lundi 4 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2305286 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SERGENT CHLOE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 septembre 2023 M. B C, représenté par Me Sergent, demande au tribunal :
1) d'annuler l'arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales du 12 juin 2023 portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français et fixant le délai de départ et le pays de renvoi ;
2) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Orientales de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " étudiant-élève " sous astreinte de 50 euros par jour de retard dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Orientales de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour jusqu'à la délivrance dudit titre dans un délai de trois jours suivant la notification du jugement à intervenir ;
4) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros, à verser à son conseil au titre des articles 34 et 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence compte tenu de l'absence d'une délégation de signature régulièrement publiée antérieure auxdites décisions ;
- les décisions attaquées sont entachées d'une insuffisance de motivation ;
- les décisions attaquées sont entachées d'un défaut d'examen réel et sérieux ;
- le préfet a méconnu son pouvoir de régularisation ;
- la décision portant refus de séjour méconnait l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 octobre 2023, le préfet des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant sont infondés.
Par décision du 7 septembre 2023 le requérant a obtenu l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention franco-gabonaise du 2 décembre 1992 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rabaté, rapporteur.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant gabonais né le 7 janvier 2001 à Libreville (Gabon), est entré en France le 11 septembre 2018 sous couvert d'un visa D " mineur scolarisé ". Du 2 septembre 2019 au 3 janvier 2023 il a bénéficié de titre de séjour portant la mention " étudiant-élève ". Le 7 avril 2023 il a sollicité, auprès de la préfecture des Pyrénées-Orientales, le renouvellement de son titre. Il demande l'annulation de l'arrêté du 12 juin 2023 du préfet des Pyrénées-Orientales portant refus de renouvellement d'une carte de séjour et obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours vers le Gabon.
2. L'arrêté attaqué a été signé par M. Yohann Marcon, secrétaire général de la préfecture des Pyrénées-Orientales. Par arrêté n°2022353-0003 du 19 décembre 2022, régulièrement publié et produit en défense, M. A a reçu délégation du préfet pour signer en matière de refus de renouvellement de carte de séjour, d'obligation à quitter le territoire français et de fixation du pays de destination. Ainsi, M. A a régulièrement reçu par cette délégation, qui n'est ni générale ni absolue, compétence pour signer les décisions en litige. Par suite le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté litigieux manque en fait et doit être écarté.
3. L'arrêté attaqué énonce les considérations de droit et de fait qui constitue le fondement des décisions qu'il comporte et satisfait aux exigences des articles L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet qui n'est pas tenu de relever l'ensemble des circonstances propres à la situation personnelle de l'intéressé mais uniquement celles qui fondent utilement le sens de sa décision, n'a pas entaché ses décisions d'un défaut de motivation. Par suite, ce moyen doit être écarté.
4. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet ait commis un défaut d'examen de la situation personnelle et familiale du requérant, ou ait méconnu son pouvoir de régularisation en lui refusant un titre de séjour ou en l'obligeant à quitter le territoire français. Par suite, ces moyens doivent être écartés.
5. Aux termes de l'article 9 de la convention franco-gabonaise du 2 décembre 1992 : " Les ressortissants de chacune des Parties contractantes désireux de poursuivre des études supérieures ou d'effectuer un stage de formation de niveau supérieur sur le territoire de l'autre doivent, outre le visa de long séjour prévu à l'article 4, justifier d'une attestation d'inscription ou de préinscription dans l'établissement d'enseignement où s'effectue le stage, ainsi que, dans tous les cas, de moyens d'existence suffisants. Ces dispositions ne font pas obstacle à la possibilité d'effectuer dans l'autre Etat d'autres types d'études ou de stages de formation dans les conditions prévues par la législation applicable ". Aux termes de l'article 12 de la même convention : " Les dispositions de la présente convention ne font pas obstacle à l'application des législations respectives des deux Parties contractantes sur l'entrée et le séjour des étrangers sur tous les points non traités par la convention. ". Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "étudiant" d'une durée inférieure ou égale à un an () ".
6. Il résulte de l'article 9 de la convention franco-gabonaise qu'il appartient à l'administration, saisie par un ressortissant gabonais d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour en qualité d'étudiant, d'apprécier notamment, à partir de l'ensemble du dossier et sous le contrôle du juge, la réalité et le sérieux des études poursuivies. Pour apprécier le caractère réel et sérieux des études, le préfet peut notamment prendre en compte la progression dans les études et la cohérence du cursus universitaire de l'intéressé.
7 Il ressort des pièces du dossier que M. C s'est inscrit au titre de l'année scolaire 2018-2019 auprès de l'université de Poitiers en première année de psychologie, option droit, et a été ajourné. Il s'est ensuite réorienté et inscrit, au titre de l'année 2019-2020 auprès de l'université de Perpignan en première année de lettres et a également été ajourné. Il a redoublé cette première année au titre de l'année 2020-2021 auprès de la même université et a été admis. Il a par la suite, au titre de l'année 2021-2022, poursuivi ses études dans la même université en deuxième année de lettre et a été ajourné. Enfin, il s'est réorienté au titre de l'année 2022-2023 auprès du centre de formation HetC Conseil à Cabestany en première année de formation en contrat d'apprentissage pour un CAP/BEP en tant qu'employé d'étage en hôtellerie, formation qu'il déclare poursuivre à ce jour. M. C n'établit pas que ces changements d'orientation successifs répondraient à une progression et à une cohérence de son cursus universitaire. Dans ces conditions, en estimant que M. C ne justifiait pas du caractère sérieux de ses études et en l'absence de progression significative dans ses résultats et de cohérence dans le cursus poursuivi, le préfet des Pyrénées-Orientales n'a pas commis d'erreur d'appréciation.
8. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
9. Si M. C fait valoir qu'il réside en France régulièrement depuis près de cinq ans, qu'il suit actuellement une formation en contrat d'apprentissage dans le secteur de l'hôtellerie et qu'il a tissé de nombreux liens personnels en France notamment avec sa tante chez qui il réside et qui détient sur lui l'autorité parentale, il ressort toutefois des pièces du dossier qu'il n'est demeuré en France que sous couvert de titres de séjour " étudiant " qui ne lui donnent pas vocation à s'installer durablement en France et qu'il est célibataire, sans charge de famille et dispose d'attaches familiales dans son pays d'origine. Par suite, les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français n'ont pas porté au droit de M. C au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elles ont été prises. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le préfet n'a pas entaché les décisions contestées d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles tendant à l'application des articles 34 et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
DECIDE :
Article 1 : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, au préfet des Pyrénées-Orientales, et à Me Sergent.
Délibéré à l'issue de l'audience du 20 novembre 2023 où siégeaient :
M. Rabaté, président,
Mme Pater, première conseillère,
Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2023
Le rapporteur,
V. RabatéL'assesseure la plus ancienne,
B. Pater
Le greffier,
F. Balicki
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 5 décembre 2023.
Le greffier,
F. Balickifb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026