jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2402346 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | BAUDARD MELANIE |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée sous le n° 2402346 le 22 avril 2024, M. B A, représenté par Me Baudard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du préfet de l'Hérault du 20 décembre 2023 portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour pour une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour.
Il soutient que :
Sur la décision de refus de séjour :
- elle est entachée d'un vice de procédure faute de consultation de la commission du titre de séjour ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
Sur la décision d'éloignement :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;
- elle est irrégulière car il a droit à un titre de séjour sur le fondement de l'article
L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
Sur l'interdiction de retour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;
- elle est irrégulière car il a droit à un titre de séjour sur le fondement de l'article
L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mai 2024, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est inopérant car il ne s'agit pas du fondement de la demande de titre de séjour ;
- le requérant ne peut utilement se prévaloir d'une circulaire ;
- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
II. Par une requête enregistrée sous le n° 2402347 le 22 avril 2024, Mme C D épouse A, représentée par Me Baudard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du préfet de l'Hérault du 20 décembre 2023 portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour pour une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard et lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour.
Elle soutient que :
Sur la décision de refus de séjour :
- elle est entachée d'un vice de procédure faute de consultation de la commission du titre de séjour ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
Sur la décision d'éloignement :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;
- elle est irrégulière car elle a droit à un titre de séjour sur le fondement de l'article
L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
Sur l'interdiction de retour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;
- elle est irrégulière car elle a droit à un titre de séjour sur le fondement de l'article
L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mai 2024, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est inopérant car il ne s'agit pas du fondement de la demande de titre de séjour ;
- la requérante ne peut utilement se prévaloir d'une circulaire ;
- les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
M. et Mme A ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décisions du 1er mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Lesimple, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme A, ressortissants albanais mariés, nés en 1968 et 1980, déclarent être entrés en France en juillet 2016 accompagnés de leurs trois enfants nés en 1999, 2002 et 2009. La demande d'asile déposée par M. et Mme A a été rejetée par décision du 30 janvier 2017 et leur recours, devant la cour nationale du droit d'asile, a été rejeté le 7 juin 2017. Par arrêtés du
9 août 2017 le préfet de Lot-et-Garonne a prononcé à leur encontre une obligation de quitter le territoire français. Par arrêté du 15 mars 2021, la préfète de la Gironde a prononcé une nouvelle obligation de quitter le territoire français à l'encontre de M. A assortie d'une interdiction de retour d'une durée de deux ans. Par arrêtés du 20 décembre 2023, le préfet de l'Hérault a refusé la demande de titre de séjour de M. et Mme A et prononcé à leur encontre une obligation de quitter le territoire français assortie d'une interdiction de retour d'une durée d'un an.
2. Par la requête enregistrée sous le n° 2402346 M. A demande l'annulation de l'arrêté le concernant. Par la requête enregistrée sous le n° 2402347 Mme A demande l'annulation de l'arrêté la concernant.
Sur la jonction des requêtes :
3. Les requêtes susvisées concernent la situation de membres d'une même famille et présentent à juger des questions semblables. Elles ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation du refus de titre de séjour :
4. En premier lieu, le préfet a visé les dispositions de droit et les considérations de faits qui fondent le sens de sa décision. L'absence de référence à la circulaire du ministre de l'intérieur du 28 novembre 2012, relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière dans le cadre des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'entache pas la décision en litige d'un défaut de motivation dans la mesure où celle-ci se borne à énoncer des orientations générales destinées à éclairer les préfets dans l'exercice de leur pouvoir de prendre des mesures de régularisation, sans les priver de leur pouvoir d'appréciation et ne constituent pas des lignes directrices dont les intéressés peuvent utilement se prévaloir devant le juge. Par ailleurs, contrairement à ce que font valoir les requérants, le préfet a bien relevé l'ancienneté alléguée du séjour des requérants en France ainsi que la scolarisation de leur enfant mineur en France. Si le préfet n'a pas souligné le parcours scolaire d'un de leur enfant désormais majeur, il n'était pas tenu de mentionner l'ensemble des circonstances propres à la situation des intéressés mais uniquement celles qui fondent utilement le sens de sa décision alors au demeurant que cet enfant ne réside plus aux côtés de M. et Mme A. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation des décisions doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Aux termes de l'article L. 435-1 du même code : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".
6. Par ailleurs, aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Enfin, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur des enfants doit être une considération primordiale ".
