jeudi 21 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2306734 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | PAMLAW AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 21 novembre et 12 décembre 2023, la société Free Mobile, représentée par Me Martin, demande au juge des référés :
1°) A titre principal, d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision d'opposition à la déclaration préalable du 5 juillet 2023 du maire de la commune de Teyran ;
2°) A titre subsidiaire, dans le cas où l'existence d'une décision tacite de non opposition ne serait pas admise, d'enjoindre, à titre principal, le maire de la commune de Teyran, de délivrer une décision de non-opposition à la déclaration préalable, dans un délai d'un mois courant à compter de la notification de l'ordonnance et ce, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) A titre subsidiaire, d'enjoindre le maire de la commune de Teyran, de réinstruire la déclaration préalable dans un délai d'un mois courant à compter de la notification de l'ordonnance ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Teyran une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur l'urgence :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision attaquée porte atteinte à l'intérêt public qui s'attache à la couverture du territoire national par le réseau de téléphonie mobile de la société Free Mobile ;
- il est porté atteinte aux obligations imposées par les autorisations dont la société Free Mobile bénéficie ;
- le site projeté aura pour effet de concourir au déploiement du réseau ;
Sur le doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en litige :
- la décision attaquée n'a pas été prise par une autorité compétente ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit ; les stations relais ne sont pas au nombre des installations expressément interdites dans la zone A ; en outre, la station relais n'est pas incompatible avec l'affectation agricole de la parcelle ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article A 11 du règlement du PLU.
Par un mémoire et des pièces, enregistrés les 11 et 12 décembre 2023, la commune de Teyran, représentée par la SELARL Territoires d'Avocats, agissant par Me D'Albenas, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Free mobile une somme de 2 500 euros chacune au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- l'urgence n'est pas constituée ; la couverture de la zone par le réseau de téléphonie mobile est déjà assurée ; Free dispose déjà d'une antenne installée en décembre 2022 ;
- aucun des moyens n'est propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision ; une antenne relais est incompatible avec la vocation agricole de la zone ; l'implantation de l'antenne portera atteinte à l'intérêt des lieux, à la qualité de l'entrée de ville de Teyran, village à forte identité et nuira à la cohérence paysagère à proximité.
Par un mémoire en intervention, enregistré le 12 décembre 2023, M. et Mme U, M. et Mme F, M. Q et Mme O, Mme V, M. B et Mme D, Mme K, Mme T et M. G, M. R, M. A, Mme H, Mme E et M. I, M. P, Mme J, M. et Mme C, M. et Mme N, Mme L et M. S, représentés par Me Monflier, demandent au tribunal, à titre principal, de dire leur intervention recevable, de rejeter la requête de la société Free Mobile, et, à titre subsidiaire, si la suspension était décidée, de décider que l'injonction à prononcer à l'encontre de la commune se limitera à un réexamen de la demande.
Ils soutiennent intervenir au soutien des conclusions de la commune à fin de rejet de la requête, étant propriétaires et/ ou occupants des maisons individuelles situées à proximité immédiate du site d'implantation de l'antenne et impactés par le projet en litige.
Ils soutiennent que :
- La décision a été signée par une autorité compétente ;
- Les articles 1er et 2 du règlement du PLU n'autorise que les constructions directement liées et nécessaires à l'exercice de l'activité agricole ;
- Le secteur dans lequel s'insère le projet présente une cohérence structurelle paysagère alors que l'antenne relais d'une hauteur de 25 mètres de hauteur dépassera largement en hauteur la végétation existante et n'est pas compatible avec l'intérêt des lieux avoisinants, du site et du paysage.
