vendredi 7 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2401927 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | KOUAHOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 avril 2024, M. B C A, représenté par Me Kouahou, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 novembre 2023 par lequel le préfet de l'Aude lui a refusé sa demande de titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Aude de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, et une autorisation provisoire de séjour l'autorisant de travailler dans un délai de huit jours ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à Me Kouahou au titre des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté a été pris par une autorité incompétente,
- l'arrêté méconnait l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et révèle un défaut d'examen réel et complet de sa situation,
- l'arrêté méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- l'arrêté méconnait l'intérêt supérieur de ses enfants au sens de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Un mémoire en défense, enregistré le 21 mai 2024, présenté par le préfet de l'Aude n'a pas été communiqué.
M. A bénéficie de l'aide juridictionnelle totale selon une décision du 1er mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la convention internationale des droits de l'enfant,
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gayrard, rapporteur,
- et les observations de Me Kouahou, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant algérien né le 12 novembre 1976, demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 8 novembre 2023 par lequel le préfet de l'Aude lui a refusé sa demande de titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par un arrêté du 11 septembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, tant accessible au juge qu'aux parties, le préfet de l'Aude a donné délégation à Mme. R., secrétaire générale de la préfecture, aux fins de signer tous les actes relevant des attributions de l'Etat dans le département de l'Aude, qui comprennent ceux pris au titre de la police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté litigieux manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié régit d'une manière complète les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France et y exercer une activité professionnelle, ainsi que les règles concernant la nature des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés et leur durée de validité. Par suite, le requérant ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile lequel ne trouve pas à s'appliquer aux ressortissants algériens. Néanmoins, le préfet peut toujours délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit en appréciant, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation.
4. Il ressort des pièces du dossier que si le préfet de l'Aude a opposé que l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'était pas applicable au requérant de nationalité algérienne, il a néanmoins fait usage de son pouvoir discrétionnaire en recherchant si des motifs exceptionnels ou des considérations humanitaires étaient propres à justifier en opportunité la délivrance d'un titre de séjour au requérant, notamment au regard de l'absence d'élément s'agissant de sa situation professionnelle. Par suite, l'autorité préfectorale n'ayant pas méconnu l'étendue de sa compétence, le moyen tiré de la violation de l'article L 435-1 ne peut qu'être écarté. Il ne ressort pas des pièces du dossier, que la situation personnelle, ci-après décrite, relevait de circonstances humanitaires ou de motifs exceptionnels au sens des dispositions précitées.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
6. M. A fait valoir qu'il est entré en France le 18 juin 2017, pour y vivre avec son épouse et leurs cinq enfants dont deux sont nés en France et qui y sont tous scolarisés. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que son épouse est également en situation irrégulière et a d'ailleurs fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 19 août 2022, qui a été confirmée par le tribunal par jugement du 10 février 2023. Le requérant a lui aussi fait l'objet d'une mesure d'éloignement le 30 avril 2019 auquel il n'a pas déféré. Dès lors que tous les membres de la famille possèdent la même nationalité, rien ne fait obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue en Algérie, pays dans lequel le requérant a vécu jusqu'à l'âge de quarante-et-un ans, et que les enfants y poursuivent leur scolarité, déjà commencée dans ce pays s'agissant de l'ainée. Si le requérant fait valoir qu'il justifie d'un travail et d'une promesse d'embauche, il ressort des pièces du dossier qu'il a seulement exercé un travail saisonnier dans le domaine viticole en septembre 2022 et 2023. Dans ces conditions, le préfet de l'Hérault n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en prenant les décisions querellées et n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien ou l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".
8. Si M. A se prévaut de l'intérêt supérieur de ses enfants notamment eu égard à leur scolarisation et plus particulièrement au fait que deux de ses enfants bénéficient d'une orientation vers une unité localisée pour l'inclusion scolaire, il ne ressort pas des pièces du dossier que les enfants du requérant ne pourraient bénéficier dans leur pays d'origine d'une scolarité adaptée, ni que l'interruption d'une telle scolarité aurait, pour ces derniers, des conséquences d'une gravité exceptionnelle. Par suite, et alors même que les enfants de M. A suivent une scolarité sans difficulté particulières, l'arrêté du préfet de l'Aude ne peut être regardé comme ayant méconnu les stipulations précitées de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Ce moyen doit être écarté.
9. Enfin, il découle de tout ce qui précède que le préfet de l'Aude n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de son arrêté sur la situation du requérant.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 8 novembre 2023 par lequel le préfet de l'Aude a rejeté la demande de titre de séjour de M. A et lui a fait obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées à titre d'injonction ou au titre des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C A, au préfet de l'Aude et à Me Kouahou.
Délibéré après l'audience du 24 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gayrard, président,
Mme Pastor, première conseillère,
Mme Lesimple, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juin 2024.
Le président-rapporteur,
J-Ph. Gayrard L'assesseure la plus ancienne,
I. Pastor
La greffière,
E. Tournier
La République mande et ordonne au préfet de l'Aude, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 7 juin 2024.
La greffière,
E. Tournier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026