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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2306784

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2306784

jeudi 30 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2306784
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationPROCEDURES 96 H H / 48 H
Avocat requérantTOUMI

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I°) Par une requête enregistrée le 23 novembre 2023 sous le n°2306784, M. F E, représenté par Me Toumi, avocate commise d'office, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 22 novembre 2023 par lequel le préfet de l'Hérault l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a pris à son encontre une interdiction de retour d'une durée de trois années ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de réexaminer sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français ;

- la décision a été signée par un auteur ne disposant d'aucune délégation de signature ;

- elle méconnaît le droit d'être entendu tel que garanti par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'union européenne

- elle porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois années :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la mesure d'éloignement ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 27 novembre 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête et fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

II°) par une requête enregistrée le 27 novembre 2023 sous le n°2306859, M. F E, représenté par Me Toumi demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 25 novembre 2023 par lequel le préfet de l'Hérault a décidé de l'assigner à résidence pour une durée de 45 jours.

Il soutient que :

- la décision a été signée par une autorité ne disposant pas de la compétence pour ce faire ;

- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle a été prise hors du cadre légal ;

- elle méconnaît les droits de la défense ;

- elle méconnaît la liberté d'aller et venir ;

- elle est entaché d'un détournement de pouvoir dès lors qu'elle a été prise dans le seul but de l'assigner à résidence et lui retirer son passeport.

Par un mémoire en défense enregistré le 28 novembre 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Bayada, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8 et L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bayada,

- et les observations de Me Toumi, représentant M. E qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens, et soutient en outre que la décision méconnaît l'intérêt supérieur des enfants, qui sont scolarisés de longue date en France, que la décision portant assignation à résidence a été notifié dans des conditions irrégulières, alors qu'il avait été libéré par le juge des libertés et de la détention et que le préfet s'est à tort fondé sur la menace à l'ordre public que son comportement constitue pour décider de l'assigner à résidence alors qu'il n'a jamais été condamné et n'a pas été mis en examen à l'issue de sa garde-à-vue.

- et les observations de M. E assisté de Mme D, interprète en langue russe.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. F E, ressortissant tadjike né le 24 janvier 1978 a été interpellé par les services de police dans le cadre d'une commission rogatoire délivrée le 23 novembre 2022 par le vice-président chargé de l'instruction au tribunal judiciaire de Paris et placé en garde-à-vue. Par un arrêté du 22 novembre 2023, le préfet de l'Hérault, l'a obligé à quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de destination et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire d'une durée de trois années. Par un arrêté du 25 novembre 2023, le préfet de l'Hérault a décidé de l'assigner à résidence pour une durée de 45 jours. Par ses requêtes, M. E, assigné à résidence, demande au tribunal l'annulation de ces deux arrêtés.

Sur la jonction :

2. Les requêtes ci-dessus visées sont présentées par le même requérant, portent sur sa situation au regard de son droit au séjour et ont fait l'objet d'une instruction commune. Dès lors, il y a lieu de joindre ces requêtes pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions relatives à l'aide juridictionnelle :

3. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. E au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

4. Par un arrêté n°2023-10-DCRL-484 du 9 octobre 2023 publié au recueil des actes administratifs spécial n°163 du même jour, et accessible tant au juge qu'aux parties, le préfet de l'Hérault a accordé à Mme C B, directrice des étrangers et de la naturalisation, une délégation à l'effet de signer, pendant les permanences départementales, " toute décision ayant trait à une mesure d'éloignement concernant les étrangers séjournant irrégulièrement sur le territoire français et les décisions en matière de rétention administrative ou d'assignation à résidence des étrangers objets d'une telle mesure". Mme B, était donc habilitée à signer la décision d'obligation de quitter le territoire français contestée. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de ces décisions manque en fait et doit être écarté.

5. En deuxième lieu, ainsi que la Cour de justice de l'Union européenne l'a jugé, notamment par son arrêt C-383/13 M. A, N. R./Staatssecretaris van Veiligheid en Justitie du 10 septembre 2013 visé ci-dessus, les auteurs de la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008, s'ils ont encadré de manière détaillée les garanties accordées aux ressortissants des Etats tiers concernés par les décisions d'éloignement ou de rétention, n'ont pas précisé si et dans quelles conditions devait être assuré le respect du droit de ces ressortissants d'être entendus, qui fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union européenne. Si l'obligation de respecter les droits de la défense pèse en principe sur les administrations des Etats membres lorsqu'elles prennent des mesures entrant dans le champ d'application du droit de l'Union, il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles doit être assuré, pour les ressortissants des Etats tiers en situation irrégulière, le respect du droit d'être entendu. Ce droit, qui se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts, ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.

6. Dans le cadre ainsi posé, et s'agissant plus particulièrement des décisions relatives au séjour des étrangers, la Cour de justice de l'Union européenne a jugé, dans ses arrêts C-166/13 Sophie Mukarubega du 5 novembre 2014 et C-249/13 Khaled Boudjlida du 11 décembre 2014 visés ci-dessus, que le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité du séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour. Ce droit n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français, dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité du séjour ou la perspective de l'éloignement.

7. Enfin, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne, notamment de son arrêt du 10 septembre 2013 cité au point 19, que toute irrégularité dans l'exercice des droits de la défense lors d'une procédure administrative concernant un ressortissant d'un pays tiers en vue de son éloignement ne saurait constituer une violation de ces droits et, en conséquence, que tout manquement, notamment, au droit d'être entendu n'est pas de nature à entacher systématiquement d'illégalité la décision prise. Il revient à l'intéressé d'établir devant le juge chargé d'apprécier la légalité de cette décision que les éléments qu'il n'a pas pu présenter à l'administration auraient pu influer sur le sens de cette décision et il appartient au juge saisi d'une telle demande de vérifier, lorsqu'il estime être en présence d'une irrégularité affectant le droit d'être entendu, si, eu égard à l'ensemble des circonstances de fait et de droit spécifiques de l'espèce, cette violation a effectivement privé celui qui l'invoque de la possibilité de mieux faire valoir sa défense dans une mesure telle que cette procédure administrative aurait pu aboutir à un résultat différent.

