mardi 14 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2304711 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | AVALLONE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 août 2023, M. E A C, représenté par Me Avallone, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 juillet 2023 par lequel le préfet de l'Hérault a rejeté sa demande de certificat de résidence, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux années ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault, dans un délai de quinze jours et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de lui délivrer un certificat de résidence algérien portant la mention " vie privée et familiale ", subsidiairement de réinstruire sa demande de titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté en litige a été édicté par une autorité incompétente en l'absence de délégation de signature ;
- il est entaché d'un vice de procédure en l'absence de saisine préalable de la commission du titre de séjour ;
- il est entaché d'une erreur de droit au regard des stipulations de l'article 6-1 de l'accord franco-algérien et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- l'obligation de quitter le territoire français et l'interdiction d'y retourner pendant une durée de deux ans sont illégales par voie d'exception d'illégalité du refus de certificat de résidence.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 septembre 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par M. A C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rousseau, premier conseiller,
- et les observations de Me Avallone, représentant M. A C.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant algérien né en 1966, a sollicité la délivrance d'un certificat de résidence au titre de sa vie privé et familiale le 20 juin 2023. Par arrêté du 13 juillet 2023, le préfet de l'Hérault a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux années. Par la présente requête, M. A C demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Par un arrêté n° 2023-05-DCRL-0173 du 3 mai 2023 publié le 4 mai 2023 au recueil spécial n° 62 des actes administratifs de la préfecture de l'Hérault, librement accessible au juge et aux parties, le préfet de l'Hérault a donné délégation à M. D B, sous-préfet, chargé des fonctions de secrétaire général adjoint de la préfecture de l'Hérault à l'effet de signer, tous les actes administratifs et correspondances relatifs au séjour et à la police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté comme manquant en fait.
3. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / 1) au ressortissant algérien, qui justifie par tout moyen résider en France depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant () ".
4. M. A C soutient résider en France depuis 2006 et être en mesure de bénéficier de plein droit d'un certificat de résidence sur le fondement des stipulations précitées en produisant pour chacune des années depuis 2013 et même antérieurement, de nombreuses pièces probantes et diversifiées, au nombre de 194. Si ces pièces ne sont pas de nature à remettre en cause la continuité de sa résidence habituelle en France, il ressort cependant des pièces du dossier, qu'il s'est vu opposer, à trois reprises, les 3 mars 2015, 23 mai 2019 et 30 avril 2021, des arrêtés de refus de séjour assortis d'une obligation de quitter le territoire et d'une interdiction de retour de deux ans. Or les périodes durant lesquelles M. A C était sous le coup d'une interdiction de retour sur le territoire français ne sauraient être prises en compte dans le calcul de sa durée de résidence pour l'octroi d'un titre de séjour de plein droit, qui en vertu des stipulations précitées doit être supérieure à dix ans. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
5. Ne remplissant pas la condition énoncée au 1° de l'article 6 de l'accord franco-algérien précité pour se voir délivrer le certificat de résidence sollicité dès lors qu'il ne justifie pas d'une résidence en France depuis plus de dix ans, M. A C n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté en litige a été pris au terme d'une procédure irrégulière tirée de l'absence de consultation préalable de la commission du titre de séjour.
6. Aucun des moyens soulevés à l'encontre de la décision portant refus d'octroi d'un certificat de résidence n'est fondé. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision, soulevé à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français et de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans, doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. E A C, au préfet de l'Hérault et à Me Avallone.
Délibéré après l'audience du 24 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Besle, président,
Mme Teuly-Desportes, première conseillère,
M. Rousseau, premier conseiller.
Décision rendue publique par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2023.
Le rapporteur,
M. Rousseau
Le président,
D. Besle
La greffière,
C. Arce
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 14 novembre 2023
La greffière,
C. Arce
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026