lundi 16 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2305881 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | PROCEDURES 96 H H / 48 H |
| Avocat requérant | MESANS CONTI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 octobre 2023, M. B A, représenté par Me Mesans Conti, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 9 octobre 2023 par lequel le préfet de l'Hérault lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai.
Il soutient que la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- n'est pas suffisamment motivée ;
- porte atteinte à sa vie privée et familiale au sens de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Des pièces ont été enregistrées le 14 octobre 2023, produites par le préfet de l'Hérault.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Madame Crampe dans les fonctions de magistrate chargée du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 16 octobre 2023 :
- le rapport de Madame Crampe, magistrate désignée ;
- les observations de Me Mesans Conti, représentant M. A qui reprend les conclusions et moyens de la requête, demande l'admission à l'aide juridictionnelle et soutient en outre que :
o il ne peut lui être fait grief de ne pas pourvoir à l'entretien de son enfant dès lors qu'il est privé de la possibilité de travailler du fait de l'absence de titre de séjour ;
o il justifie avoir demandé le report de la réunion de la commission du titre de séjour organisée durant le temps de son incarcération et le préfet ne peut lui reprocher son absence ;
o sa compagne a signalé au préfet qu'elle voulait qu'il soit autorisé à travailler et non l'absence d'investissement auprès de son fils, la décision est entachée d'une erreur de fait à cet égard, elle en atteste à l'audience ;
o il a été réincarcéré parce qu'il s'est rendu au domicile commun du couple pour garder son fils durant les horaires de travail de sa compagne en ignorant que l'interdiction d'entrer en contact avec elle s'étendait à cette hypothèse ;
o il joue son rôle de père non seulement auprès de son fils mais aussi auprès de ses trois belles-filles de son épouse, qui en attestent ; la mesure d'éloignement porte atteinte à la cellule familiale qui ne pourra se reconstituer en Algérie puisque sa compagne est française ;
o la décision n'a aucunement pris en compte l'intérêt supérieur de son fils, protégé par l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ; il est présent auprès de l'enfant depuis sa naissance.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien, né le 14 février 1996, déclare être entré en France le 15 mai 2018. Il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai. Il demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 9 octobre 2023 par lequel le préfet de l'Hérault lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. A, il y a lieu de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 614-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les dispositions des articles L. 614-4 à L. 614-6 sont applicables à l'étranger détenu. / Toutefois, lorsqu'il apparaît, en cours d'instance, que l'étranger détenu est susceptible d'être libéré avant que le juge statue, l'autorité administrative en informe le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné. Il est alors statué sur le recours dirigé contre la décision portant obligation de quitter le territoire français selon la procédure prévue aux articles L. 614-9 à L. 614-11 et dans un délai de huit jours à compter de l'information du tribunal par l'autorité administrative. ".
4. Il ressort des pièces du dossier que M. A est détenu, et, selon la fiche pénale dressée par le centre pénitentiaire de Villeneuve-lès-Maguelone, communiquée au tribunal par l'autorité administrative le 14 octobre 2023, que sa libération est prévue le 17 octobre 2023, soit avant que le juge statue sur sa requête. Il y a donc lieu de juger l'affaire dans le délai de huit jours, prévu par les dispositions précitées.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ".
6. L'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 dispose que : " Dans toutes les décisions concernant les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.
7. Il ressort des pièces du dossier que M. A est père d'un enfant français né le 8 novembre 2022. Il ressort à la fois des nombreuses photographies versées au dossier, prise en des temps et lieux variés, des attestations circonstanciées de ses belles-filles, ainsi que du témoignage verbal à l'audience de la mère de l'enfant que M. A élève son fils, avec qui il résidait jusqu'à son incarcération, depuis sa naissance. Il ressort également des déclarations conjointes effectuées à l'audience par les parents de l'enfant, et qui ne sont pas contredites par les pièces du dossier ni par le préfet, que M. A a conservé l'autorité parentale, et qu'il a, à nouveau, pris soin de son fils sitôt sa sortie d'incarcération. Il ressort ainsi des pièces du dossier que l'obligation de quitter le territoire français faite à M. A porte atteinte à l'intérêt supérieur de son enfant.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 9 octobre 2023 portant obligation de quitter le territoire français sans délai.
D E C I D E :
Article 1 : L'arrêté du 9 octobre 2023 portant obligation de quitter le territoire français sans délai est annulé.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A, au préfet de l'Hérault et à Me Mesans-Conti.
Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 18 octobre 2023.
La magistrate désignée,
S. CrampeLa greffière,
C. TouzetLe greffier,
D. Martinier
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 18 octobre 2023
La greffière,
C. Touzet
N°2305881
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026