lundi 18 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2305602 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BERRY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 octobre 2023, M. A C, représenté par Me Berry, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 juin 2023 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour en qualité d'étranger malade, a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer un titre de séjour en qualité d'étranger malade sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et à défaut, de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la requête est recevable ;
- l'arrêté est entaché d'un défaut de motivation et comporte une erreur quant à sa nationalité, le préfet a sciemment omis des éléments portant sur sa santé et sur sa vie privée et familiale.
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
- elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;
- le préfet a commis une erreur de fait quant à sa nationalité, conduisant à un avis erroné du collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration ;
- le préfet a commis une erreur de droit et une erreur manifeste d'appréciation des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet a commis une erreur de droit et une erreur manifeste d'appréciation des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3-9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.et du droit d'asile.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale par voie d'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le préfet a commis une erreur de fait sur le pays dont il a la nationalité, de sorte que l'analyse du préfet est nécessairement erronée.
M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 septembre 2023.
En réponse à la demande de communication adressée par le tribunal, l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a produit le 10 septembre 2023 le rapport médical et les autres pièces au vu desquels il a rendu un avis le 31 mai 2023.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 novembre 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
L'OFFI a produit des observations le 1er décembre 2023, postérieurement à la clôture de l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Viallet, rapporteure ;
- et les observations de Me Berry, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant congolais né le 17 février 1999 déclare être entré en France le 18 septembre 2018 démuni de visa. L'office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande d'asile le 27 février 2019, décision confirmée par la cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 3 février 2020. Par sa requête, M. B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 12 juin 2023 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour en qualité d'étranger malade, a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :
2. L'arrêté attaqué mentionne, avec une précision suffisante, les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. En outre le préfet détaille les conditions d'entrée et de séjour en France de l'intéressé, ainsi que des éléments tenant à sa situation personnelle, familiale, et à son état de santé, en se référant expressément à la teneur de l'avis émis par le collège des médecins de l'OFII du 31 mai 2023. Si le requérant soutient que le préfet a commis une erreur sur sa nationalité, cette circonstance, à la supposer établie, est sans influence sur la régularité de la motivation de l'arrêté. Dans ces conditions, et alors que l'exigence de motivation n'implique pas que la décision mentionne l'ensemble des éléments particuliers de la situation de l'intéressé, le préfet a suffisamment exposé les motifs fondant l'arrêté en litige. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
3. En premier lieu, M. B soutient que la décision est entachée d'une erreur de fait quant à sa nationalité, conduisant à un avis erroné du collège des médecins de l'OFII et à un défaut de motivation de la décision attaquée dès lors que l'étude du système de santé n'a pas porté sur le pays dont il a la nationalité. Il fait ainsi valoir qu'il est ressortissant de la République Démocratique du Congo (Congo-Kinsasha) et non de la République du Congo (Congo-Brazzaville). S'il produit à l'instance une attestation de nationalité de la République Démocratique du Congo du 18 décembre 2020 ainsi qu'une attestation de naissance établie le 2 octobre 2020 selon lesquelles il serait né à Kinshasa en République Démocratique du Congo, il ressort toutefois des pièces du dossier que M. B a fait état, tant en préfecture que devant l'OFII, l'OFPRA et la CNDA de sa naissance à Brazzaville, et de ce qu'il appartient à l'ethnie vili natif de Pointe Noire, villes situées en République du Congo. Dans ces conditions, et alors que la mention du Congo-Brazzaville résulte de ses propres déclarations, M. B ne saurait sérieusement se prévaloir de ce que le préfet aurait commis une erreur de fait. Par suite, le moyen, doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat () ".
5. S'il est saisi, à l'appui de conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus, d'un moyen relatif à l'état de santé du demandeur, aux conséquences de l'interruption de sa prise en charge médicale ou à la possibilité pour lui d'en bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire, il appartient au juge administratif de prendre en considération l'avis médical rendu par le collège des médecins de l'OFII. Si le demandeur entend contester le sens de cet avis, il appartient à lui seul de lever le secret relatif aux informations médicales qui le concernent, afin de permettre au juge de se prononcer en prenant en considération l'ensemble des éléments pertinents, notamment l'entier dossier du rapport médical au vu duquel s'est prononcé le collège des médecins de l'OFII, en sollicitant sa communication, ainsi que les éléments versés par le demandeur au débat contradictoire.
6. Après avoir rappelé que le collège des médecins de l'OFII avait émis le 31 mai 2023 un avis sur la demande de M. B, le préfet de l'Hérault a repris à son compte les termes de cet avis et a rejeté la demande de titre de séjour présentée par l'intéressé en se fondant sur les motifs tirés de ce que si son état de santé nécessite une prise en charge médicale, son défaut ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité et son état de santé lui permet de voyager sans risque vers son pays d'origine.
