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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2402613

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2402613

jeudi 23 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2402613
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantBAUTES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée 6 mai 2024, M. B A, représenté par Me Bautès, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet de l'Hérault doit être regardé comme ayant implicitement refusé de lui renouveler son titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sollicité le 14 avril 2023 ;

2°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa demande dans un délai de 15 jours, et de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, en application des dispositions des articles L. 911-1 à L. 911-3 du code de justice administrative ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

Il soutient que :

- il y a urgence à prononcer la suspension de l'exécution de la décision de rejet en litige dès lors qu'en l'absence de renouvellement de son titre de séjour, il se trouve en difficulté de pouvoir conclure des contrats de travail en sa qualité d'auto-entrepreneur dans le câblage de fibres optiques ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de cette décision implicite de refus qui est entachée :

. d'un défaut de motivation, compte tenu de sa demande de motif, en date du 4 février 2024, demeurée sans réponse,

. d'une erreur de droit, dès lors qu'entré régulièrement en France à l'âge de neuf ans, il remplit les conditions posées à l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour être admis au séjour au titre de sa vie privée et familiale,

Par un mémoire, enregistré le 22 mai 2024, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- l'urgence n'est pas établie dès lors que M. A s'est vu remettre un récépissé de sa demande de titre de séjour valable du 16 mai au 15 août 2024, qui lui permet de circuler librement sur le territoire français, dans l'attente de la délivrance de son titre de séjour temporaire valable jusqu'au 13 avril 2024 et alors qu'un rendez-vous lui a été fixé le 3 juin 2024 en préfecture pour lui permettre de déposer une demande de renouvellement dudit titre ;

- qu'aucun des moyens de la requête n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité d'une décision implicite de rejet qui a été de ce fait retirée.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Montpellier a désigné M. Souteyrand, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Souteyrand, vice-président ;

- les observations de Me Bautès pour le requérant et de M. C pour le préfet de l'Hérault.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () " ; qu'aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. // Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ".

2. Il résulte de ces dispositions que l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre et il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate de cette décision sur la situation concrète du demandeur et de ses proches. Cette condition d'urgence est en principe constatée dans le cas du refus de renouvellement d'un titre de séjour.

3. Il ressort des pièces du dossier que dans l'attente de la remise du titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", édité le 22 avril 2024, dont il avait sollicité le 14 avril 2023 le renouvellement, le préfet de l'Hérault, d'une part, a délivré à M. A un récépissé de sa demande de titre de séjour, valable du 16 mai au 15 août 2024, qui lui permet de circuler librement sur le territoire français, d'autre part, lui a fixé au 3 juin 2024 un rendez-vous en préfecture pour lui permettre de déposer une demande de renouvellement dudit titre. Par suite, ces décisions positives s'étant nécessairement substitué à la décision implicite de rejet en litige née le 5 mars 2024, M. A n'établit pas l'urgence à statuer sur les conclusions de la requête aux fins de suspension de cette décision.

4. Il y a donc lieu de rejeter toutes les conclusions de la requête de M. A.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B A et au préfet de l'Hérault.

Fait à Montpellier, le 23 mai 2024.

Le juge des référés, La greffière,

E. Souteyrand A. Farell

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 23 mai 2024.

La greffière,

A. Farell

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