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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2401073

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2401073

lundi 23 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2401073
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantSCP VIAL-PECH DE LACLAUSE-ESCALE-KNOEPFFLER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I - Par requête n° 2302952, enregistrée le 22 mai 2023, M. B C, représenté par Me Sergent demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 26 avril 2023 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales l'a assigné à résidence pour une période de six mois du 27 avril 2023 au 26 octobre 2023 inclus dans le département des Pyrénées-Orientales avec interdiction de quitter le département sans autorisation et obligation de se présenter aux services de police aux frontières tous les mercredis à 14 heures avec ses deux enfants mineurs ;

2°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Orientales de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard et dans l'attente, dans les mêmes conditions d'astreinte, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de travail de six mois ; subsidiairement, de procéder dans les mêmes conditions d'astreinte au réexamen de sa situation et dans l'attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de travail de six mois ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 800 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'arrêté est entaché d'un vice d'incompétence de son signataire :

- il méconnait les dispositions de l'article L. 731-3 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'une erreur d'appréciation des conditions de son application ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- il méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conditions d'application à sa situation quant aux motifs exceptionnels et humanitaires.

La requête a été communiquée au préfet des Pyrénées-Orientales qui n'a pas produit de mémoire.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 juin 2023.

II - Par requête n° 2302953 enregistrée le 22 mai 2023, Mme A D représentée par Me Sergent, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 26 avril 2023 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales l'a assignée à résidence pour une période de six mois du 27 avril 2023 au 26 octobre 2023 inclus dans le département des Pyrénées-Orientales avec interdiction de quitter le département sans autorisation et obligation de se présenter aux services de police aux frontières tous les mercredis à 14 heures avec ses deux enfants mineurs ;

2°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Orientales de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard et dans l'attente, dans les même conditions d'astreinte, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de travail de six mois ; subsidiairement, de procéder dans les mêmes conditions d'astreinte au réexamen de sa situation et dans l'attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de travail de six mois ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 800 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Mme D soutient que :

- l'arrêté est entaché d'un vice d'incompétence de son signataire :

- il méconnait les dispositions du 1° de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'une erreur d'appréciation des conditions de son application ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- il méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation sur ses conditions d'application à sa situation quant aux motifs exceptionnels et humanitaires

La requête a été communiquée au préfet de Pyrénées-Orientales qui n'a pas produit de mémoire.

Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 juin 2023.

III - Par requête n° 2401073, enregistrée les 21 février 2024, M. B C, représenté par Me Sergent, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 26 octobre 2023 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales l'a assigné à résidence pour une période de six mois du 25 octobre 2023 au 25 avril 2024 inclus dans le département des Pyrénées-Orientales avec interdiction de quitter le département sans autorisation et obligation de se présenter aux services de police aux frontières tous les mercredis à 14 heures avec ses deux enfants mineurs ;

2°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Orientales de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard et dans l'attente, dans les même conditions d'astreinte, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de travail de six mois ; subsidiairement, de procéder dans les mêmes conditions d'astreinte au réexamen de sa situation et dans l'attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de travail de six mois

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 800 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

M. C soutient que :

- l'arrêté est entaché d'un vice d'incompétence de son signataire ;

- il méconnait les dispositions du 1° de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'une erreur d'appréciation des conditions de son application ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- il méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des 73étrangers et du droit d'asile et est entaché d'une erreur d'appréciation de ses conditions d'application à sa situation quant aux motifs exceptionnels et humanitaires

Par un mémoire en défense enregistré le 11 juillet 2024, le préfet des Pyrénées-Orientales, représenté par Me Joubes, conclut au rejet de la requête et à la condamnation du requérant à lui verser la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- il n'y a plus lieu de statuer sur la requête ;

- les moyens soulevés sont infondés.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 janvier 2024.

V - Par requête n° 2401072 enregistrée le 21 février 2024, Mme A D, représentée par Me Sergent, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 25 octobre 2023 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales l'a assignée à résidence pour une période de six mois du 26 avril 2023 au 25 avril 2024 inclus dans le département des Pyrénées-Orientales avec interdiction de quitter le département sans autorisation et obligation de se présenter aux services de police aux frontières tous les mercredis à 14 heures avec ses deux enfants mineurs ;

2°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Orientales de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard et dans l'attente, dans les même conditions d'astreinte, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de travail de six mois ; subsidiairement, de procéder dans les mêmes conditions d'astreinte au réexamen de sa situation et dans l'attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de travail de six mois.

