mardi 7 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2402583 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | KOUAHOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 mai 2024, Mme B A, représentée par Me Kouahou, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de l'orienter avec ses deux enfants vers une structure d'hébergement d'urgence située à Montpellier dans le délai de 24 heures à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de déclarer que l'ordonnance sera exécutoire aussitôt qu'elle sera rendue ;
4°) de mettre à la charge du préfet de l'Hérault la somme de 2 000 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- elle ne dispose plus d'un logement depuis septembre 2022 ; elle a dû arrêter la location d'un appartement dans un hôtel en raison de son coût financier et, n'ayant comme seule ressource que le revenu de solidarité active, elle ne peut trouver un logement dans le parc privé ; elle a déposé auprès de la commission de médiation de l'Hérault un recours amiable dans le cadre du droit à l'hébergement opposable mais aucune solution d'hébergement ne lui a été proposée alors que sa demande aurait été reconnue prioritaire et urgente ; des amis et connaissances hébergent ses enfants pour la nuit et elle dort dans un local non aménagé attenant au restaurant d'une autre connaissance ;
- l'urgence est caractérisée dès lors qu'elle ne dispose d'aucune solution d'hébergement et que ses appels réguliers au 115 n'ont pas abouti faute de places disponibles ; cette situation affecte son état de santé physique et psychique et celui de ses enfants âgés de 14 et 15 ans ;
- la carence de l'Etat à proposer à sa famille un hébergement d'urgence, en méconnaissance des dispositions des articles L. 345-2 et L. 345-2-2 du code de l'action sociale et des familles, porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale que constitue le droit aux personnes sans abri, en situation de détresse, d'accéder sans délai à une structure d'hébergement d'urgence, en présence d'enfants mineurs, et aux droits garantis par les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle sollicite un lieu d'hébergement situé à Montpellier où ses enfants sont scolarisés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Encontre, vice-présidente, pour statuer sur les demandes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, Mme A demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de l'Hérault de mettre à la disposition de sa famille un hébergement d'urgence situé à Montpellier.
2. Compte tenu de l'urgence, il y a lieu d'admettre Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire en application de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991.
3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 dudit code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
4. L'article L. 345-2 du code de l'action sociale et des familles prévoit que, dans chaque département, est mis en place, sous l'autorité du préfet, " un dispositif de veille sociale chargé d'accueillir les personnes sans abri ou en détresse ". L'article L. 345-2-2 dispose que : " Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d'hébergement d'urgence () ". Il appartient aux autorités de l'Etat, sur le fondement des dispositions citées ci-dessus, de mettre en œuvre le droit à l'hébergement d'urgence reconnu par la loi à toute personne sans abri qui se trouve en situation de détresse médicale, psychique ou sociale. Une carence caractérisée dans l'accomplissement de cette mission peut faire apparaître, pour l'application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale lorsqu'elle entraîne des conséquences graves pour la personne intéressée. Il incombe au juge des référés d'apprécier dans chaque cas les diligences accomplies par l'administration en tenant compte des moyens dont elle dispose ainsi que de l'âge, de l'état de la santé et de la situation de famille de la personne intéressée.
5. Mme A fait valoir que, depuis septembre 2022, elle ne dispose plus du logement qu'elle occupait avec son frère et que ses faibles ressources ne lui permettent ni de continuer à louer un appartement dans un hôtel ni de trouver un logement dans le parc locatif privé. Si la requérante justifie appeler régulièrement le 115 depuis le début de l'année 2024 et ne pas avoir obtenu une proposition d'hébergement faute de places disponibles dans le cadre du dispositif de veille sociale, il résulte toutefois de l'instruction qu'elle perçoit de la caisse d'allocations familiales de l'Hérault des aides sociales d'un montant mensuel de 1 174,04 euros au titre des allocations familiales et du revenu de solidarité active ainsi qu'une pension alimentaire d'un montant annuel de 2 400 euros et aucune pièce n'est produite au dossier pour démontrer qu'elle aurait vainement entrepris des démarches pour rechercher un logement dans le parc locatif privé. Elle indique en outre dans ses écritures que ses enfants, qui sont âgés de 14 et 15 ans et sont scolarisés, sont hébergés par des amis ou des connaissances et qu'un local attenant au restaurant est mis à sa disposition par une autre connaissance, de sorte que sa famille, même si ses conditions d'hébergement sont précaires, n'est pas dépourvue de toute solution d'hébergement. Enfin, si Mme A fait état de ce que la situation d'hébergement affecte son état de santé physique et psychique et celui de ses enfants, elle ne produit aucun élément à l'appui de ses allégations. Ainsi, au regard de ces éléments, Mme A ne démontre pas que sa famille se trouverait dans une situation de détresse au sens des dispositions des dispositions du code de l'action sociale et des familles citées au point 3 et, par suite, dans une situation d'urgence, au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, justifiant l'intervention du juge des référés dans un délai de quarante-huit heures. Par ailleurs, si la requérante fait valoir qu'elle n'a reçu aucune proposition d'hébergement alors que sa demande présentée dans le cadre du droit à l'hébergement d'urgence aurait été reconnue par la commission de médiation de l'Hérault comme prioritaire et urgente, il lui appartient, si elle s'y croit fondée, d'introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son accueil dans une structure d'hébergement, un établissement ou logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale logement ou son relogement en application de l'article II de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par Mme A au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doivent être rejetées, ainsi que le surplus des conclusions de la requête, la présente ordonnance étant exécutoire en vertu de l'article L. 11 du code de justice administrative et son conseil ne pouvant se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans le cadre de la présente instance.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à Me Kouahou.
Copie en sera adressée au préfet de l'Hérault.
Fait à Montpellier, le 7 mai 2024.
La juge des référés,
S. Encontre La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 7 mai 2024.
Le greffier,
D. Martinier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026