7. Il ressort des pièces du dossier que le requérant, qui a expressément levé le secret médical, souffre d'un syndrome dépressif suicidaire majeur dans un conteste de déracinement subi du fait de son orientation sexuelle nécessitant un traitement anxiolytique, thymorégulateur et antidépresseur ainsi qu'une polythérapie, et est suivi à ce titre par un médecin psychiatre toutes les deux à trois semaines depuis le 18 juillet 2022. Le rapport du médecin de l'OFII relève, au vu du dossier médical fourni et de la visite médicale, des perspectives de stabilisation de son état. Si le requérant conteste l'avis du collège des médecins selon lequel le défaut de prise en charge de son état de santé ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité, il ne produit toutefois aucun élément au soutien de ses allégations quant aux conséquences d'une interruption de prise en charge. S'il affirme que le système de santé de la République du Congo serait particulièrement mal doté en matière de soins psychiatriques, il ne ressort toutefois pas du seul document produit émanant de l'organisation suisse d'aide aux réfugiés et portant plus spécifiquement sur la prise en charge de patients atteints de schizophrénie paranoïde que M. B ne pourrait effectivement et personnellement pas accéder aux soins. De plus, s'il fait valoir que les médicaments prescrits ne sont pas disponibles ou le sont à un coût exorbitant par rapport au salaire moyen des congolais, il n'apporte aucun élément sur l'impossibilité financière qui serait la sienne d'accéder à ces traitements, et l'un des trois centres médicaux qu'il a contactés a d'ailleurs indiqué le 20 juillet 2023 que ces médicaments étaient en vente à Kinsasha. Enfin, s'il fait état de ses craintes quant à une possible discrimination dans l'accès aux soins du fait de son homosexualité, le document qu'il produit émanant de la commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada ne permet pas de corroborer cette allégation. L'ensemble de ces circonstances n'étant pas de nature à infirmer l'analyse du collège de médecins de l'OFII, le moyen tiré de ce que le préfet aurait méconnu et commis une erreur manifeste d'appréciation des dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit par suite être écarté.
8. En troisième lieu, aux terme de l'article L. 423-23 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. /Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine ".
9. Il ressort des pièces du dossier que M. B, selon ses déclarations, n'est entré en France que le 10 septembre 2018 après avoir vécu jusqu'à l'âge de 19 ans dans son pays d'origine où résident ses parents et ses deux sœurs, est hébergé au sein d'une association et ne fait valoir l'existence en France d'aucun lien familial. S'il n'est pas contesté qu'il bénéficie depuis son arrivée en France d'un suivi et d'un accompagnement, notamment psychologique, par les associations Le Refuge et Famille au grand cœur, cette circonstance, ainsi que sa participation à des activités au sein de ces associations ou en qualité de bénévole pour les Restos du Cœur, ne suffisent pas à démontrer une insertion particulière dans la société française. Il en va de même de la promesse d'embauche en qualité de serveur à compter du 1er décembre 2023, signée le 27 octobre 2023 soit postérieurement à la décision attaquée. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis une erreur de droit et une erreur manifeste d'appréciation des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".
11. Il ressort des pièces du dossier que M. B n'a pas sollicité son admission au séjour sur le fondement des dispositions précitées. Le préfet a toutefois examiné si l'intéressé pouvait bénéficier d'un titre de séjour sur ce fondement, en relevant qu'il ne justifiait pas de motifs exceptionnels ou de considérations humanitaires. Si M. B se prévaut de sa prise en charge en France et fait valoir qu'il a fui son pays pour des répressions dues à son homosexualité, il ne l'établit toutefois pas, et sa demande d'asile a d'ailleurs été rejetée par l'OFPRA et la CNDA considérant que la réalité des faits et le bien-fondé de ses craintes en cas de retour dans son pays n'étaient pas établis. Dès lors que ces circonstances ne suffisent pas à caractériser un motif humanitaire ou exceptionnel d'admission au séjour au sens des dispositions précitées, c'est sans méconnaître les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni commettre d'erreur manifeste d'appréciation que le préfet a pu refuser de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale ".
12. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : / 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles () L. 423-23, L. 425-9 () à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; () ". Il résulte de ces dispositions que le préfet n'est tenu de saisir la commission du titre de séjour que du cas des étrangers qui remplissent effectivement toutes les conditions prévues aux article L. 423-23 ou L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile auxquels il envisage de refuser la délivrance du titre de séjour sollicité et non de tous les étrangers qui se prévalent de ces dispositions.
13. Ainsi qu'il vient d'être dit aux point 7 et 9, M. B ne remplit pas les conditions lui permettant de bénéficier de plein droit d'un titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-23 ou L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'absence de consultation de la commission du titre de séjour doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
14. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. () ".
15. Il résulte de ce qui a été dit aux points 6 et 7 que l'état de santé de M. B ne fait pas obstacle à son éloignement du territoire français. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet de l'Hérault aurait méconnu les dispositions précitées du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
16. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
17. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 9, la décision attaquée n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale du requérant au sens des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
18. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire n'étant, eu égard à ce qui vient d'être dit, pas entachée d'illégalité, l'exception d'illégalité soulevée par M. B sera écartée.
19. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
20. Si le requérant, dont la demande d'asile a été rejetée, fait valoir, en des termes généraux, des craintes de persécution et de représailles en cas de retour dans son pays d'origine tenant à son orientation sexuelle, il ne fournit aucun élément circonstancié démontrant qu'il y serait personnellement exposé. Par suite, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.
21. En dernier lieu, la décision attaquée fixe comme pays de renvoi le pays dont M. B a la nationalité ou tout autre pays dans lequel il établit être légalement admissible, de sorte qu'il lui appartiendra de faire état du pays dans lequel il peut être reconduit au moment de l'exécution effective de la mesure d'éloignement. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait tenant à son pays d'origine doit être écarté.
22. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Hérault du 12 juin 2023 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 75 de la loi du 10 juillet 1991.
DECIDE:
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, au préfet de l'Hérault et à Me Berry.
Délibéré après l'audience du 4 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
Mme Pater, première conseillère,
Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 décembre 2023.
La rapporteure,
ML. VialletLe président,
V. Rabaté
Le greffier,
F. Balicki
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 19 décembre 2023.
Le greffier,
F. Balickifb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026