vendredi 12 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2401230 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | RUFFEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 février 2024 et le 26 mars 2024, M. A C, représenté par Me Ruffel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du préfet de l'Hérault du 17 mai 2023 portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir ;
3°) subsidiairement, d'enjoindre au réexamen de sa demande de titre de séjour dans un délai de deux mois sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre des frais de procédure sur le fondement des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision a été prise par une autorité incompétente faute de délégation de signature régulière ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ainsi que d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation professionnelle, de son intégration et de son état de santé.
Par deux mémoires en défense enregistrés le 26 et le 28 mars 2024, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 29 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lesimple, première conseillère,
- et les observations de Me Barbaroux, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant marocain né en 1987, est entré en France en juin 2019. Il a bénéficié d'un titre de séjour en qualité de travailleur saisonnier valable du 2 juin 2019 au 1er juin 2022. Par courrier du 7 février 2023 il a demandé la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou une admission exceptionnelle au séjour. Par la présente requête, il demande l'annulation de l'arrêté du 17 mai 2023 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour et a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français.
2. En premier lieu, par un arrêté n°2023.05.DRCL.0174 du 3 mai 2023 publié au recueil des actes administratifs spécial n° 62 le 4 mai 2023, le préfet de l'Hérault a accordé à M. Frédéric Poisot, secrétaire général de la préfecture, une délégation à l'effet de signer " tous actes, arrêtés, décisions () relevant des attributions de l'Etat dans le département de l'Hérault () / A ce titre, cette délégation comprend donc, notamment, la signature de tous les actes administratifs () relatifs au séjour et à la police des étrangers () ". Cette délégation, qui n'est pas trop générale eu égard aux missions confiées à M. B ainsi qu'à la précision ci-dessus énoncée qu'elle contient, habilitait donc régulièrement M. B à signer les décisions contestées, prises à l'encontre du requérant. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de ces décisions manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Aux termes de l'article L. 435-1 de ce même code : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".
4. D'autre part, aux termes de l'article 9 de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 : " Les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux Etats sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'accord () ". L'article 3 du même accord stipule que : " Les ressortissants marocains désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent accord, reçoivent après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention ''salarié'' () ".
5. Portant sur la délivrance des catégories de cartes de séjour temporaires prévues par les dispositions auxquelles il renvoie, l'article L. 435-1 n'institue pas une catégorie de titres de séjour distincte, mais est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France, soit au titre de la vie privée et familiale, soit au titre d'une activité salariée. Dès lors que l'article 3 de l'accord franco-marocain prévoit la délivrance de titres de séjour au titre d'une activité salariée, un ressortissant marocain souhaitant obtenir un titre de séjour au titre d'une telle activité ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 435-1 à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national, s'agissant d'un point déjà traité par l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987, au sens de l'article 9 de cet accord. Toutefois, les stipulations de cet accord n'interdisent pas au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, en fonction de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation à un ressortissant marocain qui ne remplirait pas les conditions auxquelles est subordonnée la délivrance de plein droit d'un titre de séjour en qualité de salarié.
6. Il ressort des pièces du dossier qu'après avoir exercé une activité d'ouvrier agricole du 21 mai au 27 septembre 2019, M. C a été recruté en qualité de coiffeur à raison de quatre heures par semaine à compter du 1er décembre 2020 jusqu'au 1er juillet 2021, date à laquelle le contrat à durée déterminée de M. C a été conclu à temps complet. L'intéressé se prévaut désormais d'un contrat à durée indéterminée à temps complet pour le même poste auprès du même employeur.
7. Pour refuser l'octroi d'un titre de séjour, le préfet a relevé que M. C n'était pas titulaire d'un visa long séjour, que la promesse d'embauche produite ne constituait pas un motif exceptionnel d'admission au séjour et que le centre de sa vie privée et familiale se trouvait au Maroc où M. C avait vécu la majeure partie de sa vie et où résident son épouse, ses enfants et sa fratrie. La seule circonstance qu'il soit divorcé depuis le 24 juillet 2023, soit postérieurement à la date de la décision en litige, ne permet pas de conclure, en l'espèce, qu'il aurait transféré en France le centre de ses intérêts privés et familiaux. Si le requérant fait valoir que le préfet n'a pas pris en compte l'expérience professionnelle dont il justifie dans l'emploi qui motive sa demande d'admission exceptionnelle au séjour, celle-ci ne permet pas de conclure que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation alors que le requérant, qui n'a visiblement pas respecté les conditions du titre de séjour dont il bénéficiait dans la mesure où il a travaillé plus de six mois par an, n'allègue ni n'établit qu'il serait dépourvu de perspectives professionnelles dans son pays d'origine ou qu'il justifierait de compétences distinctives adaptées à l'emploi proposé. Enfin, si le requérant fait valoir qu'il est atteint d'une maladie chronique, il est constant qu'il n'a pas sollicité de titre de séjour sur le fondement de son état de santé et les pièces qu'il verse aux débats ne permettent pas d'établir la gravité de celui-ci ou l'impossibilité, le cas échéant, d'accéder à un traitement adapté dans son pays d'origine. Dans ces conditions, c'est après avoir procédé à un examen complet de la demande de M. C que le préfet a pu, sans erreur manifeste d'appréciation de sa situation, lui refuser l'octroi d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions et stipulations citées aux points 3 et 4 du présent jugement et prononcer à son encontre une obligation de quitter le territoire français.
8. Il y a donc lieu de rejeter les conclusions à fin d'annulation de l'arrête du préfet de l'Hérault du 17 mai 2023. Par voie de conséquence, les conclusions du requérant à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais du litige doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. C est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A C, au préfet de l'Hérault et à
Me Ruffel.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Denis Besle, président,
Mme Adrienne Bayada, première conseillère,
Mme Audrey Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 avril 2024.
La rapporteure,
A. Lesimple Le président,
D. Besle
La greffière,
M-A. Barthélémy
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 12 avril 2024.
La greffière,
M-A. Barthélémy
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026