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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2306445

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2306445

mardi 23 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2306445
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantSCP SANGUINEDE DI FRENNA & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 9 novembre et 28 décembre 2023, M. B A, expert désigné, demande au juge des référés :

1°) d'étendre aux sociétés R2F SARL, Roger Renard, Recio RMC SARL et GT2S la mesure d'expertise référencée n° 2005061, ordonnée le 29 mars 2021, et étendue par deux ordonnances n° 2102115-2102757-2103095 et n° 2106724 des 8 juillet 2021 et 8 février 2022, aux fins notamment de déterminer l'origine et l'étendue des désordres affectant le groupe scolaire Nelson Mandela à Juvignac (Hérault) ;

2°) d'étendre la mission aux désordres apparus au cours des opérations d'expertise sur la toiture du groupe de l'école.

Il soutient qu'il est apparu, à la suite de réunions contradictoires et du dernier dire du 13 décembre 2023, que l'extension des opérations d'expertise aux entreprises visées présente une utilité compte tenu de leur participation aux travaux litigieux.

Par un mémoire enregistré le 13 décembre 2023, la société Roger Bernard, représentée par la société d'avocats interbarreaux Sanguinède, Di Frenna et associés, déclare ne pas s'opposer à la mesure sollicitée sous les protestations et réserves d'usage.

Vu :

- les ordonnances n° 2005061 et n° 2102813 rendues les 29 mars et 6 juillet 2021 par le juge des référés ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Franck Thévenet, vice-président, comme juge des référés.

Considérant ce qui suit :

1. L'article R. 532-1 du code de justice administrative dispose que : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ". Il peut, aux termes de l'article R. 532-3 du même code, " () à la demande de l'expert formée à tout moment, étendre l'expertise à des personnes autres que les parties initialement désignées par l'ordonnance, ou mettre hors de cause une ou plusieurs des parties ainsi désignées. / Il peut, dans les mêmes conditions, étendre la mission de l'expertise à l'examen de questions techniques qui se révélerait utile à la bonne exécution de cette mission () ". Il résulte de ces dispositions que, lorsqu'il est saisi d'une demande d'une partie ou de l'expert tendant à l'extension de la mission de l'expertise à des personnes autres que les parties initialement désignées par l'ordonnance ou à l'examen de questions techniques qui se révélerait indispensable à la bonne exécution de cette mission, le juge des référés ne peut ordonner cette extension qu'à la condition qu'elle présente un caractère utile.

2. Il résulte de l'instruction que par une ordonnance du 29 mars 2021, référencée n° 2005061, le juge des référés du tribunal administratif de Montpellier a désigné M. A en qualité d'expert aux fins qu'il détermine la nature, l'origine et l'étendue des désordres apparus sur le bâtiment du groupe scolaire Nelson Mandela de Juvignac à la suite de la réception des travaux de construction de l'ouvrage, et qui affectaient alors notamment les sols souples qui présentaient des soulèvements, les murs et plafonds affectés de fissures, les menuiseries intérieures, les bouches de ventilation, les stores et le système d'évacuation des eaux pluviales, dont le dysfonctionnement a entraîné des dégradations du parvis du groupe scolaire, de la galerie technique et des espaces verts. Par une ordonnance du 6 juillet 2021, référencée n° 2102813, le juge des référés a en outre confié au même expert le soin d'analyser les désordres présentés par la centrale de traitement de l'air du groupe scolaire Nelson Mandela. L'expert désigné sollicite l'extension des opérations d'expertise au contradictoire de nouveaux constructeurs et demande que le périmètre de sa mission soit précisé.

3. Il résulte des dires de l'expert, d'une part, que la société R2F SARL a été chargée de la maintenance des installations techniques de gestion du traitement de l'air, et que les sociétés Roger Renard et Recio RMC SARL sont intervenues aux travaux litigieux en qualité de sous-traitantes sur les lots CVC (chauffage-ventilation-climatisation) / Plomberie et Electricité. D'autre part, les travaux du lot CFA, courants faibles, réalisés par la société GT2S, sont, aux dires de l'expert, susceptibles de concerner directement ou indirectement les désordres relevés. La responsabilité de ces sociétés étant ainsi susceptible d'être engagée, leur participation aux opérations d'expertise présente un caractère d'utilité au sens des dispositions précitées de l'article R. 532-1. Il y a donc lieu de faire droit aux conclusions de l'expert visant à étendre l'expertise ordonnée le 29 mars 2021 au contradictoire des sociétés R2F SARL, Roger Renard, Recio RMC SARL et GT2S.

4. En revanche, compte tenu des termes de l'ordonnance du 29 mars 2021 visée plus haut, par laquelle le juge des référés a mandaté l'expert afin qu'il se prononce sur les désordres de toute nature affectant le groupe scolaire Nelson Mandela de Juvignac, apparus postérieurement à la réception des travaux de construction de l'ouvrage, le 30 juin 2017, les conclusions de la requête tendant à ce que le périmètre de la mission d'expertise soit étendu aux désordres constatés sur la toiture de l'ouvrage sont dépourvues d'utilité, l'expert pouvant d'ores et déjà faire porter ses analyses sur ces points. Ces conclusions doivent donc être rejetées.

ORDONNE :

Article 1er : La mesure d'expertise prescrite par ordonnance n° 2005061 du 29 mars 2021 est étendue au contradictoire des sociétés R2F SARL, Roger Renard, Recio RMC SARL et GT2S.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à la société R2F SARL, à la société Roger Renard, à la société Recio RMC SARL, à la société GT2S et à la commune de Juvignac.

Fait à Montpellier, le 23 janvier 2024.

Le juge des référés,

F. Thévenet

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 23 janvier 2024,

L'attaché,

Médéric Arias

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