mardi 21 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2401333 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SUMMERFIELD GABRIELLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 5 et 28 mars 2024 et le 30 avril 2024, M. A B, représenté par Me Summerfield, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 29 janvier 2024 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales lui a refusé l'octroi d'un certificat de résidence en qualité d'étranger malade, a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;
3°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Orientales de lui délivrer un titre de séjour en qualité d'étranger malade dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
- sa requête est recevable, il a envoyé le 16 février 2024 une demande d'aide juridictionnelle interrompant le délai de recours ;
- le préfet a méconnu son droit d'être entendu ;
- le préfet s'est cru à tort lié par l'avis du collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ;
- le préfet a méconnu les stipulations du 7°) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ; en présence d'avis divergents du collège des médecins de l'OFII, le préfet devait expliquer les raisons pour lesquelles son traitement pourrait être désormais dispensé en Algérie ;
- les soins appropriés à sa pathologie ne sont pas disponibles en Algérie et il doit être regardé comme résidant habituellement en France au sens de ces stipulations.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale par voie d'exception d'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- le préfet n'a pas tenu compte de son état de santé, en méconnaissance de l'article 5 de la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008 directement applicable en droit interne.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire, enregistré le 18 mars 2024, le préfet des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête, tardive, est irrecevable ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
En réponse aux demandes de communication adressées les 3 et 12 avril 2024, l'office français de l'immigration et de l'intégration a produit les 4 et 12 avril 2024 les rapports médicaux au vu desquels il a rendu des avis le 23 janvier 2023 et le 16 janvier 2024.
Par un mémoire enregistré le 22 avril 2024, l'OFII a présenté ses observations.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Viallet, rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né le 1er septembre 1989, est entré irrégulièrement en France le 20 février 2022 selon ses déclarations, la délivrance de son visa ayant été refusée au motif " objet et conditions du séjour douteux ". Il a sollicité le 20 octobre 2022 son admission au séjour en raison de son état de santé, et a bénéficié à ce titre de deux autorisations provisoires de séjour valables du 20 mars au 27 novembre 2023, après avis favorable du collège de médecins de l'OFII. Par un arrêté du 29 janvier 2024 dont M. B demande l'annulation, le préfet des Pyrénées-Orientales a refusé de lui délivrer le premier certificat de résidence algérien portant la mention " vie privée et familiale " sollicité par l'intéressé pour raisons de santé.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union ". Aux termes du paragraphe 2 de ce même article : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ". La méconnaissance du droit d'être entendu, principe général du droit de l'Union européenne, ne peut être utilement invoquée à l'encontre des décisions relatives au séjour qui, contrairement aux décisions portant obligation de quitter le territoire français, notamment régies par la directive n° 2008/15/CE du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier, ne peuvent être regardées comme mettant en œuvre le droit de l'Union européenne ou comme étant régies par celui-ci. En tout état de cause, si M. B, qui a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade soutient que, faute d'avoir reçu communication de l'avis du collège de médecins de l'OFII, il n'a pas été mis à même de présenter des observations sur son état de santé avant l'édiction de l'arrêté litigieux, aucune disposition n'impose à l'autorité administrative de communiquer à l'étranger ayant sollicité la délivrance d'un titre de séjour pour raisons de santé l'avis rendu par ce collège de médecins. En outre, M. B avait la possibilité de présenter tout élément utile tenant à sa situation personnelle à l'occasion du dépôt de sa demande de titre de séjour et tout au long de l'instruction de cette demande. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier ni des termes de la décision attaquée que le préfet des Pyrénées-Orientales, pour rejeter la demande de titre de séjour présentée par M. B, se serait cru lié par l'avis rendu le 16 janvier 2024 par le collège de médecins de l'OFII. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision en litige serait, pour ce motif, entachée d'une erreur de droit, doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ". Et aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 7° au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays ".
