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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2402479

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2402479

lundi 1 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2402479
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation2ème chambre
Avocat requérantBERRY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 avril 2024, M. B A, représenté par

Me Berry, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 18 janvier 2024 du préfet de l'Hérault portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois mois ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " étudiant " ou au titre de circonstances exceptionnelles, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2 000 euros sur le fondement des article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- l'arrêté est entaché d'un défaut de motivation.

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est entachée d'une erreur de fait ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation tirées de la violation de l'article L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le préfet a méconnu les dispositions des articles L.422-1 et L.422-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation tirées de la violation de l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- le préfet a commis une erreur de droit, une erreur de fait et une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale par voie d'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale dès lors que le préfet aurait dû lui accorder un délai de départ volontaire ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des quatre critères énoncés par la loi et sa durée est disproportionnée.

Par un mémoire en défense enregistré le 29 mai 2024, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

M. A a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 avril 2024.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Viallet, rapporteure ;

- et les observations de Me Berry, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant guinéen né le 7 juin 2003, déclarant être entré en France le 8 juin 2018, a été placé auprès des services de l'aide sociale à l'enfance. Le 2 avril 2019 il a été placé en garde à vue et condamné le 3 avril 2019 par le tribunal correctionnel de Montpellier à quatre mois d'emprisonnement pour des faits de déclaration fausse ou incomplète pour obtenir une allocation, une prestation, un paiement ou avantage indu et de détention frauduleuse de faux documents administratifs. L'arrêté du préfet de l'Hérault du 2 avril 2019 lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an a été annulé par jugement du tribunal administratif de Montpellier du 11 juin 2019. Le

3 juin 2021 l'intéressé a sollicité un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", refusé par arrêté du préfet de l'Hérault le 21 décembre 2021 assorti d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, confirmé par jugement du tribunal administratif de Montpellier du 17 mai 2022, et auquel il n'a pas déféré. Le 20 juin 2023 M. A a formulé une nouvelle demande de délivrance d'un titre portant la mention " vie privée et familiale ". Par sa requête, il demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 18 janvier 2024 du préfet de l'Hérault portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois mois.

En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :

2. L'arrêté attaqué mentionne avec une précision suffisante les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il précise de manière détaillée les conditions d'entrée et de séjour en France de l'intéressé ainsi que sa situation familiale, personnelle, scolaire et judiciaire. Dans ces conditions, et alors que l'exigence de motivation n'implique pas que la décision mentionne l'ensemble des éléments particuliers de la situation de l'intéressé, le préfet a suffisamment exposé les motifs fondant sa décision. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

3. Le requérant soutient que le préfet a commis une erreur de fait en lui opposant une supposée diversité de ses identités alors qu'il justifie désormais d'un passeport délivré par les autorités guinéennes le 15 décembre 2022 mentionnant son identité : B A né le

7 juin 2003, et qu'il existe des homonymes sur Montpellier. Toutefois, en relevant que l'intéressé est également connu sous deux autres identités différentes dont B Souma né le

5 février 2001 et Brahim A né le 7 juin 1999, ces identités multiples ressortant par ailleurs des termes du jugement du tribunal correctionnel de Montpellier du 3 avril 2019, le préfet de l'Hérault n'a entaché sa décision d'aucune inexactitude matérielle. Le moyen tiré de l'erreur de fait doit dès lors être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ". Aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance - 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sécurité publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces stipulations et dispositions, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

5. M. A fait valoir qu'il est entré régulièrement en France en juillet 2018 en qualité de mineur non accompagné, a été confié à l'aide sociale à l'enfance, qu'il y a tissé de nombreux liens et a fourni d'importants efforts d'intégration à travers son parcours scolaire. Il ressort toutefois des pièces du dossier que M. A est célibataire et sans charge de famille, qu'il est dépourvu de toute attache familiale en France, les membres de sa famille résidant tous en Guinée, pays dans lequel il a lui-même vécu jusqu'en 2018. Il a en outre été condamné le 3 avril 2019 par le tribunal correctionnel de Montpellier à une peine d'emprisonnement de quatre mois avec sursis pour des faits de déclaration fausse ou incomplète pour obtenir d'une personne publique ou d'un organisme chargé d'une mission de service public, une allocation, une prestation, un paiement ou un avantage indu et de détention frauduleuse de plusieurs faux documents administratifs, le tribunal correctionnel ayant relevé qu'il n'était pas mineur lors de sa prise en charge par les services du département en qualité de mineur non accompagné. M. A fait valoir qu'il justifie de sa minorité par la production d'un passeport guinéen mentionnant sa date de naissance le

