jeudi 7 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2306885 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | PROCEDURES 96 H H / 48 H |
| Avocat requérant | RUFFEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 novembre 2023, Mme A C B, représentée par Me Ruffel, demande au tribunal :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté en date du 13 novembre 2023, par lequel le préfet de la Haute-Garonne a décidé de son transfert aux autorités portugaises responsables de l'examen de sa demande d'asile ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- les mentions de la décision contestée révèlent un défaut d'examen réel et complet de sa situation et une insuffisance de motivation ;
- les pièces du dossier ne permettent pas de s'assurer qu'un entretien a été mené par un agent spécifiquement qualifié en vertu du droit national, dans le respect des obligations fixées par l'article 5 du règlement (UE) n°604/2013 en l'absence de toute possibilité de contrôler l'identité et la compétence de l'agent ayant mené l'entretien individuel ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation au regard des articles 9, 16 et 17 du règlement (UE) n°604/2013 dans la mesure où ses parents ainsi que ses trois frères résident en France alors qu'elle ne dispose d'aucune attache au Portugal ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 décembre 2023, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) n°604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Charvin, vice-président, pour statuer en tant que juge désigné en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Charvin,
- et les observations de Me Barbaroux, représentant Mme B, qui reprend ses écritures par les mêmes moyens.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, née le 7 novembre 1997, de nationalité angolaise, est entrée en France le 4 mars 2023 et s'est présentée à la préfecture de l'Hérault le 19 juin 2023 pour déposer une demande d'asile. Par arrêté du 13 novembre 2023, le préfet de la Haute-Garonne a décidé de remettre Mme B aux autorités portugaises responsables de l'examen de sa demande d'asile. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. En raison de l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la présente requête, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, l'arrêté contesté fait référence aux dispositions du b) de l'article 18.1 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 dont il est fait application et mentionne que le relevé des empreintes décadactylaires de Mme B réalisé le 19 juin 2023 lors de l'enregistrement de son dossier de demande d'asile a révélé qu'un visa lui avait été délivré par les autorités portugaises le 14 février 2023, que celles-ci pouvaient dès lors s'avérer responsables de l'examen de cette demande et que, saisies le 6 juillet 2023 d'une demande de reprise en charge, un accord de leur part est intervenu le 5 septembre 2023. Le préfet n'était pas tenu d'énoncer l'ensemble des éléments relatifs à la situation personnelle de l'étranger. Ces indications étaient suffisantes pour permettre à la requérante de comprendre et de contester la décision de transfert. Le moyen tiré de son insuffisante motivation doit, dès lors, être écarté.
5. En deuxième lieu, contrairement à ce qui est soutenu, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté contesté, ni des autres pièces du dossier, que le préfet, qui ne s'est pas estimé lié par l'existence d'un accord de la part des autorités portugaises, n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation de la requérante.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. () 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. () ".
7. Aucune disposition législative ou réglementaire n'impose à l'autorité administrative de mentionner l'identité et la qualité de l'agent ayant mené l'entretien prévu par les dispositions précitées de l'article 5 précité du règlement UE. La circonstance qu'il soit un agent de la préfecture lui donne la qualification nécessaire pour retranscrire par écrit les réponses faites par le demandeur de la protection internationale. Le moyen soulevé sur ce point par la requérante doit, par suite, être écarté.
8. En dernier lieu, aux termes de l'article 17 du même règlement : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement ". La faculté laissée à chaque Etat membre, par l'article 17 du règlement n° 604/2013, de faire droit à une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.
9. La requérante fait valoir que ses parents ainsi que ses trois frères résident en France alors qu'elle ne dispose d'aucune attache au Portugal. Toutefois, la circonstance que plusieurs membres de sa famille résident régulièrement en France n'est pas, par elle-même, de nature à démontrer que le préfet de Haute-Garonne aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en ne faisant pas application de la clause discrétionnaire prévue par les dispositions précitées du paragraphe 1 de l'article 17 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013.
10. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 13 novembre 2023 par lequel le préfet de Haute-Garonne a décidé de son transfert aux autorités portugaises responsables de l'examen de sa demande d'asile. Par voie de conséquence les conclusions aux fins d'injonction qu'elle présente doivent également être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, la somme que demande Mme B au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
DECIDE :
Article 1er : Mme B est admise à titre provisoire à l'aide juridictionnelle totale.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C B, au préfet de la Haute-Garonne et à Me Ruffel.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 décembre 2023.
Le magistrat désigné,
J. CharvinLe greffier,
D. Martinier
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 7 décembre 2023.
Le greffier,
D. Martinier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026