mardi 21 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2401611 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | RUFFEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 19 mars et 3 mai 2024, M. A C, représenté par Me Ruffel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 juillet 2023 par lequel le préfet de l'Hérault a rejeté sa demande de titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir ou à défaut de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- sa requête est recevable dès lors que l'avis de réception produit par le préfet de l'Hérault dans sa partie " présenté / avisé le " n'est pas complétée ;
- l'arrêté en litige est entaché d'incompétence, la délégation accordée par le préfet étant postérieure à l'arrêté en litige ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen réel et complet de sa situation ;
- la décision méconnaît l'article 6-7 de l'accord franco-algérien et celles du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 avril 2024, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requête est tardive et que les moyens invoqués par M. C ne sont pas fondés.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 février 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rousseau, premier conseiller,
- et les observations de Me Brulé, représentant M. C.
Une note en délibéré présentée pour M. C, par Me Ruffel, a été enregistrée le 7 mai 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant algérien né le 13 septembre 1992, est entré en France le 16 juillet 2022 sous couvert d'un visa de court séjour délivré par les autorités espagnoles et valable du 1er juillet 2022 au 1er août 2022. Le 27 mars 2023, il a sollicité du préfet de l'Hérault son admission au séjour pour raisons de santé. Par arrêté du 19 juillet 2023, le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un certificat de résidence et a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions en annulation :
2. L'arrêté attaqué a été signé par M. Guillaume Raymond, secrétaire général adjoint, lequel a reçu une délégation de signature par le préfet de l'Hérault par un arrêté du 3 mai 2023 publié le 4 mai 2023, accessible au juge comme aux parties, à l'effet de signer tous actes et décisions dans la limite de l'arrondissement chef-lieu en cas d'absence ou d'empêchement de M. Poisot, secrétaire général de la préfecture de l'Hérault. Cette délégation antérieure à l'arrêté en litige habilitait M. B à le signer dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que M. Poisot n'était pas absent ou empêché. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
3. L'arrêté en litige qui comporte les considérations de droit et de fait sur lequel il repose indique que M. C a sollicité son admission au séjour en raison de son état de santé, vise l'avis émis le 4 juillet 2023 par le collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration qui estime que l'état de santé de l'intéressé ne nécessite pas son maintien sur le territoire dès lors qu'il peut bénéficier de soins appropriés dans son pays d'origine et qu'il n'existe aucune contre-indication patente au voyage. Le préfet n'est jamais tenu de rappeler tous les éléments relatifs à la situation personnelle de l'étranger dont il a connaissance mais seulement ceux sur lesquels il entend fonder sa décision. Le fait que le préfet n'a pas précisé son état de cécité n'est pas de nature à démontrer qu'il n'aurait pas procédé à un examen réel et complet de la situation de l'intéressé. De même, si M. C soutient que c'est à tort que le préfet lui a opposé que le refus de séjour ne portait pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard de l'article 6.5 de l'accord franco-algérien alors qu'il est isolé par suite de l'abandon de sa famille, cette circonstance n'est pas davantage de nature à révéler un défaut d'examen approfondi de sa situation.
4. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention "vie privée et familiale" est délivré de plein droit : /() / 7) au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays ". Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. / () ".
5. Pour rejeter la demande de titre de séjour présentée par M. C, le préfet de l'Hérault s'est fondé sur l'avis rendu le 4 juillet 2023 par le collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration qui, ainsi que rappelé au point 3, estime que l'état de santé de l'intéressé ne nécessite pas son maintien sur le territoire dès lors qu'il peut bénéficier de soins appropriés dans son pays d'origine et qu'il n'existe aucune contre-indication patente au voyage. M. C, atteint d'un glaucome congénital, produit au dossier des ordonnances médicales en 2022 et 2023 ainsi que plusieurs rendez-vous médicaux programmés au service d'ophtalmologie du CHU de Montpellier qui, s'ils attestent de la réalité de la pathologie dont il est atteint et de la prise en charge dont il fait l'objet ne sont toutefois pas de nature à contredire utilement l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration en ce qui concerne la possibilité de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Par suite, en refusant de lui délivrer le certificat de résidence sollicité et en l'obligeant à quitter le territoire français, le préfet de l'Hérault n'a pas commis d'erreur d'appréciation au regard des dispositions précitées de l'article 6-7 de l'accord franco-algérien et n'a pas méconnu les dispositions précitées du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. Il n'est nullement établi par les pièces du dossier que M. C qui a vécu en Algérie jusqu'à l'âge de 29 ans serait rejeté par sa famille du fait de sa cécité, ni qu'il ne pourrait pas bénéficier d'une prise en charge et de soins adaptés par les services de santé algérien. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté en litige est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur sa situation personnelle.
7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, qu'il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C à l'encontre de l'arrêté du 19 juillet 2023 pris par le préfet de l'Hérault. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter également ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées au titre des frais du litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A C, au préfet de l'Hérault et à Me Ruffel.
Délibéré après l'audience du 7 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Encontre, présidente,
Mme Teuly-Desportes, première conseillère,
M. Rousseau, premier conseiller,
Décision rendue publique par mise à disposition au greffe le 21 mai 2024.
Le rapporteur,
M. Rousseau
La présidente,
S. Encontre La greffière,
C. Arce
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 21 mai 2024
La greffière,
C. Arce
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026