7. A supposer que les requérants soient effectivement présents en France depuis juillet 2016, ils n'établissent pas y entretenir des liens sociaux d'une particulière intensité. En effet, si les époux A participent à des cours d'apprentissage du français depuis août 2023 tandis que Mme A fait état d'un investissement bénévole hebdomadaire et que M. A produit une promesse d'embauche, ils ne font pas état d'une intégration socio-professionnelle particulière et n'établissent pas avoir des moyens d'existence suffisant en France. Si leurs enfants ont pu suivre leur scolarité sur le territoire depuis leur arrivée, il ressort des pièces du dossier que les deux enfants majeurs du couple sont désormais diplômés et rien ne fait obstacle à la poursuite de la scolarité de leur dernier enfant en Albanie. Dans ces conditions, les requérants, qui ont vécu la majeure partie de leur vie en Albanie, pays où ils ne sont pas isolés puisqu'y résident leurs parents et fratrie, et où leur cellule familiale peut se reconstituer, n'établissent pas avoir fixé en France le centre de leurs intérêts privés et familiaux. Dans ces conditions, c'est sans méconnaitre les stipulations et dispositions précitées ni commettre d'erreur manifeste d'appréciation de la situation des époux A que le préfet a pu refuser de leur délivrer un titre de séjour.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; () ". Par ailleurs, l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que : " Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour () ".
9. Le préfet n'est tenu de saisir la commission du titre de séjour, lorsqu'il envisage de refuser de délivrer un titre mentionné à l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que du cas des étrangers qui remplissent effectivement l'ensemble des conditions de procédure et de fond auxquelles est subordonnée la délivrance d'un tel titre, et non de celui de tous les étrangers qui se prévalent de ces dispositions ou stipulations. Or, les requérants ne soutiennent pas pouvoir prétendre à un des titres de séjour énumérés à l'article précité. Par ailleurs, alors que les époux A font valoir une présence en France de près de sept ans, le préfet n'avait pas à saisir la commission du titre de séjour sur le fondement de l'article
L. 435-1 précité. C'est donc sans commettre d'erreur de droit que le préfet a pu s'abstenir de saisir la commission du titre de séjour.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. et Mme A tendant à l'annulation des décisions refusant de leur délivrer un titre de séjour doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision d'éloignement :
11. Aux termes de l'article L. 411-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A l'expiration de la durée de validité de son document de séjour, l'étranger doit quitter la France, à moins qu'il n'en obtienne le renouvellement ou qu'il ne lui en soit délivré un autre. En cas de refus de délivrance ou de renouvellement de tout titre de séjour ou autorisation provisoire de séjour, l'étranger est tenu de quitter le territoire. Il en va de même en cas de retrait du titre de séjour ou autorisation provisoire de séjour dont il est titulaire ".
12. En premier lieu, le préfet a visé les dispositions de droit et les considérations de faits qui fondent le sens de sa décision. Alors que la décision en litige se fonde sur les dispositions précitées et que le préfet a motivé les raisons qui l'ont conduit à écarter l'existence d'un droit au séjour pour les intéressés, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision d'éloignement doit être écarté.
13. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que les requérants ne peuvent se prévaloir de l'irrégularité alléguée du refus de titre de séjour qui leur a été opposé ni de l'existence d'un droit au séjour, à l'appui de leurs conclusions dirigées contre la décision d'éloignement prise à leur encontre.
14. En troisième lieu, eu égard aux éléments développés au point 7 du présent jugement, c'est sans méconnaître l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni commettre d'erreur manifeste d'appréciation que le préfet a pu prendre à leur encontre une mesure d'éloignement.
15. Il résulte de ce qui précède que les conclusions des requérants dirigées contre les décisions d'éloignement prises à leur encontre doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'interdiction de retour :
16. Aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".
17. En premier lieu, le préfet a régulièrement motivé les décisions d'interdiction de retour au regard des critères fixés par l'article précité qu'il a expressément visé. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation de ces décisions doit être écarté.
18. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que les requérants ne peuvent se prévaloir de l'irrégularité alléguée du refus de titre de séjour qui leur a été opposé ni de l'existence d'un droit au séjour, à l'appui de leurs conclusions dirigées contre la décision d'interdiction de retour prise à leur encontre.
19. En troisième lieu, eu égard aux éléments développés au point 7 du présent jugement, c'est sans méconnaître l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni commettre d'erreur d'appréciation que le préfet a pu prendre à leur encontre une mesure d'interdiction de retour d'un an.
20. Il résulte de ce qui précède que les conclusions des requérants dirigées contre les décisions d'interdiction de retour prises à leur encontre doivent être rejetées.
21. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. et Mme A tendant à l'annulation des arrêtés pris à leur encontre le 20 décembre 2023 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes présentées par M. et Mme A sont rejetées.
Article 2 : Les présentes décisions seront notifiées à M. B A et Mme C A, au préfet de l'Hérault et à Me Baudard.
Délibéré après l'audience du 13 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Eric Souteyrand, président,
Mme Adrienne Bayada, première conseillère,
Mme Audrey Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.
La rapporteure,
A. Lesimple Le président,
E. Souteyrand
La greffière,
M-A Barthélémy
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 27 juin 2024.
La greffière,
M-A Barthélémy
2,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026