jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2402576 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | BAUDARD MELANIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 mai 2024, M. B A, représenté par
Me Baudard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du préfet de l'Hérault du 3 janvier 2024 portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour pour une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard et lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour.
Il soutient que :
Sur la décision de refus de séjour :
- elle est entachée d'un vice de procédure faute de consultation de la commission du titre de séjour en méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- le préfet a commis une erreur de droit en lui opposant le visa de long séjour alors que sa demande se fondait sur l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
Sur la décision d'éloignement :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;
- elle est irrégulière car il a droit à un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
Sur l'interdiction de retour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;
- elle est irrégulière car il a droit à un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 mai 2024, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est inopérant car il ne s'agit pas du fondement de la demande de titre de séjour ;
- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 26 mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Lesimple, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant albanais né en 1999, déclare être entré en France en juillet 2016 accompagné de ses parents et de ses sœurs nées en 2002 et 2009. La demande d'asile déposée par ses parents a été rejetée. M. A, scolarisé en France, a obtenu en octobre 2018 un certificat d'aptitude professionnelle dans la spécialité réparation des carrosseries et un second, en peinture en carrosserie, en octobre 2019. Par arrêté du 3 janvier 2024 le préfet de l'Hérault a refusé la demande de titre de séjour de M. A et prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français assortie d'une interdiction de retour d'une durée d'un an. Par sa requête M. A demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation du refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, le préfet a visé les dispositions de droit et les considérations de faits qui fondent le sens de sa décision. La situation personnelle et familiale du requérant a notamment été étudiée. Si M. A fait valoir que c'est à tort que le préfet lui a opposé l'absence d'autorisation de travail, il conteste le bien-fondé du motif qui lui a été opposé sans que cette circonstance n'affecte le caractère suffisant de la motivation de la décision. En tout état de cause, le préfet a examiné la demande de titre de séjour de M. A au regard des perspectives professionnelles que ce dernier faisait valoir. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du même code : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".
4. D'une part, si le requérant évoque les dispositions de l'accord franco-marocain en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987, ce dernier ne régit pas la situation de l'intéressé qui n'est pas de nationalité marocaine.
5. D'autre part, si M. A fait valoir que le préfet a commis une erreur de droit en exigeant la détention d'un visa long séjour alors qu'il sollicitait un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il résulte des motifs de la décision que le préfet a relevé que l'intéressé était démuni du visa long séjour pour justifier son refus d'instruire sa demande d'autorisation de travail dans la cadre de l'examen d'un titre de séjour en qualité de salarié, avant d'écarter, par la suite, la possibilité d'une régularisation de sa situation. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
6. Enfin, si le requérant fait valoir qu'il est présent sur le territoire français depuis juillet 2016, il est célibataire, sans charge de famille et les membres de sa famille sont en situation irrégulière en France. Par ailleurs, s'il dispose d'une promesse d'embauche, présentée pour un emploi sous contrat à durée indéterminée, celui-ci est sans lien avec les formations précédemment suivies et le requérant n'établit ni même n'allègue être dépourvu de perspectives professionnelles dans son pays d'origine. Dès lors, le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation en refusant de lui délivrer un titre de séjour.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; () ". Par ailleurs, l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que : " Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour () ".
8. Le préfet n'est tenu de saisir la commission du titre de séjour, lorsqu'il envisage de refuser de délivrer un titre mentionné à l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que du cas des étrangers qui remplissent effectivement l'ensemble des conditions de procédure et de fond auxquelles est subordonnée la délivrance d'un tel titre, et non de celui de tous les étrangers qui se prévalent de ces dispositions ou stipulations. Or, le requérant ne soutient pas pouvoir prétendre à un des titres de séjour énumérés à l'article précité. Par ailleurs, alors que M. A se prévaut d'une présence en France de près de sept ans, le préfet n'avait pas à saisir la commission du titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 précité. C'est donc sans commettre d'erreur de droit que le préfet a pu s'abstenir de saisir la commission du titre de séjour.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à l'annulation de la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision d'éloignement :
10. Aux termes de l'article L. 411-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A l'expiration de la durée de validité de son document de séjour, l'étranger doit quitter la France, à moins qu'il n'en obtienne le renouvellement ou qu'il ne lui en soit délivré un autre. En cas de refus de délivrance ou de renouvellement de tout titre de séjour ou autorisation provisoire de séjour, l'étranger est tenu de quitter le territoire. Il en va de même en cas de retrait du titre de séjour ou autorisation provisoire de séjour dont il est titulaire ".
11. En premier lieu, le préfet a visé les dispositions de droit et les considérations de faits qui fondent le sens de sa décision. Alors que la décision en litige se fonde sur les dispositions précitées et que le préfet a motivé les raisons qui l'ont conduit à écarter l'existence d'un droit au séjour pour l'intéressé, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision d'éloignement doit être écarté.
12. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que le requérant ne peut se prévaloir de l'irrégularité alléguée du refus de titre de séjour qui lui a été opposé, ni de l'existence d'un droit au séjour, à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision d'éloignement prise à son encontre.
13. En troisième lieu, eu égard aux éléments développés au point 6 du présent jugement, c'est sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation que le préfet a pu prendre à son encontre une mesure d'éloignement.
14. Il résulte de ce qui précède que les conclusions du requérant dirigées contre les décisions d'éloignement prises à son encontre doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'interdiction de retour :
15. Aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".
16. En premier lieu, le préfet a régulièrement motivé la décision d'interdiction de retour au regard des critères fixés par l'article précité qu'il a expressément visés. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette décision doit être écarté.
17. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que le requérant ne peut se prévaloir de l'irrégularité alléguée du refus de titre de séjour qui lui a été opposé, ni de l'existence d'un droit au séjour, à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision d'interdiction de retour prise à son encontre.
18. Les conclusions du requérant dirigées contre les décisions d'interdiction de retour prises à son encontre doivent donc être rejetées.
19. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à l'annulation de l'arrêté pris à son encontre le 3 janvier 2024 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B A, au préfet de l'Hérault et à
Me Baudard.
Délibéré après l'audience du 13 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Eric Souteyrand, président,
Mme Adrienne Bayada, première conseillère,
Mme Audrey Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.
La rapporteure,
A. Lesimple Le président,
E. Souteyrand
La greffière,
M-A Barthélémy
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 27 juin 2024.
La greffière,
M-A Barthélémy
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026