jeudi 23 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2305049 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CYRIELLE BONOMO FAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er septembre 2023, et des pièces complémentaires, enregistrées les 21 septembre, 9 octobre et 11 octobre 2023, M. C B A, représenté par Me Bonomo-Fay, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 31 juillet 2023 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à intervenir ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande de titre de séjour dans un délai de deux mois sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à Me Bonomo-Fay en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991, ce règlement emportant renonciation à l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle ; en l'absence d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur le refus de titre de séjour :
- la décision est entachée d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le préfet aurait dû faire usage de son pouvoir de régularisation au regard de l'admission exceptionnelle au séjour ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision l'obligeant à quitter le territoire a été prise en méconnaissance de l'article 12 de la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008 ;
- en s'estimant en compétence liée, le préfet a commis une erreur de droit.
Par un mémoire, enregistré le 11 octobre 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
M. B A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 3 octobre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil, du 16 décembre 2008, notamment son article 12 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Corneloup, vice-présidente.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant péruvien né le 30 avril 2004, est entré en France le 17 novembre 2022. Le 26 avril 2023, il sollicite un titre de séjour en qualité d'enfant de français. Par un arrêté du 31 juillet 2023, le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer le titre sollicité et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours. M. B A demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur le refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, la décision en litige vise, outre la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le code des relations entre le public et l'administration, les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il a été fait application. Le préfet a, par ailleurs, fait état des éléments de faits relatifs à la situation personnelle de M. B A fondant sa décision, notamment au regard de l'absence de visa de long séjour, de ses liens distants avec son père et de l'absence de justificatif de la reprise d'études alléguée. Ces mentions, précises et non stéréotypées, révèlent, en outre, que contrairement à ce que soutient le requérant, le préfet a procédé, en l'état des informations dont il disposait à cette date, à un examen particulier de sa situation avant de prendre sa décision. Le moyen tiré de l'insuffisance de la motivation de la décision, qui répond aux exigences de motivation fixées par les articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, doit également être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ". Pour l'application des stipulations précitées, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
4. M. B A, arrivé en France, selon ses déclarations, en novembre 2022, se prévaut de la présence sur le territoire de son père français qui l'héberge. Toutefois, il ressort de sa demande de titre de séjour qu'il est resté sans nouvelles de ce dernier pendant près de trois ans après son départ du Pérou et qu'il a repris contact avec lui seulement il y a quelques mois. Par ailleurs, il est arrivé très récemment en France, il est célibataire sans charge de famille et ne démontre pas être dépourvu d'attaches familiales au Pérou où réside sa mère. S'il fait valoir son insertion sociale et professionnelle et produit une promesse d'embauche en date du 20 août 2023, une attestation de la mission d'insertion locale du Bitterois, une attestation de la colonie espagnole de Béziers et une attestation du Secours Populaire établissant son suivi de cours de français, ces documents ne sont pas suffisants à démontrer l'ancienneté et l'intensité de la vie sociale et professionnelle alléguée. Dans ces conditions, le préfet n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus de séjour. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit donc être écarté, ainsi que, celui tiré de l'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision sur sa situation personnelle.
5. En troisième lieu, eu égard aux éléments exposés au point précédent s'agissant de la situation personnelle et familiale de M. B A, le préfet de l'Hérault n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation dans l'exercice de son pouvoir de régularisation en refusant de lui délivrer, à titre exceptionnel, un titre de séjour.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
6. Aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour () ". Aux termes de l'article 12 de la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008 : " 1. Les décisions de retour () ainsi que les décisions d'éloignement sont rendues par écrit, indiquent leurs motifs de fait et de droit () ".
7. Lorsqu'une obligation de quitter le territoire français assortit un refus de séjour, la motivation de cette mesure se confond avec celle du refus de titre de séjour dont elle découle nécessairement et n'implique pas, par conséquent, dès lors que ce refus est lui-même motivé, de mention spécifique pour respecter les exigences de l'article 12 de la directive précitée. Par suite, M. B A n'est pas fondé à soutenir que les dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne seraient pas compatibles avec celles de l'article 12 de ladite directive.
8. Il ne ressort enfin ni des mentions de l'arrêté attaqué ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet se serait estimé en situation de compétence liée pour édicter à l'encontre du requérant l'obligation de quitter le territoire français contestée.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. B A n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions du préfet de l'Hérault lui refusant la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'enfant étranger d'un français et l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées à fin d'injonction doivent également être rejetées, ainsi que celles présentées au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B A, au préfet de l'Hérault et à Me Bonomo-Fay.
Délibéré après l'audience du 9 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Fabienne Corneloup, vice-présidente,
Mme Couégnat, première conseillère,
M. Huchot, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 novembre 2023.
La Présidente-rapporteure,
F. Corneloup
L'assesseure la plus ancienne,
M. Couégnat
La greffière
A. Junon
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 23 novembre 2023
La greffière,
A. Junon
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026