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 800 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Mme D soutient que :

- l'arrêté est entaché d'un vice d'incompétence de son signataire :

- il méconnait les dispositions du 1° de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'une erreur d'appréciation des conditions de son application ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- il méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conditions d'application à sa situation quant aux motifs exceptionnels et humanitaires

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juillet 2024, le préfet des Pyrénées-Orientales, représenté par Me Joubes, conclut au rejet de la requête et à la condamnation du requérant à lui verser la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- il n'y a plus lieu de statuer sur la requête ;

- les moyens soulevés sont infondés.

Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 janvier 2024.

Par lettre adressée le 30 août 2024, les parties ont été informées de ce que le tribunal était susceptible de relever d'office le moyen tiré de la méconnaissance du champ d'application de la loi, les dispositions du 1° de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ayant été appliquées au-delà des limites de durée prévues par les dispositions de l'article L. 732-4 du même code.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Pater, rapporteur ;

- et les observations de Me Sergent, représentant M. C et Mme D, et celles de Me Diaz, représentant le préfet des Pyrénées-Orientales.

1. M. B C, né le 9 août 1984 à Erevan en Arménie (ex-URSS), ressortissant arménien, et Mme A D, née le 8 mars 1988 à Bakou en Azerbaïdjan (ex-URSS), sont entrés en France en 2013, accompagnés de leurs deux enfants nés à Moscou en 2009 et 2011. Leurs demandes d'asile ont été rejetées par décisions de l'office français de protection des réfugiés et apatrides confirmées par la Cour nationale du droit d'asile. M. C a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français par arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales du 26 juillet 2014. Mme D a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français par arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales du 16 février 2015 dont la validité a été confirmée par un jugement n° 1501808 du 23 juin 2015 du tribunal administratif de Montpellier. Les époux ont présenté le 29 octobre 2020 une demande d'admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de la " vie privée et familiale ", qui a été rejetée par arrêtés du préfet des Pyrénées-Orientales du 13 décembre 2021 portant également obligation de quitter sans délai le territoire français, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Leurs recours formés à l'encontre de ces arrêtés ont été rejetés par jugement du magistrat désigné du tribunal administratif de Montpellier du 2 février 2022 et jugement de la formation collégiale du tribunal du 13 mai 2022. Par arrêté préfectoral des Pyrénées-Orientales du 25 janvier 2022, les époux ont été assignés à résidence pour une période de 45 jours du 25 janvier au 11 mars 2022. Cette décision a été confirmée par jugement du 2 février 2022. Par arrêtés du 9 mars 2022, la mesure d'assignation à résidence a été renouvelée pour M. C et son épouse pour une durée de 45 jours, lesdites mesures ayant été confirmées par jugement n°2201225-2201226 du tribunal administratif de Montpellier du 18 mars 2022. Une assignation à résidence pour une durée de 6 mois a été prise par arrêtés du 20 avril 2022 qui n'a pas fait l'objet de recours contentieux. Par arrêtés du 26 octobre 2022 faisant l'objet des recours enregistrés au tribunal administratif de Montpellier 2300380 2300381, le préfet des Pyrénées-Orientales a assigné à résidence M. C et son épouse pour une nouvelle durée de 6 mois du 22 octobre 2022 au 26 avril 2023 inclus. Par les arrêtés du 26 avril 2023 attaqués par les présentes requêtes enregistrées sous les numéros 2302952 et 2302953, le préfet des Pyrénées-Orientales a décidé d'assigner à résidence M. C et son épouse pour une durée renouvelée de 6 mois du 27 avril 2023 au 26 octobre 2023. Par les arrêtés du 25 octobre 2023 attaqués par les présentes requêtes enregistrées sous les numéros 2401072 et 2401073, le préfet des Pyrénées-Orientales a décidé d'assigner à résidence M. C et son épouse pour une durée renouvelée de 6 mois du 26 octobre 2023 au 25 avril 2024. Par les requêtes 2302952, 2302953, 2401072 et 2401073, M. C et Mme D demandent au tribunal d'annuler les arrêtés des 26 avril 2023 et 25 octobre 2023 et formulent des conclusions injonctives.

Sur la jonction :

1. Les requêtes n° 2302952, 2302953, 2401072 et 2401073 présentées par M. C et Mme D concernent deux conjoints et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.

Sur l'exception de non-lieu à statuer :

2. Par les arrêtés attaqués du 25 octobre 2023, le préfet des Pyrénées-Orientales a assigné à résidence M. C et son épouse, Mme D pour une durée de six mois du 26 octobre 2023 au 25 avril 2024 et fixé les modalités de cette mesure. La circonstance que ces décisions aient produit tous leurs effets en cours d'instance n'est pas de nature à priver d'objet leurs recours. Il y a donc lieu d'y statuer et l'exception de non-lieu à statuer opposée par le préfet des Pyrénées-Orientales doit, dès lors, être écartée.

