lundi 12 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2400287 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP COULOMBIE, GRAS, CRETIN, BECQUEVORT, ROSIER, SOLAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 janvier 2024, M. L I, Mme M J, M. A E, Mme O E, M. B F, Mme Q H et M. D K, représentés par Me Duhil de Bénazé, demandent au juge des référés :
1°) de suspendre l'arrêté n°PC3400323K0093 délivré le 16 novembre 2023 par lequel le Maire de la commune d'Agde a délivré à Monsieur G un permis de construire une maison individuelle sur la parcelle cadastrée section KN n° 182 ;
2°) de condamner la commune d'Agde au paiement de la somme de 3 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
Sur l'urgence :
- l'urgence est présumée en application de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme ;
- l'urgence est satisfaite ; une action au fond ne permettrait pas de sauvegarder les intérêts des requérants au regard des illégalités dont est entachée la décision tenant aux délais d'instruction durant lesquels les travaux pourront être réalisés, et la construction avancée, voire achevée ;
- la suspension de l'autorisation doit intervenir de manière urgente dans la mesure notamment où la construction sur la parcelle cadastrée section KN numéro 181 en méconnaissance des règles d'implantation par rapport aux voies et emprises publiques ne pourra pas être remédiée à l'achèvement des travaux ;
Sur le doute sérieux sur la légalité :
Sur l'illégalité externe de l'arrêté :
- la décision a été prise par une autorité incompétente ;
- le dossier de permis de construire est incomplet ; aucune des pièces du dossier ne permet d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement proche et lointain ; les modalités de traitement de la bande de terre détachée de la parcelle pour élargir le domaine public et desservir la parcelle cadastrée section KN numéro 181 ne sont pas précisées ;
- le dossier de permis de construire est incohérent ; la parcelle de M. G sera diminuée sur une largeur approximative de 2 mètres et une longueur de 30 mètres ;
Sur l'illégalité interne de l'arrêté :
- le projet méconnaît les dispositions de l'article UD6 du règlement du plan local d'urbanisme ; la parcelle de M. G ayant vocation à être réduite ; la distance de la construction par rapport à la limite sur l'impasse sera inférieure à 2,5 mètres ;
- le projet méconnaît les dispositions de l'article UD9 du règlement du plan local d'urbanisme du fait de l'alignement de la parcelle et donc de la réduction de la parcelle de près de 60 m² ;
- le projet méconnaît les dispositions de l'article UD11 du règlement du plan local d'urbanisme ; l'environnement proche et lointain du projet n'est pas constitué de constructions à l'architecture moderne ;
- le permis de construire a été obtenu frauduleusement ; le dossier ne fait pas ressortir les éléments réels concernant l'élargissement de la voie ; la voie élargie est présentée commune une servitude de passage alors qu'il s'agit d'une voie publique.
Par un mémoire en défense enregistré le 05 février 2024, la commune d'Agde, représentée par la SCP CGCB et Associés, conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire au rejet de la requête, et dans tous les cas à la condamnation des requérants à lui verser la somme de 2 000 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
La commune soutient que :
A titre principal, à l'irrecevabilité du recours :
- bien qu'ils bénéficient d'une présomption d'intérêt à agir, les requérants, voisins immédiats, n'apportent aucune preuve que le projet engendrera un trouble dans l'occupation, l'utilisation ou la jouissance de leurs biens.
