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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2400707

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2400707

vendredi 9 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2400707
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantMESANS CONTI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 février 2024, M. A B, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) avant dire-droit, d'ordonner au préfet du Var de mettre à sa disposition son entier dossier ;

3°) d'annuler l'arrêté du 2 février 2024 par lequel le préfet du Var a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire sans délai à destination du pays dont il a la nationalité assortie d'une interdiction de circulation d'une durée de deux ans ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à son conseil, au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L.761-1 du code de justice administrative, sous réserve que ce conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat allouée au titre de l'aide juridictionnelle.

Par arrêté du 5 février 2024, le préfet du Var a placé M. B en rétention administrative à Perpignan.

Par ordonnance du 9 février 2024, reçue au greffe du tribunal le même jour, le magistrat délégué de la Cour d'appel de Montpellier a mis fin à la rétention administrative de M. B.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Teuly-Desportes, première conseillère, pour statuer notamment sur les recours relevant de la procédure aux articles L. 614-4 à L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Considérant ce qui suit :

1. En application des dispositions des articles R. 776-13-2 et R. 776-15 du code de justice administrative, le magistrat désigné par le président du tribunal peut, par ordonnance, transmettre sans délai le dossier à la juridiction qu'il estime compétente.

2. D'une part, conformément aux dispositions de l'article R. 312-8 du code de justice administrative, les litiges relatifs aux décisions individuelles prises à l'encontre de personnes par les autorités administratives dans l'exercice de leurs pouvoirs de police relèvent de la compétence du tribunal administratif du lieu de résidence des personnes faisant l'objet des décisions attaquées à la date de ces décisions.

3. D'autre part, il résulte des dispositions de la section 3 du titre I du livre VI de la partie législative du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, comportant les articles L. 614-7 à L. 614-13, que le législateur a entendu organiser une procédure spéciale afin que le juge administratif statue rapidement sur la légalité des mesures relatives à l'éloignement des étrangers, hors la décision refusant le séjour, lorsque ces derniers sont placés en rétention ou assignés à résidence. Lorsqu'il est mis fin, pour quelque raison que ce soit, à la rétention ou à l'assignation à résidence de l'étranger, le jugement de l'ensemble des conclusions dont l'étranger avait saisi le tribunal ne relève plus de la procédure prévue à la section 3 du titre I du livre VI. Dans un souci de bonne administration de la justice, compte tenu notamment de la brièveté du délai imparti par les dispositions de l'article L. 614-9 du code précité pour le jugement de la demande, le tribunal administratif régulièrement saisi, par application des dispositions de l'article R. 776-16 du code de justice administrative, pour statuer selon la procédure prévue à la section 3 du titre I du livre VI conserve compétence pour statuer sur le fondement de la section 2 de ce titre. Toutefois, le président de ce tribunal peut transmettre le dossier au tribunal dans le ressort duquel se trouve le lieu de résidence de l'étranger, notamment lorsque celui-ci dispose d'un domicile stable.

4. Par ordonnance du 9 février 2024, reçue au greffe du tribunal le même jour, le magistrat délégué de la Cour d'appel de Montpellier a mis fin à la rétention administrative de M. B. Il ressort des pièces du dossier, notamment de la procédure devant le juge judiciaire et des documents médicaux versés au dossier, que l'intéressé bénéficie de soins réguliers au sein du service psychiatrique du centre hospitalier de la Seyne-sur-Mer (Var) et y a fait l'objet d'une récente hospitalisation avec prise en charge intensive d'une durée de deux mois dans l'attente d'un logement thérapeutique mis à sa disposition à court terme par le service de santé. Dans ces conditions, il doit être regardé comme ayant, dans ce département, un domicile stable. Ainsi, sa requête relève de la compétence du tribunal administratif de Toulon. Il résulte de ce qui précède que l'ensemble des conclusions de la requête tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet du Var du 2 février 2024 doit être renvoyé à une formation de jugement du tribunal administratif de Toulon.

O R D O N N E :

Article 1er : Le dossier de la requête susvisée de M. B est renvoyé au tribunal administratif de Toulon.

.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à A B, au préfet du Var et à la présidente du tribunal administratif de Toulon.

.

Fait à Toulouse, le 9 février 2024.

La magistrate désignée,

D. Teuly-Desportes

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme :

La greffière,

C. Touzet

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