Vu :
- la requête enregistrée le 4 septembre 2023 sous le n° 2305084 par laquelle la SAS Free Mobile demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Corneloup, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 12 décembre 2023 à 14 heures 30 :
- le rapport de Mme Corneloup, juge des référés ;
- les observations de Me Mirabel, représentant la société Free Mobile, qui soulève une fin de non-recevoir à l'encontre de M. et Mme U et autres, intervenants en défense, car la recevabilité de leur intervention ne peut être admise au regard de l'absence d'intervention au fond. Il reprend par ailleurs ses écritures en ce qui concerne l'urgence et insiste sur la compatibilité de l'antenne relais avec la zone agricole, au regard de sa faible emprise représentant 0.07% de la parcelle ; il précise que la commune n'explique pas en quoi le projet méconnaît l'article A 11 du règlement du PLU ;
- les observations de Me Teles, représentant la commune de Teyran, qui persiste dans ses écritures en insistant notamment sur la méconnaissance de l'article A11 du règlement du PLU lié à l'article R 111-27 du code de l'urbanisme. En effet, l'antenne relais porte atteinte à l'entrée de ville qualifiée " d'entrée remarquable " par le SCOT, et à la visibilité directe du Pic St Loup, une vue elle aussi qualifiée par le SCOT de " cône paysager remarquable ". Il ajoute qu'aucune modération esthétique n'est prévue par le dossier de déclaration préalable.
- les observations de Me Monflier, représentant M. et Mme U et autres, contestant la fin de non-recevoir opposée par la requérante, en s'appuyant sur l'article R. 632-1 du code de l'urbanisme qui ne prévoit aucune condition liée à la constitution d'une intervention en référé. Il poursuit en insistant sur la méconnaissance de l'article A1 du PLU qui dispose que sont interdites les " occupations ou utilisations du sol non compatibles avec la vocation agricole de la zone ", ce qui comprend ainsi les installations de téléphonie mobile et la non insertion paysagère du projet en litige.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Le 14 juin 2023, la société Free Mobile a déposé auprès des services de la commune de Teyran une déclaration préalable de travaux pour l'implantation d'une station relais composée d'un pylône monotube d'une hauteur de 25,25 mètres servant de support à des antennes de téléphonie mobile et de modules techniques en pieds, sur un terrain sis Chemin des Carteirades, cadastré section BB n° 067, sur la commune de Teyran. Par une décision en date du 5 juillet 2023, l'adjoint à l'urbanisme s'oppose à la déclaration préalable. Par la présente requête, la société Free Mobile sollicite du juge des référés la suspension de l'exécution de cette décision.
Sur l'intervention de M. et Mme U et autres :
2. Eu égard à son caractère accessoire par rapport au litige principal, une intervention, aussi bien en demande qu'en défense, n'est recevable au titre d'une procédure de suspension qu'à la condition que son auteur soit également intervenu dans le cadre de l'action principale.
3. M. et Mme U et autres qui sont intervenus en demandant le rejet de la requête à fin de suspension ne justifient ni même n'allèguent être intervenus en défense dans la requête à fin d'annulation présentée par la société Free Mobile. Leur intervention est dès lors irrecevable.
Sur les conclusions à fin de suspension :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
5. En l'état de l'instruction, aucun des moyens de la requête, tels que visés et analysés dans les visas de la présente ordonnance, n'est propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition relative à l'urgence, que la société Free Mobile n'est pas fondée à solliciter la suspension de l'exécution de la décision d'opposition à la déclaration préalable du 5 juillet 2023 du maire de la commune de Teyran. Les conclusions présentées à fin d'injonction seront rejetées par voie de conséquence.
Sur les frais liés au litige :
7. En application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de laisser à chacune des parties la charge des frais qu'elles ont pu exposer et qui ne sont pas compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : L'intervention de M. et Mme U et autres n'est pas admise.
Article 2 : la requête de la société Free Mobile est rejetée.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Teyran au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Free Mobile, à la commune de Teyran et à M. et Mme U, premièrement désignés parmi les intervenants.
Fait à Montpellier, le 21 décembre 2023.
La juge des référés,
F. Corneloup
La greffière,
M. M
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 21 décembre 2023.
La greffière,
A. Junon
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026