jeudi 2 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2401253 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | LEMOUDAA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 février 2024, Mme H B D, représentée par Me Lemoudaa, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 janvier 2024 par lequel le préfet de l'Hérault a rejeté sa demande de titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " assortie d'une autorisation de travail et, subsidiairement, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer un récépissé l'autorisant à exercer une activité professionnelle ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Elle soutient que la décision contestée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'elle a établi le centre de ses intérêts privés et familiaux sur le territoire français avec son conjoint de nationalité française.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mars 2024, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme G,
- les observations de Me Lemoudaa, représentant Mme B D, en présence de cette dernière.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B D, ressortissante nicaraguayenne née le 15 juillet 1993, est entrée en France le 5 août 2018 dispensée de visa de court séjour pour circuler dans l'Espace Schengen durant 90 jours. Elle a sollicité, le 3 octobre 2023, son admission au séjour au titre de sa vie privée et familiale en produisant l'enregistrement de la déclaration conjointe d'un pacte civil de solidarité (PACS) datée du 3 mai 2022 avec M. A C, ressortissant français. Par la présente requête, Mme B D demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 25 janvier 2024 par lequel le préfet de l'Hérault a rejeté sa demande et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours.
2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
3. Mme B D se prévaut d'une résidence en France depuis plus de cinq ans, de sa communauté de vie réelle avec son compagnon, de nationalité française, et de ce que le centre de ses intérêts privés et familiaux se trouve désormais en France. S'il est constant que la requérante est entrée régulièrement en France en août 2018, elle n'était pas autorisée à s'y maintenir durablement. Elle n'apporte en outre aucun élément suffisant de nature à établir la réalité et la continuité de son séjour depuis cette date et ne justifie d'aucun élément d'intégration, de projet professionnel ou de perspective d'embauche. Si elle justifie du PACS conclu le 3 mai 2022 avec M. A C, ressortissant français, avec lequel elle indique s'être installée, d'abord chez son beau-père pendant quatre ans puis dans leur propre appartement, elle apporte peu d'élément probant sur cette communauté de vie, dès lors qu'ainsi que le relève le préfet, les photos produites au dossier datent de 2017 et que le justificatif de domicile en date du 12 mai 2023 et l'attestation de paiement de la caisse d'allocations familiales en date du 26 juillet 2023 ne permettent d'établir une communauté de vie effective que depuis quelques mois. Enfin, elle ne démontre pas ne pas pouvoir supporter la séparation nécessaire à l'obtention d'un visa de long séjour et retourner dans son pays d'origine où elle a vécu une grande partie de son existence dès lors que le couple n'a pas d'enfant et qu'elle ne sera pas isolée puisque son père et tous les membres de sa fratrie y résident. Compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, du caractère récent du PACS et de l'absence d'autre élément de nature à établir son intégration sur le territoire, le préfet de l'Hérault n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus de séjour qui lui a été opposé. Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent dès lors être écartés.
4. Il résulte de ce qui précède que Mme B D n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 25 janvier 2024 du préfet de l'Hérault. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais liés au litige, doivent aussi être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme H B D, au préfet de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 17 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Fabienne Corneloup, présidente,
Mme Michelle Couégnat, première conseillère,
Mme Sophie Crampe, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mai 2024.
La Présidente-rapporteure,
F. G
L'assesseure la plus ancienne,
M. E
La greffière
M. F
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 2 mai 2024.
La greffière,
M. F
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026