6. S'il est saisi, à l'appui de conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus, d'un moyen relatif à l'état de santé du demandeur, aux conséquences de l'interruption de sa prise en charge médicale ou à la possibilité pour lui d'en bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire, il appartient au juge administratif de prendre en considération l'avis médical rendu par le collège des médecins de l'OFII. Si le demandeur entend contester le sens de cet avis, il appartient à lui seul de lever le secret relatif aux informations médicales qui le concernent, afin de permettre au juge de se prononcer en prenant en considération l'ensemble des éléments pertinents, notamment l'entier dossier du rapport médical au vu duquel s'est prononcé le collège des médecins de l'OFII, en sollicitant sa communication, ainsi que les éléments versés par le demandeur au débat contradictoire. Par ailleurs, la partie qui justifie de l'avis d'un collège de médecins de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié et effectivement accessible dans le pays de renvoi.
7. Après avoir rappelé que le collège des médecins de l'OFII avait émis le 16 janvier 2024 un avis sur la demande de M. B, le préfet des Pyrénées-Orientales a repris à son compte les termes de cet avis et a rejeté la demande de titre de séjour présentée par l'intéressé en se fondant sur les motifs tirés de ce que si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié et son état de santé lui permet de voyager sans risque vers ce pays.
8. Il ressort des pièces du dossier que le requérant, qui a expressément levé le secret médical, souffre depuis l'âge de quatre ans d'une hémophilie sévère de facteur VIII (1% accompagnée d'arthropathies hémophiliques multiples invalidantes. Il a bénéficié en France de la pose d'une prothèse du genou droit en février 2023 et du genou gauche en septembre 2023. Ces indications avaient été relevées par le médecin de l'OFII dans son rapport du 19 janvier 2023 précédant l'avis du collège des médecins du 23 janvier 2023, émis en amont de la délivrance, par le préfet, d'autorisations provisoires de séjour à l'intéressé pour raisons médicales. Dans ce cadre, ce collège de médecins a considéré qu'eu égard aux soins et aux caractéristiques du système de santé en Algérie, il ne pouvait pas y bénéficier d'un traitement approprié, les soins nécessités par son état de santé ne présentant toutefois pas un caractère de longue durée mais devaient être poursuivis pendant neuf mois. Si l'avis du collège de médecins de l'OFII du 16 janvier 2024 indique désormais que M. B peut bénéficier d'un traitement approprié en Algérie, ce collège s'est nécessairement prononcé à cette date au regard de l'évolution de l'état de santé du patient suite à la pose de deux prothèses nécessitant des soins durant neuf mois, et le requérant ne peut utilement se prévaloir d'une divergence d'avis.
9. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que M. B doit suivre un traitement prophylactique par concentré de facteur VIII dénommé Factane, administré par voie intraveineuse trois fois par semaine. Il soutient qu'il ne pourra pas effectivement en bénéficier en Algérie et produit notamment un extrait d'article de presse du 18 avril 2023 selon lequel les pouvoirs publics algériens ont reconnu des difficultés d'accès au médicament correcteur de l'hémophilie en raison de ruptures régulières de stocks liées au marché international, la présidente de l'association nationale des hémophiles en Algérie relatant le 4 mars 2024 une forte tension en matière de disponibilité du médicament à titre préventif depuis 2022, un hématologue algérien attestant le 10 février 2024 que la prise en charge de ces types de complications sont très difficiles en Algérie par manque de moyens humains et matériels. Toutefois, ces éléments, s'ils témoignent de difficultés conjoncturelles d'accès à un traitement contre l'hémophilie en Algérie depuis 2022, ne démontrent pas ce en quoi M. B ne pourrait effectivement bénéficier du traitement par la molécule Factane, laquelle est disponible et commercialisée en Algérie, comme l'établit le préfet en produisant un extrait de la nomenclature nationale des produits pharmaceutiques à usage de la médecine en Algérie, ainsi qu'un article de presse du 20 mai 2021 selon lequel l'Algérie a consacré un budget multiplié par trente entre 2007 et 2021 en matière de prise en charge des hémophiles. De plus, l'OFII confirme que le facteur VIII humain est un médicament disponible en Algérie, les difficultés d'approvisionnement étant aussi courantes en France, et précise que M. B suit un traitement prophylactique et non un traitement indispensable pour empêcher des conséquences d'une exceptionnelle gravité. En outre, l'OFII détaille la liste des établissements de santé en Algérie dans lesquels l'intéressé pourra être pris en charge en termes de suivi hématologique, de chirurgie orthopédique et de rééducation fonctionnelle et conclut qu'il peut parfaitement y être traité et suivi. Dans ces conditions, le requérant ne peut soutenir qu'il ne pourrait avoir un accès effectif dans son pays d'origine à la prise en charge que son état de santé nécessite. Enfin, s'il fait valoir, par des certificats médicaux postérieurs à la décision attaquée, que l'équipe médicale du centre hospitalier universitaire de Montpellier envisage la réalisation d'une arthrodèse de la cheville, il ne démontre pas, en se bornant à relever que sa prise en charge a été retardée en 2021 suite à un manque de prothèses en Algérie, ce en quoi il ne pourrait bénéficier à ce jour d'une telle intervention dans son pays.
