mercredi 29 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2306854 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SAMANTHA CARNEIRO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 novembre 2023, M. C D et Mme A F, représentants légaux de leur enfant mineur B G, représentés par Me Carneiro, demandent au juge des référés :
1°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Montpellier d'accueillir sans délai leur fils mineur dans une classe ordinaire ou une unité localisée pour l'inclusion scolaire (ULIS) de l'école d'Alembert 2 à Perpignan, a minima quatre demi-journées, soit 12 heures par semaine ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 740 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le 1er juin 2023, la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapés (CDAPH) de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) du Nord a attribué à B une orientation vers l'enseignement ordinaire en classe ordinaire valable du 1er juin 2023 au 31 août 2025, accompagnée de mesures mentionnées dans le projet personnalisé de scolarisation avec une aide humaine individuelle sur 100 % du temps de scolarisation ; l'enfant a été inscrit en classe de cours élémentaire 2 à l'école d'Alembert 2 à Perpignan ; le 5 septembre 2023, l'équipe de suivi de scolarisation décidait de mettre B en classe de cours préparatoire et de l'accueillir uniquement sur des demi-journées et, le 25 septembre 2023, a prononcé son exclusion pour deux semaines en raison de son comportement inadapté, dans l'attente de la décision du recteur de l'académie pour une place dans le dispositif ULIS ; il a ensuite été admis en classe de cours élémentaire 2 pour seulement une heure vingt par jour et, à compter du 6 novembre 2023, qu'à raison d'une heure par jour ;
- la carence de l'Etat de se conformer à la décision de la CDAPH porte une atteinte grave et illégale à l'exigence constitutionnelle d'égal accès à l'instruction et au droit de l'enfant handicapé de recevoir une scolarisation adaptée à son état de santé et conforme au projet personnalisé de scolarisation.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 novembre 2023, la rectrice de l'académie de Montpellier conclut au rejet de la requête en faisant valoir que tout a été mis en œuvre par l'équipe de suivi de la scolarisation de B pour définir les modalités les mieux adaptées à son handicap dans l'attente de la décision de la MDPH des Pyrénées-Orientales, saisie par les requérants le 20 octobre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution du 4 octobre 1958 ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Encontre, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Encontre, juge des référés,
- et les observations de M. E, représentant la rectrice de l'académie de Montpellier,
Les requérants n'étant ni présents ni représentés à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".
2. L'égal accès à l'instruction est garanti par le treizième alinéa du préambule de la Constitution de 1946, auquel se réfère celui de la Constitution de 1958. Ce droit est rappelé à l'article L.111-1 du code de l'éducation aux termes duquel " () Le droit à l'éducation est garanti à chacun afin de lui permettre de développer sa personnalité, d'élever son niveau de formation initiale et continue, de s'insérer dans la vie sociale et professionnelle, d'exercer sa citoyenneté. () ". Aux termes de l'article L. 111-2 du même code : " Tout enfant a droit à une formation scolaire qui, complétant l'action de sa famille, concourt à son éducation. () Pour favoriser l'égalité des chances, des dispositions appropriées rendent possible l'accès de chacun, en fonction de ses aptitudes et de ses besoins particuliers, aux différents types ou niveaux de la formation scolaire. () ". Aux termes de l'article L. 112-1 de ce code : " Pour satisfaire aux obligations qui lui incombent en application des articles L. 111-1 et L. 111-2, le service public de l'éducation assure une formation scolaire, professionnelle ou supérieure aux enfants, aux adolescents et aux adultes présentant un handicap ou un trouble de la santé invalidant. Dans ses domaines de compétence, l'Etat met en place les moyens financiers et humains nécessaires à la scolarisation en milieu ordinaire des enfants, adolescents ou adultes en situation de handicap. () ".
3. L'exigence constitutionnelle d'égal accès à l'instruction est mise en œuvre par les dispositions de l'article L. 131-1 du code de l'éducation selon lesquelles l'instruction est obligatoire pour chaque enfant dès l'âge de trois ans. Dès lors, la privation pour un enfant, notamment s'il souffre d'un handicap, de toute possibilité de bénéficier d'une scolarisation ou d'une formation scolaire adaptée, selon les modalités que le législateur a définies afin d'assurer le respect de l'exigence constitutionnelle d'égal accès à l'instruction, est susceptible de constituer une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, pouvant justifier l'intervention du juge des référés sur le fondement de ce texte, sous réserve qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures. En outre, le caractère grave et manifestement illégal d'une telle atteinte s'apprécie en tenant compte, d'une part de l'âge de l'enfant, d'autre part des diligences accomplies par l'autorité administrative compétente, au regard des moyens dont elle dispose.
