lundi 20 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2304936 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | RUFFEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 août 2023, Mme A B, représentée par Me Ruffel, demande au tribunal :
1) d'annuler l'arrêté du préfet de l'Hérault du 24 mai 2023 portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;
2) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir ;
3) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de réexaminer la demande de titre de séjour de Mme B dans un délai de deux mois et ce sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à Me Ruffel au titre des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 en contrepartie d'une renonciation à la perception de la contribution de l'Etat.
Elle soutient que :
- les décisions sont entachées d'incompétence de leur auteur à défaut de justifier d'une délégation de signature régulière ;
- les décisions attaquées méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- les décisions attaquées méconnaissent l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- les décisions attaquées sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- les décisions attaquées méconnaissent l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 septembre 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante sont infondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 28 juillet 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rabaté ;
- et les observations de Me Barbaroux, pour Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante marocaine née le 7 juin 1981, est entrée en France le 18 septembre 2015 et s'est maintenue irrégulièrement depuis lors sur le territoire national. Le 14 mars 2020 elle s'est mariée avec un compatriote titulaire d'une carte de résident, le couple ayant deux enfants nés les 31 mai 2019 et 6 août 2021. Les 17 novembre 2020 et 2 mars 2022 Mme B a fait l'objet d'arrêtés portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire qu'elle n'a pas exécutés. Le 9 mai 2023 Mme B a sollicité un titre de séjour au regard de sa vie privée et familiale. Par un arrêté attaqué du 24 mai 2023 le préfet de l'Hérault a refusé de l'admettre au séjour et a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français en fixant le délai de départ et le pays de renvoi.
2. En premier lieu, l'arrêté contesté a été signé pour le préfet de l'Hérault et par délégation par M. Frédéric Poisot, secrétaire général de la préfecture, qui a reçu délégation par arrêté du 14 septembre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial n°10 du même jour, à l'effet de signer, notamment, tous les actes administratifs relatifs au séjour et à la police des étrangers. Cette délégation n'étant pas trop générale, le moyen tiré du vice d'incompétence doit être écarté.
3. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
4. Mme B se prévaut de son mariage le 14 mars 2020 avec un compatriote titulaire d'un titre de séjour valable jusqu'en 2031, de ce qu'elle est mère de deux enfants nés en France les 31 mai 2019 et 6 août 2021, de la scolarisation en France de sa fille aînée, et de sa présence sur le territoire français avec son mari et ses deux enfants depuis huit ans. Toutefois, l'intéressée n'a engagé de démarche pour régulariser sa situation que le 17 novembre 2022, date où elle a présenté sa première demande d'admission au séjour, et elle s'est maintenue sur le territoire national malgré les mesures d'éloignement prises à son encontre les 27 novembre 2020 et 2 mars 2022. Elle ne justifie d'aucune intégration socio-professionnelle particulière. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que la requérante serait dans l'impossibilité de se rendre dans son pays d'origine, qu'elle a quitté à l'âge de 34 ans et où réside son frère, le temps pour son époux de mettre en œuvre la procédure de regroupement familial à son profit. Au vu de ces éléments le préfet de l'Hérault a pu refuser d'admettre la requérante au séjour au titre de sa vie privée et familiale sans portée une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale par rapport aux buts en vue desquels il a pris cette décision. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
5. Pour les mêmes motifs, le préfet de l'Hérault n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
6. Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
7. L'arrêté du préfet de l'Hérault portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français n'a pour objet et effet de séparer Mme B de ses deux enfants que de manière temporaire. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'intérêt supérieur des enfants aurait été méconnu.
8. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ".
9. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier que la situation en France de Mme B, telle que rappelée aux points précédents, justifierait de son admission exceptionnelle au séjour au sens de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué aurait méconnu cet article doit donc être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte, et celles tendant à l'application des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
DECIDE :
Article 1 : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au préfet de l'Hérault et à Me Ruffel.
Délibéré à l'issue de l'audience du 6 novembre 2023 à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
Mme Pater, première conseillère,
Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 novembre 2023.
Le rapporteur,
V. RabatéL'assesseure la plus ancienne,
B. Pater
Le greffier,
S. Sangaré
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 21 novembre 2023.
Le greffier,
S. Sangaréfb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026