10. En quatrième lieu, le préfet a également rejeté la demande de titre de séjour présentée par M. B en qualité d'étranger malade au motif qu'il ne justifie pas résider habituellement en France, ainsi que l'exigent les stipulations du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien et les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ressort en effet des pièces du dossier que le requérant, entré irrégulièrement en France le 20 février 2022 dans la perspective de bénéficier de soins, ne justifie que d'un hébergement à Perpignan dans un appartement de coordination thérapeutique depuis le 7 novembre 2022. L'intéressé, en se bornant à faire valoir qu'il a noué des liens étroits et n'est pas isolé en France, ne conteste pas utilement ce motif. En tout état de cause, il résulte de l'instruction que le préfet aurait pris la même décision en se fondant sur le seul motif tiré de ce que l'intéressé pourrait effectivement bénéficier du traitement médical adapté à sa pathologie en Algérie.
11. Dans ces conditions, c'est par une exacte application des dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du 7°) de l'article 6 de l'accord franco-algérien que le préfet, sans méconnaître l'étendue de sa compétence, a refusé la délivrance du titre de séjour sollicité en qualité d'étranger malade.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
12. Aux termes de l'article 5 de la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil : " Lorsqu'ils mettent en œuvre la présente directive, les Etats membres tiennent dûment compte : () c) de l'état de santé du ressortissant concerné d'un pays tiers, et respectent le principe de refoulement ".
13. Il résulte de ce qui précède que le requérant peut effectivement bénéficier d'une prise en charge adaptée à son état de santé en cas de retour dans son pays d'origine vers lequel il peut voyager sans risque. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
14. Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi :1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile;
2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ;
3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible.
Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Et aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
15. M. B, qui n'allègue pas avoir sollicité l'asile en France, fait valoir qu'il a une vie familiale très compliquée, que son père militaire a été assassiné par des terroristes en 1995, que son oncle paternel a chassé sa mère du foyer familial afin de s'emparer de la rente de son père, qu'il a été élevé par sa grand-mère laquelle était très mauvaise avec lui, qu'il a coupé tout contact avec sa mère durant son enfance, qu'il a pu la retrouver récemment mais cette dernière est remariée et ne peut l'accueillir, que son oncle l'a accusé à tort d'avoir volé de l'argent pour financer son départ vers la France, ce qui lui a valu une condamnation par contumace à deux ans de prison le 10 octobre 2022, qu'il sera donc emprisonné sur le fondement de fausses accusations dès son arrivée à l'aéroport, or les prisons en Algérie sont vétustes, il accèdera moins aux soins appropriés, ne pourra pas survivre et sera exposé à des violences policières ou de co-détenus le mettant en grave danger, un emprisonnement au vu de son état de santé constituant un traitement inhumain et dégradant. Toutefois d'une part, ainsi que le fait valoir le préfet, le requérant n'a quitté l'Algérie qu'en 2022 ce alors que la situation familiale compliquée dont il se prévaut, pour regrettable qu'elle soit, dure depuis le décès de son père en 1995, et d'autre part, il n'établit pas, par des seules allégations générales et non documentées, ce en quoi son emprisonnement en Algérie serait contraire à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations et dispositions doit être écarté.
16. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions présentées par M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales du 29 janvier 2024 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
DECIDE:
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet des Pyrénées-Orientales, à l'office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Summerfield.
Délibéré après l'audience du 6 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Besle, président,
M. Rabaté, vice-président,
Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mai 2024.
La rapporteure,
ML. VialletLe président,
D. Besle
Le greffier,
F. Balicki
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 24 mai 2024.
Le greffier,
F. Balickifb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026