vendredi 19 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2400256 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | PROCEDURES 96 H H / 48 H |
| Avocat requérant | RAHAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 janvier 2024, M. A C, représenté par Me Rahal, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales du 14 janvier 2024 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai et fixant une interdiction de retour d'une durée d'un an.
Il soutient que :
- l'arrêté est entachée d'incompétence ;
La décision portant obligation de quitter le territoire :
- méconnaît le 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) dès lors que la menace à l'ordre public n'est pas établie ;
La décision refusant un délai de départ volontaire :
- méconnaît les articles L. 612-2 et L. 612-3 du CESEDA dès lors que la menace à l'ordre public n'est pas établie ;
La décision portant interdiction de retour d'une durée d'un an :
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que la menace à l'ordre public n'est pas établie et qu'il n'a pas fait de mesure d'éloignement auparavant.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 janvier 2024, le préfet des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Lauranson, premier conseiller, pour statuer sur les procédures d'éloignement.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lauranson ;
- les observations de Me Rahal pour M. C, présent à l'audience, assisté de M. B interprète, qui reprend ses écritures.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, né le 12 avril 1997 à Haryana, de nationalité indienne, a été interpellé sur le territoire français par les services de la police aux frontières des Pyrénées-Orientales le 14 janvier 2024. Il demande au tribunal d'annuler l'arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales du 14 janvier 2024 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai et fixant une interdiction de retour d'une durée d'un an.
Sur l'aide juridictionnelle :
2. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre provisoirement M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. L'arrêté attaqué est signé, pour le préfet des Pyrénées-Orientales, par M. Yohann Marcon. Par un arrêté du 18 décembre 2023, régulièrement publié le 19 décembre 2023 au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture, le préfet des Pyrénées-Orientales a donné délégation à M. Yohann Marcon, secrétaire général de la préfecture des Pyrénées-Orientales, aux fins de signer notamment les décisions contenues dans l'arrêté contesté. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour manque en fait et doit être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
4. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () ".
5. Il est constant que la décision contestée a été prise à la fois sur le fondement du 5° de l'article L. 611-1 et sur le 1° précité. Le préfet des Pyrénées-Orientales pouvait fonder l'obligation de quitter le territoire sur le 1° de l'article L. 611-1 du CESEDA, faute pour l'intéressé de justifier être entré régulièrement en France. Si, comme le fait valoir le requérant, le préfet ne pouvait pas faire application du 5° de l'article L. 611-1 du même code, faute pour son comportement de constituer une menace pour l'ordre public, il ressort des pièces du dossier que le préfet aurait pris la même décision s'il s'était fondé uniquement sur les dispositions précitées du 1° de l'article L. 611-1 du CESEDA. Dès lors, les moyens d'erreur de droit et d'erreur de fait invoqués par M. C doivent être écartés.
En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :
6. M. C soutient que la décision contestée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en refusant de lui octroyer un délai de départ volontaire. Toutefois, outre que le préfet n'a pas fondé sa décision sur la menace à l'ordre public prévue au 1° de l'article L. 612-2 du CESEDA mais sur le 3° qui correspond au risque que l'étranger se soustraie à la décision, M. C ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour et entrait ainsi dans les 1° et 8° de l'article L. 612-3 du CESEDA comme l'a régulièrement retenu le préfet dans sa décision permettant de regarder comme établi le risque de soustraction à la mesure d'éloignement. Le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision par laquelle le préfet des Pyrénées-Orientales a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne l'interdiction de retour :
7. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. ". L'article L. 612-10 du même code prévoit que : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".
8. La décision mentionne l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle atteste de la prise en compte par le préfet, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, notamment la durée de son séjour en France, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France ainsi que les raisons pour lesquelles il a estimé que la présence de l'intéressé sur le territoire français devait être regardée comme présentant une menace pour l'ordre public. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'interdiction de retour sur le territoire français doit être écarté.
9. Si le motif de la menace pour l'ordre public que représente la présence de M. C sur le territoire français n'est pas établit par le préfet des Pyrénées-Orientales, celui-ci aurait pris la même décision s'il ne s'était fondé que sur les autres conditions tenant à la durée de présence de M. C sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France. En effet, M. C est arrivé très récemment en France, n'y a aucune famille ni lien personnel. Il y a donc lieu d'écarter le moyen tiré de l'erreur d'appréciation des conséquences de la décision contestée sur la situation personnelle de M. C.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté contesté doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. C est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Rahal et au préfet des Pyrénées-Orientales.
Le magistrat désigné,La greffière,
M. D
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 19 Janvier 2023.
La greffière,
C. TOUZET
2400256
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026