4. En l'espèce, par décision du 6 juin 2023, la MDPH du département du Nord a reconnu à l'enfant B G, né le 11 août 2015, un taux d'incapacité supérieur ou égal à 50 % et inférieur à 80 %, a fait droit au changement d'orientation souhaité par ses parents en le retirant de l'IME du Ban vert à Dunkerque où il était inscrit pour le scolariser dans le milieu ordinaire du 1er juin 2023 au 31 août 2025, en lui attribuant l'aide humaine individuelle aux élèves handicapés pour la même période. A la rentrée 2023, B a été scolarisé en classe de CE2 à l'école élémentaire D'Alembert 2 de Perpignan et, le 20 octobre 2023, ses parents ont déposé auprès de la MDPH des Pyrénées-Orientales une demande relative, notamment, à l'octroi de l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé (AAEH) et son complément et à la définition d'un parcours personnalisé de scolarisation (PPS) avec ou sans accompagnement par un établissement ou service médico-social, qui en cours d'instruction.
5. Il résulte de l'instruction et des précisions apportées à l'audience par le représentant de la rectrice de l'académie de Montpellier que l'orientation de B vers une scolarisation en milieu ordinaire, souhaitée par ses parents, n'est manifestement pas adaptée à l'enfant, et ce malgré l'assistance constante d'une aide humaine à ses côtés, compte tenu de ses troubles de comportement, qui se manifestent notamment par des actes impulsifs et agressifs à l'égard de son entourage au sein de l'établissement scolaire et inadaptés en classe, de son retard d'acquisition par rapport à son âge et de ses difficultés à se concentrer durablement sur les activités éducatives qui lui sont proposées. Il résulte des pièces produites au dossier que l'équipe de suivi de la scolarisation de l'enfant s'est mobilisée, dès la rentrée 2023, afin de rechercher, en accord avec ses parents, les modalités de scolarisation les mieux adaptées au handicap de l'enfant, dans l'attente de la décision de la MDPH des Pyrénées-Orientales à laquelle sont transmises les observations reportées dans le guide d'évaluation des besoins de compensation en matière de scolarisation (GEVASCO) par l'enseignant référent de l'équipe de suivi de la scolarisation de B qui s'est réunie le 5 septembre 2023 puis le 13 novembre 2023. Il résulte de l'instruction qu'à cette dernière date, les besoins de B ont été réévalués et que, compte tenu des troubles sévères de son comportement et de ses compétences et possibilités cognitives, tels que relevés par l'équipe pédagogique, qui ne permettent pas son maintien dans un environnement scolaire au-delà d'une heure malgré l'assistance constante d'accompagnants des élèves en situation de handicap, il a été convenu avec Mme F d'un emploi du temps limité à 4 heures hebdomadaires, dans l'attente de la décision de la MDPH des Pyrénées-Orientales.
6. Ainsi que le fait valoir la rectrice de l'académie de Montpellier en défense, il ne peut être fait droit à la demande de M. D et Mme F tendant à ce que leur fils soit admis en ULIS dès lors qu'une telle orientation n'a pas été décidée par la MDPH. Par ailleurs, si les requérants contestent la limitation de la durée hebdomadaire de scolarisation de leur fils à quatre demi-journées d'une heure par semaine à l'école élémentaire D'Alembert 2, ils ne produisent aucun élément de nature à démontrer que leur enfant pourrait se maintenir, ainsi qu'ils le souhaitent, 12 heures hebdomadaires dans l'établissement scolaire où il est inscrit sans risque, compte tenu de son comportement inadapté, pour sa propre sécurité, celle des enfants scolarisés dans cette école et celle du personnel qui y travaille, le temps pour la MDPH des Pyrénées-Orientales de se prononcer sur la situation de scolarisation de B dont elle a été saisie le 20 octobre 2023, au regard des éléments portés à sa connaissance depuis l'inscription de l'enfant à l'école élémentaire D'Alembert 2 en milieu scolaire ordinaire à la rentrée 2023.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la carence de l'Etat à assurer l'exigence constitutionnelle d'égal accès à l'instruction de l'enfant B et, par suite, l'existence d'une atteinte grave et manifestement illégale qui serait portée à ce droit en limitant sa durée de présence dans l'établissement scolaire où il est inscrit en milieu ordinaire n'est, au regard des faits de l'espèce, pas démontrée. Il y a lieu, par suite, de rejeter la présente requête présentée sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C D et Mme A F et à la rectrice de l'académie de Montpellier.
Fait à Montpellier, le 30 novembre 2023.
La juge des référés,
S. ENCONTRE
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 30 novembre 2023
Le greffier,
D. MARTINIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026