lundi 4 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2306980 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | PROCEDURES 96 H H / 48 H |
| Avocat requérant | SCP VIAL-PECH DE LACLAUSE-ESCALE-KNOEPFFLER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées les 2 et 4 décembre 2023, M. D E, représenté par Me Chninif, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 30 novembre 2023 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales lui fait obligation de quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;
3°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Orientales de réexaminer sa situation et de le munir, dans l'attente, d'une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L.761 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :
- il est entaché d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- il est insuffisamment motivé.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
- elle est entachée d'erreurs de faits ;
- le préfet a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle a été prise en violation de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation ;
- il remplit les conditions d'une admission exceptionnelle au séjour en application de l'article 6-5) de l'accord franco-algérien et du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- il justifie de garanties de représentation.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale par voie d'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;
- elle porte une atteinte disproportionnée aux intérêts des membres de sa famille;
- elle est entachée d'un défaut de motivation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 décembre 2023, le préfet des Pyrénées-Orientales, représenté par Me Joubes, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1500 euros soit mise à la charge de M. E au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;
-la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Viallet, conseillère, dans les fonctions de magistrate chargée du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Viallet, magistrate désignée ;
- les observations de Me Chninif, représentant M. E, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et ajoute que M. E assure depuis plus d'un an l'entretien de la fille de sa compagne, de nationalité française, qu'il a reconnue ;
- les observations de Me Danet, représentant le préfet des Pyrénées-Orientales ;
- et les observations de M. E, assisté de M. B, interprète en langue arabe.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience en application de l'article R.776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. E, ressortissant algérien né le 13 février 1994 déclare être entré irrégulièrement en France en 2018. Il a fait l'objet d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai prononcé par le préfet de l'Essonne le 24 août 2019 auquel il n'a pas déféré. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 25 février 2021. Il s'est soustrait à un deuxième arrêté préfectoral du 4 mai 2022 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours assorti d'une interdiction de retour sur le territoire pour une durée de deux ans. Par sa requête, il demande l'annulation de l'arrêté du 30 novembre 2023 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. E au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :
4. En premier lieu, par un arrêté du 6 novembre 2023 publié le même jour au recueil spécial des actes administratifs de la préfecture, le préfet des Pyrénées-Orientales a donné délégation à Mme C A, adjointe au chef du bureau de la migration et de l'intégration, chef de la section asile-éloignement-contentieux, à l'effet de signer les décisions en litige, en vertu de son article 3. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
5. En second lieu, l'arrêté attaqué, non stéréotypé, vise les textes dont il fait application, et indique sur cinq pages les motifs précis pour lesquels le préfet des Pyrénées-Orientales a pris à son encontre les décisions en litige. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
6. En premier lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien susvisé : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention "vie privée et familiale" est délivré de plein droit : () 4. Au ressortissant algérien ascendant direct d'un enfant français mineur résident en France, à la condition qu'il exerce même partiellement l'autorité parentale à l'égard de cet enfant ou qu'il subvienne effectivement à ses besoins. Lorsque la qualité d'ascendant direct d'un enfant français résulte d'une reconnaissance de l'enfant postérieure à la naissance, le certificat de résidence d'un an n'est délivré au ressortissant algérien que s'il subvient à ses besoins depuis sa naissance ou depuis au moins un an ".
7. M. E, qui a déclaré lors de son audition du 30 novembre 2022 être célibataire et sans enfant à charge, a déclaré lors de son audition du 30 novembre 2023 être célibataire et avoir à charge une enfant de neuf ans. S'il fait valoir qu'il a reconnu le 24 mars 2021 la fille de sa compagne de nationalité française, dont il n'est pas le père, postérieurement à sa naissance le 15 avril 2014, cette mention figurant sur l'acte de naissance qu'il produit, il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que " l'intéressé a établi une fausse reconnaissance de paternité ". En tout état de cause, la seule production de photographies au demeurant non datées, d'une attestation de la mère du 1er décembre 2023 indiquant qu'il contribue et aide financièrement à l'éducation de sa fille et une attestation de l'enseignante de l'enfant du 2 décembre 2023 dont le caractère probant n'est pas établi et selon laquelle il est investi dans sa scolarité, ne permettent pas de rapporter pas la preuve de ce qu'il subviendrait aux besoins de l'enfant depuis au moins un an, en application des stipulations précitées. De surcroît, les stipulations précitées de l'article 6. 4) de l'accord franco-algérien susvisé ne privent pas l'autorité compétente du pouvoir qui lui appartient de refuser à un ressortissant algérien la délivrance du certificat de résidence d'un an lorsque sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé a été interpellé le 29 novembre 2023 pour des faits de " conduite sous stupéfiants sans permis ", et qu'il est inscrit au fichier automatisé des empreintes digitales pour des faits de " fourniture d'identité imaginaire pouvant provoquer des mentions erronées au casier judiciaire et conduite sans permis " signalés le 18 octobre 2023, de " violence aggravée par deux circonstances suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours " signalés le 6 septembre 2022, de " conduite d'un véhicule sans permis et usage illicite de stupéfiants " signalés le 24 août 2019 et de " détention non autorisée de stupéfiants " signalés le 3 août 2022. Dans ces conditions, le préfet a pu valablement considérer que son comportement constituait une menace pour l'ordre public, laquelle s'opposerait ainsi, en tout état de cause, à la délivrance d'un titre de séjour de plein droit susceptible de faire obstacle à l'éloignement de M. E. Par suite, le moyen doit être écarté.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit () 5. Au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° - Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
