mardi 2 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2401886 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | PROCEDURES 96 H H / 48 H |
| Avocat requérant | VEYRIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 mars 2024, et un mémoire, enregistré le 1er avril 2024, M. A B, représenté par Me Veyrier, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 27 mars 2024 du préfet de l'Hérault en ce qu'il porte obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire national d'une durée de quatre ans.
Il soutient que :
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel de sa situation personnelle ;
- elle est illégale car, s'agissant d'un acte portant atteinte à ses intérêts, elle ne pouvait être prise qu'à l'encontre de l'intéressé pris en la personne de son représentant légal, qui seul le représente valablement ;
- elle porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est fondée sur une décision de refus de séjour illégale :
- pour être fondée, en application de l'article L. 432-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur des faits antérieurs à l'entrée en vigueur de cette disposition ;
- pour être fondée sur des faits délictuels qui avaient tous été commis avant la dernière délivrance de titre du 4 février 2021 et alors que depuis 1991 des titres de séjour lui ont été accordés ou renouvelés sans qu'une menace à l'ordre public lui soit jamais opposée et qu'aucun fait nouveau n'a été commis depuis cette dernière délivrance de titre ;
- dès lors que le préfet, en violation de l'article 473 du code civil, n'a pas entendu son tuteur sur la mesure envisagée et ne la lui a pas notifiée.
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de quatre ans :
- l'interdiction de retour sur le territoire français prise à son encontre méconnaît les stipulations de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est disproportionnée en violation de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Couégnat, première conseillère, dans les fonctions de magistrate chargée du contentieux des mesures d'éloignement.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Couégnat, magistrate désignée ;
- les observations de Me Veyrier, avocat de M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête et par les mêmes moyens, et reprend les moyens invoqués dans son mémoire complémentaire ;
- et les observations de M. B, assisté de M. C, interprète en langue arabe.
1. M. B, ressortissant marocain né le 23 mars 1974, a sollicité le 6 avril 2023 le " renouvellement " de sa carte de séjour temporaire, expirée depuis le 4 février 2022. Par un arrêté du 27 mars 2024, le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français, sans délai de départ volontaire et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de quatre ans. Par la présente requête, M. B, actuellement détenu au centre pénitentiaire de Villeneuve-lès-Maguelone, demande l'annulation de cet arrêté en tant qu'il l'oblige à quitter le territoire français et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de quatre ans.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. () ". En l'espèce, en raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Sur la compétence du magistrat désigné :
3. Aux termes de l'article L. 614-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les dispositions des articles L. 614-4 à L. 614-6 sont applicables à l'étranger détenu. Toutefois, lorsqu'il apparaît, en cours d'instance, que l'étranger détenu est susceptible d'être libéré avant que le juge statue, l'autorité administrative en informe le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné. Il est alors statué sur le recours dirigé contre la décision portant obligation de quitter le territoire français selon la procédure prévue aux articles L. 614-9 à L. 614-11 et dans un délai de huit jours à compter de l'information du tribunal par l'autorité administrative. ". M. B, incarcéré au centre pénitentiaire de Villeneuve-lès-Maguelone, a reçu notification le 27 mars 2024 de l'arrêté du préfet de l'Hérault du même jour. Sa libération est prévue le 3 avril 2024 soit avant que le juge ne statue sur sa requête. Il y a donc lieu de juger l'affaire selon la procédure prévue par les dispositions précitées.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
4. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : ()3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ". M. B, dont la demande de titre de séjour a été refusée, entre dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile permettant au préfet de prendre l'obligation de quitter le territoire français contestée.
5. Aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. () "
6. Par l'arrêté attaqué, le préfet de l'Hérault a rejeté la demande de délivrance d'un titre de séjour par M. B, aux visas des articles L. 412-5 et L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et pour le motif que son comportement constitue une menace grave pour l'ordre public, en relevant notamment les 24 condamnations dont il a fait l'objet entre 1993 et 2021 pour un quantum de peines de 20 ans et dix mois pour les motifs qu'il énumère, ainsi que deux condamnations des 30 novembre 2022 et 23 mars 2023. Le préfet s'est également fondé, au visa de l'article L. 432-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sur une condamnation, par le tribunal correctionnel de Montpellier le 21 janvier 2021, pour des faits réprimés par l'article 222-14-5 du code pénal. Il a également fondé son refus, au visa de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, par l'absence d'établissement par le demandeur, du centre de ses intérêts privés et familiaux en France. La décision de refus de séjour étant ainsi suffisamment motivée et, en vertu des dispositions précitées du dernier alinéa de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'avait pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour, il y a lieu d'écarter le moyen tiré du défaut de motivation de l'obligation de quitter le territoire français.
7. Il ne ressort ni des termes de l'arrêté, ni des pièces du dossier que le préfet, qui était saisi d'une demande présentée par M. B, n'aurait pas procédé à un examen réel de sa situation personnelle avant d'édicter l'obligation de quitter le territoire français contestée. Par suite, et même si le préfet, qui n'était pas tenu de solliciter l'organisme gérant la tutelle dont le demandeur déclare faire l'objet, n'en a pas mentionné l'existence, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
8. La circonstance que l'arrêté attaqué n'aurait pas été notifié à la tutelle de M. B est sans incidence sur sa légalité.
9. Aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "
10. M. B fait valoir la durée de son séjour en France, la présence de plusieurs frères et sœurs et évoque l'ancienneté de ses liens avec le territoire. Toutefois, M. B, célibataire et sans charge de famille, n'apporte aucun élément de nature à établir la réalité de sa situation personnelle et familiale. Il ressort en outre des pièces du dossier, ainsi qu'il a été mentionné au point 6, qu'il a été condamné à de très nombreuses reprises entre 1993 et 2023, notamment pour des faits de vol, outrage à agent de la force publique, port d'arme prohibé, rébellion, destruction de bien d'autrui par un moyen dangereux, violence volontaire avec préméditation ou guet-apens, violence sur personne dépositaire de l'autorité publique, vol aggravé, prise du nom d'un tiers, destruction d'un bien d'utilité publique en récidive, et notamment par la chambre des appels correctionnels de la cour d'appel de Reims à cinq ans d'emprisonnement pour récidive de vol aggravé par deux circonstances, et récidive de dégradation ou détérioration d'un monument ou objet d'utilité publique et trois ans d'emprisonnement par le tribunal correctionnel de Montpellier pour vol avec violence ayant entraîné une ITT n'excédant pas huit jours. Compte tenu du nombre de ces condamnations, des récidives, du quantum des peines d'emprisonnement en résultant sur la période de présence revendiquée et en l'absence de tout autre élément au dossier, M. B n'est pas fondé à soutenir qu'en l'obligeant à quitter le territoire français le préfet aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard du but poursuivi par la mesure.
S'agissant de l'exception d'illégalité du refus de titre de séjour :
11. D'une part, aux termes de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle et de l'autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4 ou L. 425-10 ainsi qu'à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE ". " Aux termes de l'article L. 432-1 du même code : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public. "
12. D'autre part, aux termes de l'article L. 432-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance ou le renouvellement d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle peut, par une décision motivée, être refusé à tout étranger :1° N'ayant pas satisfait à l'obligation qui lui a été faite de quitter le territoire français dans les formes et les délais prescrits par l'autorité administrative ;2° Ayant commis les faits qui l'exposent à l'une des condamnations prévues aux articles 441-1 et 441-2 du code pénal ;3° Ayant commis les faits qui l'exposent à l'une des condamnations prévues aux articles 222-34 à 222-40, 224-1 A à 224-1 C, 225-4-1 à 225-4-4, 225-4-7, 225-5 à 225-11, 225-12-1, 225-12-2, 225-12-5 à 225-12-7, 225-13 à 225-15, au 7° de l'article 311-4 et aux articles 312-12-1 et 321-6-1 du même code ;4° Ayant commis les faits qui l'exposent à l'une des condamnations prévues au livre II dudit code lorsqu'ils le sont sur le titulaire d'un mandat électif public ou sur toute personne mentionnée aux 4° et 4° bis de l'article 222-12 ou à l'article 222-14-5 du même code, dans l'exercice ou du fait de ses fonctions, lorsque la qualité de la victime est apparente ou connue de l'auteur. ".
13. L'article L. 432-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est entré en vigueur le 28 janvier 2024. Par suite le préfet a pu légalement fonder le motif de son refus sur ses dispositions, alors même que les faits pris en compte ont été commis antérieurement à cette entrée en vigueur. Le préfet n'a donc pas commis d'erreur de droit.
14. Il est constant que M. B a été en possession de plusieurs titres de séjours, le dernier délivré le 5 février 2021 pour une durée d'un an. La seule circonstance que l'ensemble des faits reprochés ont été commis avant cette date et que le préfet n'avait précédemment pas retenu l'existence d'une menace à l'ordre public, ne suffit pas à établir l'illégalité du refus de séjour, alors au surplus que deux condamnations postérieures à cette date ont été prises en compte par le préfet.
15. Il appartient au demandeur de faire valoir lors du dépôt de sa demande de titre de séjour, voir pendant l'instruction de sa demande, les éléments de sa situation personnelle et familiale dont il souhaite la prise en compte. Dès lors que le préfet était saisi d'une demande de titre de séjour déposée par M. B, il n'était pas tenu d'entendre l'organisme gérant la tutelle dont le demandeur déclare faire l'objet. Le requérant ne peut en outre utilement se prévaloir de la méconnaissance de l'article 473 du code civil. La circonstance que la décision de refus de séjour n'aurait pas été notifié à cet organisme est également sans incidence sur sa légalité.
16. Il résulte de ce qui a été dit des points 11 à 15 que le moyen, invoqué par la voie de l'exception, tiré de l'illégalité de la décision de refus de séjour doit être écarté.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de quatre ans :
17. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public.". Selon l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français.()".
18. Pour prendre la décision contestée le préfet a pris en compte la durée de la présence de M. B sur le territoire français, en rappelant la discontinuité dans les titres de séjour obtenus et la durée importante de ses nombreuses incarcérations, l'absence d'établissement du centre de ses intérêts privés et familiaux en France, ainsi que la menace grave pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. M. B, qui ne conteste pas l'existence de la menace à l'ordre public, n'apporte aucun élément relatif à sa situation personnelle, ni aucun élément de nature à établir la réalité et l'intensité de ses liens privés et familiaux en France. Il n'établit ni même n'allègue l'existence de circonstances humanitaires. Dans ces conditions, le préfet de l'Hérault a pu, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation, prononcer à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de quatre ans, alors même que l'arrêté ne mentionne pas l'existence d'une précédente mesure d'éloignement. Il n'apparaît pas que la mesure contestée présenterait un caractère disproportionné ni qu'elle porterait atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du 27 mars 2024 du préfet de l'Hérault, en ce qu'il l'oblige à quitter le territoire français et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de quatre ans doivent être rejetées.
DECIDE :
Article 1er : M A B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de l'Hérault et à Me Veyrier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 avril 2024.
La magistrate désignée,
M. CouégnatLa greffière,
C. Touzet
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 2 avril 2024
La greffière,
C. Touzet
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026