lundi 24 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2402169 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BALESTIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 avril et 15 mai 2024, M. C B, représenté par Me Balestié, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 mars 2024 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault, à titre principal de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " ou " admission exceptionnelle au séjour " et à titre subsidiaire de réexaminer sa situation, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à venir, sous astreinte de 100 € par jour de retard, ainsi qu'une autorisation provisoire de séjour sous 24 heures sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la légalité externe de l'arrêté :
- l'auteur de l'acte est incompétent à défaut d'une délégation régulière et publiée ;
- l'arrêté est entaché de deux vices de procédure :
o l'un tenant au défaut de réunion de la commission du titre de séjour, en méconnaissance de l'article L. 432-13, du fait qu'il remplit les conditions posées par l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que celles fixées par l'article L. 455-1 de ce code.
o l'autre résultant de ce qu'il appartenait au préfet de lui demander des pièces complémentaires à propos de sa vie conjugale afin d'exercer son pouvoir d'appréciation ;
- son droit d'être entendu conformément à l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne a été méconnu, il n'a pas été invité à présenter d'observation sur la mesure d'éloignement ;
En ce qui concerne la légalité interne et la décision de refus de titre de séjour :
- le préfet a commis une erreur de droit en exigeant le visa de long séjour alors qu'il a sollicité un titre de séjour " vie privée et familiale " sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 qui dispensent l'étranger de fournir un tel visa ;
- une erreur d'appréciation l'entache eu égard à la relation stable et continue qu'il entretient avec sa compagne qui fut son épouse, au fait qu'il bénéficiait jusqu'en 2020 de la libre circulation sur le territoire français où il a participé au rayonnement de la France et de l'Union européenne et à la situation de famille de son épouse qui prend soin de ses parents français, ainsi qu'à ses ressources et sa couverture médicale ;
- le préfet commet une erreur de droit en appréciant la stabilité du lien personnel avec sa compagne de nationalité française à la seule durée de vie commune en France ;
-la décision est entachée d'erreur de fait quant à l'usage par son épouse de son nom marital ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen réel et complet ;
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle puisqu'elle le contraint à s'éloigner pendant toute la durée de l'instruction d'une éventuelle demande de visa court ou long séjour, qui sera augmentée d'un délai de 5 ans conformément à l'article L 312-1 A du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la légalité interne et la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale par voie d'exception d'illégalité de la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour qu'elle assortit ;
- elle est entachée d'erreur de droit car le préfet a appliqué l'article L. 611-1 2° sans rapporter la preuve qu'il séjournait en France depuis plus de trois mois, alors qu'il n'est revenu en France que le 6 avril 2024 pour un court séjour en respectant le délai de carence et qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- le délai de départ volontaire fixé à trente jours le délai de 30 jours n'est pas adéquat à sa situation puisqu'il peut séjourner moins de trois mois à compter de son entrée le 6 avril 2024 ; la décision ne vise pas un délai de départ volontaire conformément à la directive n°2008/115.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 mai 2024, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Crampe, rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Crampe, rapporteure,
- les observations de Me Balestie, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant britannique né le 11 mai 1955, demande au tribunal l'annulation des décisions du 15 mars 2024 par lesquelles le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il appartient au préfet, saisi d'une demande de titre de séjour par un étranger en vue de régulariser sa situation, de vérifier que la décision de refus qu'il envisage de prendre ne comporte pas de conséquences d'une gravité exceptionnelle sur la situation personnelle de l'intéressé et n'est pas ainsi entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
3. Il ressort des pièces du dossier que M. B démontre avoir entretenu des liens avec la France, et y avoir transféré ses intérêts privés et familiaux, notamment à l'occasion de son mariage avec Mme A de 1992 jusqu'en 2005 et lors de la naissance de leurs enfants français, et par une carrière d'économiste l'ayant conduit à occuper des postes en lien avec la France et l'Union Européenne. S'il a divorcé d'avec son épouse en 2005, les enfants du couple sont français, et il ressort de témoignages multiples et circonstanciés que la communauté de vie a repris en 2020 et que les ex-époux ont signé un pacte civil de solidarité le 21 juin 2023, disposent d'un logement commun aux charges duquel M. B contribue. S'il s'est rendu récemment dans les Indes occidentales, où le couple a séjourné ensemble durant 13 mois, il ressort des pièces du dossier que M. B et son épouse ont conservé leurs attaches avec la France tout au long de leur carrière d'expatriés et, où résident notamment les parents âgés de Mme B. M. B désormais retraité démontre par ailleurs disposer de ressources et d'une couverture sociale. Eu égard aux circonstances très particulières ainsi décrites, le préfet a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en refusant à M. B la délivrance du titre de séjour demandé.
4. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du 15 mars 2024 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de délivrer un titre de séjour à M. B et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Aux termes de l'article L. 911-2 du même code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette décision doit intervenir dans un délai déterminé ".
6. Considérant que l'exécution du jugement prononçant l'annulation des décisions du 15 mars 2024 du préfet de l'Hérault implique nécessairement que l'autorité administrative délivre le titre de séjour sollicité. Il y a dès lors lieu d'enjoindre au préfet de l'Hérault de délivrer à M. B un titre de séjour au titre de la " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et dans cette attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'Etat la somme que demande M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1 : L'arrêté du 15 mars 2024 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de délivrer un titre de séjour à M. B et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Hérault de délivrer à M. B un titre de séjour portant la mention vie privée et familiale dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et dans cette attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 24 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Corneloup, présidente,
Mme Crampe, première conseillère,
M. Huchot, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juin 2024.
La rapporteure
S. CrampeLa présidente,
F. Corneloup
La greffière,
A. Junon
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 24 juin 2024.
La greffière,
A. Junon
N°2402169
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026