vendredi 5 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2402696 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SOW |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 mai 2024, M. B A, représenté par Me Sow, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 avril 2024 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Orientales de lui délivrer une carte de résident sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'auteur de l'arrêté n'est pas compétent,
- l'arrêté est entaché d'un vice de procédure tiré de l'absence de saisine de la commission du titre de séjour en méconnaissance de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- l'arrêté est insuffisamment motivé,
- le préfet n'a pas procédé à un examen approfondi de sa situation,
- l'arrêté comporte une erreur de fait et une erreur de droit,
- il viole les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire, enregistré le 27 mai 2024, le préfet des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gayrard, rapporteur,
- et les observations de Me Sow, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant marocain né le 1er septembre 1975, demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 12 avril 2024 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. Lorsque sa demande porte sur un titre de séjour ne figurant pas dans cette liste, il présente sa demande dans le courant des deux mois précédant l'expiration du document dont il est titulaire () ". L'article R. 431-2 dispose que la demande d'un titre séjour figurant sur une liste fixée par arrêté du ministre chargé de l'immigration s'effectue au moyen d'un téléservice, les catégories de titres de séjour désignés par arrêtés figurant en annexe 9 du code précité.
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 432-13 du même code : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : () 5° Lorsqu'elle envisage de refuser le renouvellement ou de retirer une carte de séjour pluriannuelle ou une carte de résident dans le cas prévu à l'article L. 412-10 ". Aux termes de cet article L. 412-10 du code précité : " Lorsque la décision de refus de renouvellement ou de retrait concerne une carte de séjour pluriannuelle ou une carte de résident, l'autorité administrative prend en compte la gravité ou la réitération des manquements au contrat d'engagement au respect des principes de la République ainsi que la durée du séjour effectuée sous le couvert d'un document de séjour en France. Cette décision ne peut être prise si l'étranger bénéficie des articles L. 424-1, L. 424-9, L. 424-13 ou L. 611-3. La décision de refus de renouvellement ou de retrait d'une carte de séjour pluriannuelle ou d'une carte de résident est prise après avis de la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14 ".
4. Il ressort des pièces du dossier que M. A a déposé sa demande de renouvellement de sa carte de résident le 19 octobre 2023 au moyen d'un formulaire papier déposé en préfecture et non d'un téléservice ; aucun des arrêtés visés à l'annexe 9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne fait expressément obligation à l'étranger demandant le renouvellement de sa carte de résident d'utiliser un téléservice pour déposer sa demande. Dès lors que sa carte de résident expirait le 11 novembre 2023, M. A a régulièrement déposé sa demande de renouvellement dans le délai de deux mois précédant l'expiration comme le prévoit l'article L. 431-5 du code précité. Il s'ensuit que le préfet des Pyrénées-Orientales a commis une erreur de droit en estimant que, d'une part, M. A était tenu de présenter sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour, et, d'autre part, que l'intéressé devait dès lors être regardé comme présentant une première demande de carte de résident. Il découle également de ce qui précède que le préfet a commis un vice de procédure en refusant de renouveler la carte de résident de M. A sans avoir préalablement saisi la commission de titre de séjour en applications des dispositions des articles L. 412-10 et L. 432-13 du code précité.
5. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés à l'appui de sa requête, M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales du 12 avril 2024 portant refus de renouveler sa carte de résident et lui faisant obligation de quitter le territoire français.
Sur les autres conclusions :
6. Eu égard au motif d'annulation tenant à un vice de procédure, et dès lors qu'un motif tiré d'une menace grave à l'ordre public peut motiver le refus de renouvellement d'une carte de résident, en principe renouvelable de plein droit, en application du nouvel article L. 433-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le présent jugement n'implique pas qu'il soit enjoint au préfet des Pyrénées-Orientales de renouveler la carte de résident de M. A. Il sera seulement enjoint au préfet de procéder au réexamen de la demande du requérant dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
7. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, qui est la partie perdante, une somme de 1 200 euros à verser à M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales du 12 avril 2024 portant refus de renouveler la carte de résident de M. A et lui a fait obligation de quitter le territoire français est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Pyrénées-Orientales de procéder au réexamen de la demande de M. A de renouvellement de sa carte de résident dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision.
Article 3 : Il sera mis à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet des Pyrénées-Orientales.
Délibéré après l'audience du 19 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gayrard, président,
Mme Pastor, première conseillère,
M. Lauranson, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2024.
Le président-rapporteur,
J-Ph. GayrardL'assesseur le plus ancien,
M. Lauranson
La greffière,
B. Flaesch
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 5 juillet 2024.
La greffière,
B. Flaeschil
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026