7 juin 2003, que son comportement n'est dès lors pas constitutif d'une menace à l'ordre public et qu'il a saisi la cour de révision de la cour de cassation le 9 février 2024 afin de faire infirmer le jugement du tribunal correctionnel de Montpellier. Toutefois, cette circonstance, postérieure à la décision attaquée, est sans incidence sur l'appréciation faite par le préfet quant à la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine. En outre, le préfet relève que M. A se maintient en France en dépit d'un arrêté lui faisant obligation de quitter le territoire français du 21 décembre 2021 confirmé par le tribunal administratif le 17 mai 2022. Dans ces conditions, le préfet n'a pas porté au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels la mesure a été prise. Les moyens tirés de la méconnaissance des articles cités au point précédent, et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent donc être écartés.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1 ". Aux termes de l'article L.412-3 de ce code : " Par dérogation à l'article L. 412-1 l'autorité administrative peut, sans que soit exigée la production du visa de long séjour mentionné au même article, accorder les cartes de séjour suivantes : 1° La carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " prévue à l'article L. 422-1 ; (). " Selon l'article L.422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ". Et en vertu de l'article L.422-2 de ce code : " La carte de séjour prévue à l'article L. 422-1 est également délivrée lors de sa première admission au séjour, sans avoir à justifier de ses conditions d'existence et sans que soit exigée la condition prévue à l'article L. 412-1, à l'étranger ayant satisfait aux épreuves du concours d'entrée dans un établissement d'enseignement supérieur ayant signé une convention avec l'Etat. "

7. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que, si la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " étudiant " est subordonnée à une condition de présentation d'un visa de long séjour, le préfet peut, en vertu de son pouvoir de régularisation, dispenser l'étranger qui suit en France un enseignement ou y fait des études, en cas de nécessité liée au déroulement des études, de la présentation d'un visa long séjour dans certains cas particuliers, en tenant compte des motifs pour lesquels le visa de long séjour ne peut être présenté, du niveau de formation de l'intéressé, ainsi que des conséquences que présenterait un refus de séjour pour la suite de ses études.

8. Il ressort des pièces du dossier que M. A, entré en France en 2018 en qualité de mineur non accompagné, a formulé le 20 juin 2023 une nouvelle demande de délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Pour refuser de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant " au titre de son pouvoir de régularisation, le préfet s'est fondé sur l'absence de visa de long séjour. Si le requérant se prévaut de son inscription, pour l'année scolaire 2023-2024, en classe de terminale professionnelle logistique dans un lycée montpelliérain, les éléments qu'il produit, et notamment un bulletin du 1er semestre indiquant un avis réservé sur la poursuite d'études, ne sont pas de nature à démontrer qu'en ne faisant pas usage de la faculté de le dispenser de la condition de visa de long séjour et en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étudiant au motif qu'il ne disposait pas d'un tel visa, le préfet aurait commis une erreur de droit ou d'appréciation.

9. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / (). ".

10. Les éléments rappelés au point 5 du jugement ne constituent pas des circonstances humanitaires ou des motifs exceptionnels au sens de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, et comme le souligne le préfet, la circonstance que le requérant bénéficie d'une perspective d'embauche au sein d'un supermarché à l'issue de son contrat d'alternance ne caractérise pas, en elle-même, un motif exceptionnel. M. A ne saurait par ailleurs utilement se prévaloir, au titre d'une admission exceptionnelle au séjour, des termes de la circulaire du ministre de l'intérieur en date du 28 novembre 2012, laquelle est dépourvue de portée normative et n'est pas susceptible d'avoir des effets notables sur les droits ou la situation d'autres personnes que les agents chargés, le cas échéant, de les mettre en œuvre. Par suite, c'est sans commettre d'erreur de droit ou d'erreur manifeste d'appréciation que le préfet a considéré que l'intéressé ne pouvait se voir délivrer, à titre exceptionnel, un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

11. Les moyens tirés de l'erreur de droit, de fait, et d'atteinte disproportionnée portée par la mesure d'éloignement au droit au respect de la vie privée et familiale de M. A, en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux exposés précédemment.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

12. Il résulte de ce qui a été exposé aux points précédents que le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas fondé et doit dès lors être écarté.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français

13. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. " L'article L. 612-10 du même code dispose que : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".

14. En premier lieu, si M. A soutient que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois mois est illégale dès lors que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français n'aurait pas dû être assortie d'un refus de délai de départ volontaire, il ressort des pièces du dossier et des termes mêmes de la décision attaquée que le préfet lui a accordé un délai de départ volontaire de trente jours. Par suite le moyen doit être écarté.

15. En second lieu, il ressort des termes de l'arrêté que pour édicter une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois mois, le préfet mentionne avoir examiné la situation de M. A au regard de l'article L.612-10 du code précité. Il précise dans les motifs de l'arrêté que l'intéressé, qui ne justifie pas de circonstances humanitaires, a déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement, que son comportement constitue une menace pour l'ordre public, et qu'il ne démontre pas avoir durablement fixé en France le centre de ses intérêts privés et familiaux depuis son entrée en juin 2018. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que la durée de l'interdiction de retour, ainsi fixée à trois mois, serait disproportionnée et entachée d'une erreur d'appréciation. Par suite les moyens dirigés contre cette décision doivent être écartés.

16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et celles présentées sur le fondement des article 37 de la loi du

10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de l'Hérault et à

Me Berry.

Délibéré après l'audience du 17 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Rabaté, président,

Mme Doumergue, première conseillère,

Mme Viallet, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2024.

La rapporteure,

ML. VialletLe président,

V. Rabaté

La greffière,

A-L. Edwige

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 2 juillet 2024,

La greffière,

A-L.Edwige

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