9. Le requérant ne saurait sérieusement se prévaloir de l'ancienneté de son séjour en France dès lors qu'il ressort des pièces du dossier qu'il y est entré irrégulièrement en 2018 selon ses déclarations, et s'y maintient depuis en dépit de deux mesures d'éloignement prononcées les 24 août 2019 et 4 mai 2022 et d'une décision lui refusant l'asile du 25 février 2021. En outre, le requérant, qui ne fait valoir aucun élément d'intégration en France, n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de 24 ans et où résident ses parents, ses quatre sœurs et son frère. M. E se prévaut également de la présence en France de sa compagne de nationalité française avec laquelle il vivrait maritalement depuis 2020, et de la fille de cette dernière, née le 15 avril 2014 qu'il a reconnue le 24 mars 2021 et dont il déclare avoir la charge. Toutefois, il ressort des pièces du dossier et ainsi que le fait valoir le préfet dans son arrêté sans être contesté que le procureur de la République a formé opposition à mariage le 28 septembre 2021, une enquête judiciaire des services de la DIDPAF ayant conclu à l'absence de communauté de vie et à l'établissement d'une fausse reconnaissance de paternité. En tout état de cause, leur relation demeure récente et la seule production d'une attestation EDF du 29 novembre 2023 pour un contrat dans un logement conjoint ne suffit pas à démontrer l'ancienneté de leur vie commune. De plus, il ressort de ce qui a été dit au point 7 que M. E n'établit pas subvenir aux besoins de l'enfant qu'il a reconnu et que l'intéressé est défavorablement connu des services de police. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français a porté au droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Ainsi, le préfet des Pyrénées-Orientales n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni en tout état de cause celles du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 susvisé. Il n'a pas davantage commis d'erreurs de fait dans l'exposé des motifs de l'arrêté attaqué.
10. En troisième lieu, aux termes du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait () des tribunaux, des autorités administratives () l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions qui les concernent.
11. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 7 et 9, le moyen tiré de la méconnaissance du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
12. En quatrième lieu, à supposer que le requérant entende se prévaloir de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, cet article n'est pas applicable aux ressortissants algériens. En tout état de cause, compte tenu de ce qui a été dit au point 9, en ne faisant usage de son pouvoir de régularisation, notamment pour des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels, le préfet n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
13. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 9, le moyen tiré de ce que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de la situation personnelle de l'intéressé doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
14. Aux termes de l'article L.612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " Aux termes de l'article L.612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants :1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. "
15. Si M. E fait valoir qu'il justifie de garanties de représentations suffisantes, cette circonstance, à la supposer établie, est sans incidence sur la légalité de la décision contestée, dès lors qu'elle est également fondée sur les dispositions précitées du 1° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et sur les dispositions des 1° et 5° de l'article L.612-3 du même code. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
16. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir, par voie d'exception, que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français serait illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français. L'exception d'illégalité soulevée doit, en conséquence, être écartée.
17. En deuxième lieu, aux termes de l'article L.612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. " Aux termes de l'article L. 612-10 du même code: " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ". Aux termes de l'article L. 613-2 de ce code : " () les décisions d'interdiction de retour () sont motivées. ". Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux.
18. En l'espèce, la décision attaquée vise l'article L.612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité ainsi que les faits qui en constituent le fondement. Le préfet a ainsi tenu compte du fait que l'intéressé, entré en France en 2018, s'y maintient irrégulièrement en dépit de plusieurs mesures d'éloignement, sans pouvoir justifier de liens personnels et familiaux anciens intenses et stables sur le territoire, son comportement constituant par ailleurs une menace pour l'ordre public. Cette motivation permet d'attester de la prise en compte de l'ensemble des critères prévus par la loi. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision portant interdiction de retour doit être écarté.
19. En troisième lieu, et pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 9, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire d'une durée de deux porte une atteinte disproportionnée aux intérêts des membres de sa famille et le moyen doit par suite être écarté.
20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation de l'arrêté du 30 novembre 2023 doivent être rejetées.
Sur l'injonction :
21. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, une somme quelconque au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par le préfet des Pyrénées-Orientales sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : M. D E est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Les conclusions présentées par le préfet des Pyrénées-Orientales au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D E, au préfet des Pyrénées-Orientales et à Me Chninif.
Lu en audience publique le 4 décembre 2023.
La magistrate désignée,
ML. Viallet
Le greffier
D. Martinier
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 6 décembre 2023
Le greffier
D. Martinier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026