8. En l'espèce, il ressort des termes de la décision attaquée que M. E a été auditionné par les services de la police et il a été expressément invité à faire part de ses observations après avoir été informé de la possibilité de faire l'objet d'une mesure d'éloignement assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français. Par ailleurs, le requérant ne précise pas les éléments qu'il aurait été empêché de faire valoir et il n'établit pas avoir été privé de la possibilité de mieux faire valoir sa défense dans une mesure telle que cette procédure aurait pu aboutir à un résultat différent. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.

9. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

10. M. E se prévaut de sa durée de séjour en France, de la présence en France de son épouse et de ses quatre enfants, dont trois sont scolarisés en France. Toutefois ces quelques éléments sont insuffisants à permettre de conclure qu'il aurait transféré le centre de ses intérêts privés et familiaux sur le territoire français, alors qu'il est constant que la demande d'asile qu'il a présenté a été définitivement rejetée par la cour nationale du droit d'asile le 14 février 2022 et que M. E ne justifie d'aucune intégration personnelle ou professionnelle particulière. Quant à son épouse, la demande d'asile qu'elle a présentée à titre personnel et pour ses enfants a été définitivement rejetée le 19 septembre 2023 par la cour nationald du droit d'asile et la famille se trouve en situation irrégulière depuis lors. Enfin, M. E n'établit pas être isolé dans son pays d'origine dans lequel il a vécu la majeure partie de sa vie au Tadjikistan, et où la cellule familiale peut se reconstituer. Dans ces conditions, le préfet n'a pas méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :

11. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour () ". L'article L. 612-10 du même code prévoit que : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".

12 En premier lieu, le préfet a visé les considérations de droit et développé les considérations de faits qui fondent sa décision. Il a notamment relevé que l'intéressé, qui déclare être entré en France fois en France le 15 mars 2018 réside en France avec ses quatre enfants avec sa femme, elle-même, qu'il n'a fait l'objet d'aucune mesure d'éloignement et que son comportement représente une menace à l'ordre public. Contrairement à ce que soutient le requérant, le préfet de l'Hérault, après avoir pris en compte l'ensemble de ses éléments a considéré que l'intéressé ne justifiait d'aucune circonstance humanitaire. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision doit être écartée.

13. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point10, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de l'erreur d'appréciation des conséquences de la décision contestée sur la situation personnelle de M. E.

14. Enfin, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant interdiction de retour d'une durée de trois ans par voie de conséquence de celle de l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

15. Par un arrêté n°2023-10-DCRL-484 du 9 octobre 2023 publié au recueil des actes administratifs spécial n°163 du même jour, et accessible tant au juge qu'aux parties, le préfet de l'Hérault a accordé à Mme C B, directrice des étrangers et de la naturalisation, une délégation à l'effet de signer, pendant les permanences départementales, " toute décision ayant trait à une mesure d'éloignement concernant les étrangers séjournant irrégulièrement sur le territoire français et les décisions en matière de rétention administrative ou d'assignation à résidence des étrangers objets d'une telle mesure". Mme B, était donc habilitée à signer la décision d'assignation à résidence contestée. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de ces décisions manque en fait et doit être écarté.

16. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " En cas d'annulation de la décision de maintien en rétention, il est immédiatement mis fin à la rétention et l'autorité administrative compétente délivre à l'intéressé l'attestation mentionnée à l'article L. 521-7. Dans ce cas l'étranger peut être assigné à résidence en application de l'article L. 731-3. "

17. L'intéressé soutient qu'il a subi une détention arbitraire, dès lors qu'il a été retenu au-delà d'un délai de dix heures après sa libération par le juge des libertés et de la détention, afin de permettre la notification de l'assignation à résidence attaquée ce qui a entaché d'irrégularité la notification de la décision l'assignant à résidence. Toutefois, cette circonstance, qui est relative aux conditions de notification d'un acte, à la supposer établie, est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.

18. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ".

19. Le requérant en se plaignant de ce que la décision méconnaît les dispositions de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales relatives au respect des droits de la défense, à la liberté d'aller et venir, en décidant de le priver de liberté, M. E n'assortit pas son moyen de précision suffisante permettant d'en apprécier le bien-fondé.

20. En quatrième lieu, si le requérant fait valoir à l'audience qu'il ne présente aucune menace à l'ordre public, il ne ressort toutefois pas des termes de la décision attaquée que l'autorité préfectorale aurait fondé sa décision sur un tel motif. Les moyens tirés de l'erreur de fait et d'appréciation commises par le préfet de l'Hérault seront écartés.

21 En cinquième et dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision attaquée, qui est fondée sur le 1° de l'article L.731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile aurait eu pour motif déterminant la rétention du passeport de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré du détournement de pouvoir doit être écarté.

22. Il résulte de tout ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés du préfet de l'Hérault du 23 novembre 2023 et 25 novembre 2023.

Sur les conclusions à fin d'injonction:

23. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

24. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Me Toumi la somme réclamée en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DECIDE :

Article 1er : M. E est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F E, au préfet de l'Hérault et à Me Toumi.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 novembre 2023.

La magistrate désignée,

A. Bayada Le greffier,

D. Martinier

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 30 novembre 2023

Le greffier,

D. Martinier

N°2306784

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