vendredi 3 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2402503 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CALAFELL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 avril 2024, M. C B et Mme E B, représentés par Me Calafell, demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à l'Etat, en la personne du préfet de l'Hérault, à titre principal, de réexaminer leur demande de concours de la force publique aux fins d'expulser l'occupant sans titre du logement leur appartenant situé au 1er étage, appartement n° 2 du 6, rue du Dahomey à Montpellier, à titre subsidiaire, d'accorder le concours de la force publique pour permettre l'expulsion de l'occupant sans titre ;
2°) de condamner l'Etat à leur verser la somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Ils soutient que :
- l'urgence à leur accorder le concours de la force publique se caractérise dès lors que la personne occupe depuis plus de deux ans, irrégulièrement en dépit des délais qui lui ont été accordés et tout en se rendant coupable de nuisances, l'appartement dont ils sont propriétaires et que leur petite fille, née en 1995, qui réside actuellement à Palavas chez sa mère mais travaille à Montpellier, souhaite occuper depuis novembre 2022 ;
- en leur refusant le concours de la force publique, sans motif légitime, le préfet porte une atteinte grave à leur droit de propriété.
Le préfet de l'Hérault n'a pas produit de mémoire en défense dans cette affaire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative ;
- le code des procédures civiles d'exécution.
M. Souteyrand, vice-président, a été désigné par le président du tribunal pour statuer sur les demandes de référé.
Au cours de l'audience publique M. Souteyrand a lu son rapport et entendu les observations de Me Calafell pour les requérants.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 521-2 de ce code : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heure ". Lorsqu'un requérant fonde son action, non sur la procédure de suspension régie par l'article L. 521-1 du même code, mais sur la procédure particulière instituée par l'article L. 521-2, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cette disposition soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.
2. D'une part, l'article L.153-1 du code des procédures civiles d'exécution dispose que " L'Etat est tenu de prêter son concours à l'exécution des jugements et des autres titres exécutoires. Le refus de l'Etat de prêter son concours ouvre droit à réparation ". Le représentant de l'Etat, saisi d'une demande en ce sens, doit prêter le concours de la force publique en vue de l'exécution des décisions de justice ayant force exécutoire, dans un délai de deux mois.
3. D'autre part, le refus de concours de la force publique opposé au propriétaire est susceptible de revêtir, au sens des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, le caractère d'une atteinte grave à une liberté fondamentale. Le juge des référés saisi sur ce fondement peut, s'il estime que cette condition est remplie eu égard aux circonstances particulières invoquées devant lui par le propriétaire, et si le refus de concours est manifestement illégal, enjoindre au préfet d'accorder ce concours dans la mesure où une telle injonction est seule susceptible de sauvegarder l'exercice effectif de la liberté fondamentale à laquelle il est porté atteinte. Seules des considérations impérieuses tenant à la sauvegarde de l'ordre public, ou des circonstances postérieures à une décision de justice ordonnant l'expulsion d'occupants d'un local, faisant apparaître que l'exécution de cette décision serait de nature à porter atteinte à la dignité de la personne humaine, peuvent légalement justifier, sans qu'il soit porté atteinte au principe de la séparation des pouvoirs, le refus de prêter le concours de la force publique.
4. Il résulte de l'instruction d'une part, à la demande de M. et Me B, propriétaires du logement situé au 1er étage, appartement n° 2 du 6, rue du Dahomey à Montpellier, le juge des référés du tribunal judicaire de Montpellier a, par une ordonnance du 26 avril 2023 devenue définitive, ordonné l'expulsion de l'occupant sans titre dudit logement depuis le 28 novembre 2022, à compter d'un délai de trois mois suivant la signification de ladite ordonnance, eu égard à la circonstance que l'occupant en cause, âgé de plus de soixante ans, bénéficie de l'allocation de retour à l'emploi et, depuis 2020, de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé. Cette signification étant intervenue le 3 mai 2023, M. et Mme B ont, le 10 octobre suivant, saisi le préfet de l'Hérault aux fins qu'il leur octroie le concours de la force publique. Par suite, le 11 décembre 2023 est née une décision implicite de refus de concours de la force publique, objet du présent contentieux.
5. D'autre part, que M. et Mme B ont régulièrement donné congé à leur locataire, le 28 novembre 2022 au terme du bail consenti le 20 novembre 2013, afin de permettre à leur petite fille, alors âgée de 27 ans qui travaille jusqu'en octobre 2014 en contrat d'apprentissage à Prades-le-Lez mais est hébergée chez sa mère dans la commune de Palavas-les-Flots, d'occuper leur logement au 6, rue du Dahomey à Montpellier. Il ne résulte pas des pièces du dossier, notamment pas de l'ordonnance susmentionnée du juge des référés, que l'occupant sans droit ni titre désormais depuis plus de 18 mois, et dont certains voisins ont eu à se plaindre du comportement, serait dans l'impossibilité matérielle, dès lors qu'il semble s'acquitter pour partie d'une indemnité d'un montant voisin du prix du loyer initial, de trouver un logement adapté à ses besoins, notamment dans le parc locatif aidé. En outre, le préfet de l'Hérault n'oppose aux demandeurs, ni initialement ni lors de la présente audience, des circonstances, postérieures à la décision de justice ordonnant l'expulsion de l'occupant en cause, qui seraient de nature à faire obstacle à cette expulsion. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet de l'Hérault de prendre toutes mesures nécessaires afin de procéder, au plus tard dans le délai, d'un mois à compter de la notification de la présente décision, à l'expulsion de l'occupant sans droit ni titre visé par l'ordonnance n°12-23-000022 du 26 avril 2023 du juge des référé du tribunal judiciaire.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
6. Il y a lieu, en application de ces dispositions, de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 850 euros à M. et Mme B.
DECIDE :
Article 1er : Il est enjoint au préfet de l'Hérault de prendre toutes mesures nécessaires afin de procéder, au plus tard dans le délai, d'un mois à compter de la notification de la présente décision, à l'expulsion de M. D A, occupant sans droit ni titre visé par l'ordonnance n°12- 3-000022 du 26 avril 2023 du juge des référés du tribunal judiciaire, du logement situé au 1er étage, appartement n° 2 au 6, rue du Dahomey à Montpellier.
Article 2 : L'Etat versera la somme de 850 euros à M. et Mme B en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. et Mme B et au Préfet de l'Hérault.
Fait à Montpellier, le 3 mai 2024.
Le juge des référés, La greffière,
E. Souteyrand C. Touzet
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous les huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 3 mai 2024.
La greffière,
C. Touzet
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026