier,
D. Martinier et 2304653
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026