- A titre subsidiaire :
- Sur la condition d'urgence :
- l'urgence étant présumée satisfaite en matière d'autorisation d'urbanisme en application de l'article L.600-3 du code de l'urbanisme, la commune d'Agde s'en remet au cas d'espèce à l'appréciation du juge des référés quant à la situation d'urgence invoquée par les requérants ;
- Sur l'absence de doute sérieux de légalité :
Sur la légalité externe :
- Monsieur C a bien reçu délégation de fonction et de signature du Maire de la commune d'Agde en matière d'urbanisme ;
- les pièces composant le dossier de demande de permis de construire permettent de vérifier l'environnement proche du projet tel que cela ressort de la notice explicative, du plan de masse, du document graphique ;
- les pièces du dossier de demande de permis de construire ont permis au service instructeur d'apprécier l'environnement lointain du projet ;
- la notice explicative prévoit l'élargissement de l'impasse de l'œillade par la création d'une servitude de passage, identifiable sur le plan de masse ;
- le dossier de permis de construire a permis au service instructeur d'apprécier la création de cette servitude de passage, de sorte que le dossier ne présente aucune incohérence ;
Sur la légalité interne :
- il ressort du dossier de demande de permis de construire litigieux la création d'une servitude de passage sur la parcelle KN n°182 pour permettre l'accès à la parcelle KN n°181 ; la rédaction extrêmement claire et sans aucune ambiguïté de l'article UD6 du règlement du plan local d'urbanisme permet de s'assurer que le futur accès ne peut être pris en compte dans l'application des règles de prospect ; dès lors, en prévoyant une implantation de la construction à 5,05 mètres par rapport à la voie publique existante qu'est l'impasse de l'œillade, le projet respecte bien les dispositions de l'article UD6 du règlement du plan d'urbanisme ;
- le pétitionnaire reste propriétaire de l'intégralité du terrain d'assiette du projet ; c'est la totalité de la superficie de la parcelle qui doit être prise en compte dans le calcul du coefficient d'emprise au sol, notamment les parties d'une parcelle grevées d'une servitude ;
- le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UD11 du règlement du plan local d'urbanisme manque en fait ;
- la commune n'a pas à vérifier l'exactitude des déclarations du pétitionnaire dans le dossier de permis de construire ; il n'a jamais été question d'une incorporation du futur accès à la parcelle KN n°181 au domaine public de la commune ; la commune a donc pu légitimement se fonder sur les plans fournis pour délivrer le permis de construire litigieux, ces prétendues erreurs ou omissions ne résultant pas d'une intention frauduleuse de la part du pétitionnaire.
Par un mémoire enregistré le 5 février 2024 en cours d'audience et dont les autres parties ont pu prendre connaissance, M. G conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le permis de construire est conforme au droit de l'urbanisme ; le lotissement Saint Jean est aujourd'hui exclusivement soumis au PLU de la commune ;
- de nombreuses constructions récentes ont été réalisées dans un esprit plus contemporain ;
- il concède une servitude de passage et réalise un aménagement à sa charge afin d'améliorer les accès, à des fins de fluidité de circulation et de sécurité au bénéfice de l'ensemble des riverains de l'impasse de l'œillade ;
- le prospect de 5,05 mètres est réglementaire ;
- le coefficient d'emprise au sol est respecté.
Vu :
- la requête enregistrée le 17 janvier 2024 sous le n°2400288 par laquelle M. et Mme P et autres demandent l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Corneloup, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 7 février 2024 à 10 heures 30 :
- le rapport de Mme Corneloup, juge des référés ;
- les observations de Me Sorano, représentant les requérants, qui persiste dans les écritures par les mêmes moyens ; il précise que les incohérences du dossier de demande de permis de construire et la fraude viennent de l'incertitude relative à la servitude de passage et aux travaux y afférents ;
- les observations de Me Watrisse, représentant la commune d'Agde, qui persiste dans ses écritures par les mêmes moyens ; elle précise qu'il n'y a pas d'incertitude sur la servitude de passage ; la partie de parcelle sur laquelle apparaît la servitude de passage appartient toujours à M. G ; la commune n'a pas l'intention de récupérer cette portion de voie ;
- les observations de M. G qui persiste dans ses écritures par les mêmes moyens ; il précise qu'il a accordé une servitude de passage et réalisera les travaux afin de sécuriser davantage la circulation dans l'impasse de l'œillade ; que cela sera bénéfique pour l'ensemble des riverains ; qu'il habitera dans la nouvelle construction tandis que son fils sera dans la construction existante.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré a été produite par Me Duhil de Bénazé pour M. I, Mme J, M. E, Mme E, M. F, Mme H et M. K en date du 8 février 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Le 1er septembre 2023, M. G a déposé un dossier de demande de permis de construire pour la construction d'une maison individuelle sur la parcelle cadastrée section KN n°182 à Agde. Par arrêté n°PC3400323K0093 du 16 novembre 2023, un permis de construire lui a été accordé. Par la présente requête, M. I, Mme J, M. E, Mme E, M. F, Mme H et M. K demandent au tribunal de suspendre l'exécution dudit permis jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués et analysés ci-dessus n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense et sur l'urgence, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision attaquée doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune d'Agde, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de sommes au titre des frais exposés par M. I, Mme J, M. et Mme E, M. F, Mme H et M. K et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce de faire droit aux conclusions présentées par la commune d'Agde au titre des mêmes dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par M. I, Mme J, M. et Mme E, M. F, M. et Mme K est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune d'Agde sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. L I, Mme M J, M. A E, Mme O E, M. B F, Mme Q H et M. D K, la commune d'Adgde et M. G.
Fait à Montpellier, le 12 février 2024.
La juge des référés,
F. Corneloup
La greffière,
M. N
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 12 février 2024.
La greffière,
M. N
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026