Sur les conclusions en annulation :

3. Il ressort des décisions attaquées, que les arrêtés ont été pris sur le fondement du 1° de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile aux termes duquel dans sa version applicable aux litiges aux termes duquel : " L'autorité administrative peut autoriser l'étranger qui justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne pouvoir ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, à se maintenir provisoirement sur le territoire en l'assignant à résidence jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, dans les cas suivants :

1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ". Aux termes de l'article L. 732-4 applicable au litige : " Lorsque l'assignation à résidence a été édictée en application des 1°, 2°, 3°, 4° ou 5° de l'article L. 731-3, elle ne peut excéder une durée de six mois. Elle peut être renouvelée une fois, dans la même limite de durée. Toutefois, dans les cas prévus aux 2° et 5° du même article, elle ne peut être renouvelée que tant que l'interdiction de retour ou l'interdiction de circulation sur le territoire français demeure exécutoire. ".

4. M. C et son épouse, Mme D ont fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire non assortie d'un délai de départ, édictée par arrêtés des 13 décembre 2021 devenus définitifs. Pour assigner par les arrêtés attaquée, M. C et son épouse, Mme D à résidence sur le fondement du 1° de l'article L 731-3 précité, le préfet des Pyrénées-Orientales s'est fondé sur la circonstance que les époux justifient être dans l'impossibilité de quitter le territoire national en raison de leur origines différentes, de l'état de guerre entre leurs deux pays, des dangers encourus par les enfants en cas de retour en Arménie ou en Azerbaïdjan et que le fait Mme D soit démunie de titre d'identité et de voyage mais qu'il demeure une perspective raisonnable d'éloignement.

5. Il est constant qu'à la date des arrêtés attaqués, M. C et son épouse, Mme D, avaient déjà fait l'objet, par arrêtés du 20 avril 2022, d'une mesure d'assignation à résidence de six mois qui avait été renouvelée pour une durée identique par arrêtés du 26 octobre 2022. Ces deux périodes de 6 mois faisaient elles-mêmes suite à deux périodes d'assignation à résidence de 45 jours. Si le préfet soutient que des démarches ont été entreprises auprès des autorités consulaires arméniennes et du consulat de Marseille pour permettre à Mme D de disposer de documents d'identité et de voyage, celles-ci ont débuté en juillet 2022 et le préfet ne justifie d'aucune réponse de la part de ces administrations malgré ses relances en octobre 2022 et avril 2023. Dans ces circonstances, en estimant qu'à la date des arrêtés attaqués persistait l'existence d'une perspective raisonnable d'exécution de la mesure d'éloignement au sens des dispositions précitées, qui en tout état de cause limitent à une fois la possibilité de renouveler une mesure d'assignation à résidence de six mois, le préfet des Pyrénées-Orientales a entaché les arrêtés litigieux d'une erreur d'appréciation.

6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens, que les arrêtés attaqués des 26 avril 2023 et 25 octobre 2023 doivent être annulés.

Sur les conclusions en injonction :

7. Le présent jugement annulant les mesures d'assignation à résidence prises par le préfet des Pyrénées-Orientales, étrangères à la question du droit au séjour, n'implique aucune mesure d'exécution particulière. Par suite, les conclusions en injonction doivent être rejetées.

Sur les frais du litige :

8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, une somme de 1 200 euros au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative à verser à Me Sergent en application des articles 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mis à la charge des requérants, qui ne sont pas, la partie perdante, le versement des sommes que le préfet des Pyrénées-Orientales demande au titre des frais exposés par lui et non compris.

D E C I D E :

Article 1er : Les arrêtés des 26 avril 2023 et 25 octobre 2023 portant assignation à résidence de M. C et Mme D sont annulés.

Article 2 : L'Etat est condamné à verser à Me Sergent dans les conditions prévues au point 8 une somme de 1 200 euros.

Article 3 : Le surplus des conclusions des requérants est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et Mme A D, au préfet des Pyrénées-Orientales et à Me Sergent.

Délibéré après l'audience du 9 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Gayrard, président,

Mme Pater, première conseillère,

Mme Villemejeanne, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 septembre 2024.

La rapporteure,

B Pater

Le président,

JP Gayrard

Le greffier,

S Sangaré

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 24 septembre 2024.

Le greffier,

S. Sangaré

N° 2302952 2302953 2401072 2401073

sa

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