jeudi 6 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2401901 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BAZIN |
Vu les procédures suivantes :
I/ Par une requête et un mémoire enregistrés les 31 mars et 16 mai 2024 sous le n°2401902, M. D C B, représenté par Me Bazin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 janvier 2023 en ce qu'elle porte refus d'examen de sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer un titre de séjour ou à défaut de réexaminer sa demande dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que la décision :
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des articles L. 431-2 et L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 avril 2024, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable en ce que le courrier du 12 janvier 2023 ne fait pas grief ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
La demande d'aide juridictionnelle a été rejetée par une décision du 1er mars 2024.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce qu'il n'y a plus lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 12 janvier 2023 dès lors qu'une autorisation provisoire de séjour a bien été délivrée à l'intéressé dès le 6 mars 2023.
Des observations au moyen d'ordre public présentées par M. C B ont été enregistrées le 20 mai 2024.
II/ Par une requête et un mémoire enregistrés le 31 mars 2024 et le 17 mai 2024 sous le n°2401901, M. D C B, représenté par Me Bazin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 septembre 2023 par lequel le préfet de l'Hérault a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer un titre de séjour ou à défaut de réexaminer sa demande dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
* l'arrêté :
- est insuffisamment motivé ;
- est entaché d'un vice de procédure en l'absence de communication de l'entier dossier médical ;
- méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme ;
- est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- a été signée par une autorité incompétente ;
- méconnaît l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* la décision fixant le pays de destination méconnaît l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 avril 2024, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est tardive ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
M. C B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 1er mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A ;
- les observations de Me Bazin, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes susvisées n°2401901 et n°2401902 présentées par M. C B concernent le même requérant et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
2. M. C B, né le 13 janvier 1993 et de nationalité camerounaise, déclare être entré sur le territoire français en 2022. Il a sollicité l'asile le 20 juin 2022 et par une décision du 4 janvier 2023, l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides a rejeté sa demande d'asile. Il a sollicité concomitamment le 16 août 2022 la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade. Par une correspondance du 12 janvier 2023, il a été informé par le préfet de l'Hérault du refus du traitement de sa demande de titre de séjour le temps de l'instruction de sa demande d'asile. M. C B a bénéficié d'un titre de séjour en cette qualité du 6 mars 2023 au 5 septembre 2023. Et par un arrêté du 28 septembre 2023, le préfet de l'Hérault a rejeté la demande de renouvellement de ce titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par sa requête, M. C B demande l'annulation du courrier du 12 janvier 2023 ainsi que l'arrêté du 28 septembre 2023.
Sur les conclusions à fin d'annulation du courrier du 12 janvier 2023 :
3. Il ressort des pièces du dossier que si le courrier du 12 janvier 2023 du préfet de l'Hérault indique que la demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade de M. C B ne sera pas examinée tant qu'il bénéfice d'une attestation de demandeur d'asile, il ressort toutefois des pièces du dossier que cette demande a bien été étudiée et que l'intéressé a bénéficié d'une autorisation provisoire de séjour dès le 6 mars 2023 après l'avis favorable du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration dans un avis du 20 décembre 2022. Dans ces conditions, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation du courrier du 12 janvier 2023 en tant qu'il refusait l'examen de sa demande de titre de séjour.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 28 septembre 2023 :
4. Aux termes d'une part de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ". Aux termes de l'article L. 612-1 du même code : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". Aux termes de l'article L. 614-1 du même code : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. () ". Enfin, aux termes de l'article L. 614-4 du même code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision. L'étranger peut demander le bénéfice de l'aide juridictionnelle au plus tard lors de l'introduction de sa requête en annulation. Le tribunal administratif statue dans un délai de trois mois à compter de sa saisine ".
5. Aux termes d'autre part de l'article R. 776-2 du code de justice administrative : " I. Conformément aux dispositions de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification d'une obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire, prise en application de l'article L. 251-1 ou des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 du même code, fait courir un délai de trente jours pour contester cette obligation ainsi que les décisions relatives au séjour, au délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément. () ". Aux termes de l'article R. 776-5 du même code : " I. - Le délai de recours contentieux de trente jours mentionné à l'article R. 776-2 n'est pas prorogé par l'exercice d'un recours administratif. () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 28 septembre 2023 portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, laquelle comportait les délais et voies de recours, a été notifié à M. C B par lettre recommandée avec accusé de réception le 23 octobre 2023. Elle mentionnait expressément que le recours en contestation de sa légalité devait être effectué dans un délai de trente jours à compter de sa notification. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que la demande d'aide juridictionnelle de l'intéressé n'a été enregistrée que le 18 décembre 2023, soit postérieurement à l'expiration du délai de recours contentieux de trente jours, et n'a dès lors pas pu avoir pour effet d'interrompre ce délai. Par suite, la requête de M. C B, enregistrée le 31 mars 2024 au greffe du tribunal, soit après l'expiration du délai de recours contentieux, est tardive et, par suite, irrecevable.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 28 septembre 2023 doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la requête n°2401902 présentée par M. C B.
Article 2 : La requête n°2401901 présentée par M. C B est rejetée.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. M. D C B, à Me Bazin et au préfet de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Fabienne Corneloup, présidente,
Mme Michelle Couégnat, première conseillère,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2024.
Le rapporteur,
N. A
La présidente,
F. Corneloup
La greffière,
A. Junon
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 6 juin 2024,
La greffière,
A. Junon
2,240190
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026