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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2402814

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2402814

mardi 9 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2402814
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantSCP D'AVOCATS VIGO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 mai 2024, Mme A B, représentée par Me Cacciapaglia, avocate, demande au tribunal :

1°) de condamner la commune de Banyuls-dels-Aspres (Pyrénées-Orientales) à lui verser, à titre de provision, la somme de 15 000 euros, assortie des intérêts de droit à compter de la réception de la réclamation préalable et de la capitalisation des intérêts pour chaque année échue, des intérêts à compter de la première année d'intérêts échue, en réparation de l'ensemble des préjudices subis tenant la responsabilité fautive de la collectivité employeur ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Banyuls-dels-Aspres la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la créance n'est pas sérieusement contestable dès lors qu'elle a été délaissée par son administration qui n'a pas entendu la protéger face à la diffamation publique dont elle était victime ;

- le montant de la provision est justifié en réparation de ses différents préjudices, mais également à l'égard de l'ancienneté du litige.

Par un mémoire, enregistré le 18 juin 2024, la commune de Banyuls-dels-Aspres, représentée par son maire en exercice par Me Vigo, avocat, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme B, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle expose que :

- les conclusions sont irrecevables dès lors qu'elles sont dirigées contre la mairie, personne morale qui n'existe pas, et non contre la commune ;

- les obligations dont se prévaut la requérante pour fonder sa demande de provision sont sérieusement contestables.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de justice administrative.

Le président du Tribunal a désigné M. Thévenet, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande de provision :

1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ". Il résulte de ces dispositions que pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui parait revêtir un caractère de certitude suffisant.

2. Si Mme B, adjoint administratif principal de 1ère classe, exerçant les fonctions d'agent d'accueil à la commune de Banyuls-Dels-Aspres, soutient que son état de santé résulte des relations professionnelles conflictuelles avec le maire de la commune, elle ne produit aucun élément qui en établirait l'existence avec un degré suffisant de certitude. Ainsi, en l'état de l'instruction, l'obligation dont Mme B se prévaut à l'égard de la commune de Banyuls-Dels-Aspres, est sérieusement contestable. Par suite, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par la commune de Banyuls-Dels-Aspres, la requête de Mme B doit être rejetée.

Sur les frais liés au litige :

3. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".

4. D'une part, ces dispositions font obstacle à ce que la commune de Banyuls-Dels-Aspres, qui n'est pas la partie perdant dans la présente instance, verse la somme que lui réclame Mme B.

5. D'autre part, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées sur le même fondement par la commune de Banyuls-Dels-Aspres.

O R D O N N E

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Banyuls-Dels-Aspres présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à la commune de Banyuls-Dels-Aspres.

Fait à Montpellier, le 9 juillet 2024.

Le juge des référés,

F. Thévenet

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 9 juillet 2024.

La greffière,

C. Arce

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