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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2403000

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2403000

vendredi 31 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2403000
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationPROCEDURES 96 H H / 48 H
Avocat requérantCOULIBALY SOGNON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 mai 2024, M. A B, représenté par Me Coulibaly Sognon, demande au tribunal :

1°) d'ordonner la communication de son entier dossier ;

2°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

3°) d'annuler l'arrêté du 26 mai 2024 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans en l'informant qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'une incompétence de son auteur;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux et complet de sa situation ;

- le préfet a méconnu les dispositions du 5° de l'article L.611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le préfet a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et a commis une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :

- le préfet a méconnu les dispositions des articles L.612-2 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est entachée d'une incompétence de son auteur ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'examen particulier de sa situation ;

- le préfet a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et a commis une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen des critères énoncés par l'article L.612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et présente un caractère disproportionné au regard de sa situation personnelle ;

- le préfet a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et a commis une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen :

- le préfet a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et a commis une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 30 mai 2024, le préfet des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

-la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Viallet, conseillère, dans les fonctions de magistrate chargée du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Viallet, magistrate désignée ;

- les observations de Me Coulibaly Sognon, représentant M. B, présent, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens.

- et les observations de M. B, assisté de M. C, interprète en langue arabe.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience en application de l'article R.776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par sa requête, M. B, ressortissant algérien né le 16 septembre 1997, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 26 mai 2024 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.

Sur la communication au requérant de son entier dossier :

2. Aux termes de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () L'étranger peut demander au président du tribunal administratif ou au magistrat désigné à cette fin () la communication du dossier contenant les pièces sur la base desquelles la décision contestée a été prise ".

3. Il ressort des pièces du dossier que le préfet des Pyrénées-Orientales a communiqué au tribunal l'ensemble des pièces sur la base desquelles a été pris l'arrêté contesté et que ces productions ont été communiquées au requérant. Dans ces conditions, les conclusions de ce dernier tendant à obtenir son dossier ne peuvent qu'être rejetées.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

4. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

5. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

6. En premier lieu, l'arrêté en litige est signé, pour le préfet des Pyrénées-Orientales, par M. Bruno Berthet. Par un arrêté du 29 avril 2024 visé dans l'arrêté attaqué et régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, le préfet des Pyrénées-Orientales a donné délégation à M. Bruno Berthet, secrétaire général de la Préfecture des Pyrénées-Orientales, aux fins de signer notamment les décisions contenues dans l'arrêté contesté. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.

7. En deuxième lieu, la décision attaquée mentionne avec une précision suffisante les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, et en particulier des éléments tenant aux conditions d'entrée et de séjour en France de l'intéressé, à sa situation personnelle, familiale et professionnelle. Dans ces conditions, et alors que l'exigence de motivation n'implique pas que la décision mentionne l'ensemble des éléments particuliers de la situation de l'intéressé, le préfet a suffisamment exposé les motifs fondant sa décision. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

8. En troisième lieu, il ne ressort pas des termes de l'arrêté attaqué et des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen sérieux et complet de la situation personnelle de M. B. En outre, si le requérant fait valoir qu'il est entré régulièrement en France sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa valide jusqu'au 19 octobre 2023, il ne l'établit pas. Le préfet souligne en effet que si la consultation du fichier Visabio indique que l'intéressé a bénéficié d'un visa de type C court séjour Schengen délivré par les autorités espagnoles avec entrées multiples et durée de séjour autorisé de 90 jours valable du 20 octobre 2022 au 19 octobre 2023, il n'a pu toutefois démontrer une entrée régulière sous couvert de ce visa, étant démuni de document de voyage valide. Par suite, le moyen doit être écarté.

9. En quatrième lieu, aux termes de l'article L.611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; () "

10. Pour faire obligation à M. B de quitter le territoire français, il ressort des pièces du dossier et des termes de la décision attaquée que le préfet s'est fondé uniquement sur les dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité, l'intéressé ne justifiant pas de la régularité de son entrée et de son séjour en France. Ainsi, contrairement à ce que soutient le requérant en faisant valoir que son comportement ne serait pas constitutif d'une menace à l'ordre public, le préfet n'a pas fondé sa décision sur les dispositions du 5° de l'article L.611-1 de ce code, et le moyen tiré de la méconnaissance de cet article doit par suite être écarté.

11. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. ( )".

12. Il ressort des pièces du dossier que M. B, qui a déclaré lors de son audition être célibataire et sans charge de famille a été placé en garde à vue le 25 mai 2024 pour des faits de faux et usage de faux documents, après avoir présenté une carte nationale d'identité grecque contrefaite à son nom et supportant sa photographie lors d'un contrôle par le service interdépartemental de la police aux frontières des Pyrénées-Orientales du Perthus, et n'a pas été en mesure de justifier de la régularité de sa situation administrative au regard du séjour en France. S'il justifie d'un emploi en qualité d'agent d'entretien conclu en contrat à durée indéterminée à compter du 26 mars 2024, et fait valoir sans l'établir être en couple avec une ressortissante française avec laquelle il aurait un projet de mariage, ces éléments à eux seuls ne suffisent pas à démontrer qu'il aurait établi en France le centre de ses intérêts privés et familiaux, ce alors qu'il déclare résider en France depuis seulement huit mois, après avoir quitté l'Algérie, pays dans lequel il a vécu jusqu'à l'âge de 25 ans et où résident ses parents ainsi que sa sœur et ses cinq frères. Dans ces conditions, la décision attaquée n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de M. B au sens des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, elle n'est pas davantage entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ou familiale.

En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :

13. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L.612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; () 7° L'étranger a contrefait, falsifié ou établi sous un autre nom que le sien un titre de séjour ou un document d'identité ou de voyage ou a fait usage d'un tel titre ou document ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".;

14. Pour refuser d'accorder un délai de départ volontaire à M. B, le préfet s'est fondé sur les circonstances que, ne justifiant pas être entré régulièrement sur le territoire, il n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour, qu'il a déclaré explicitement s'opposer à tout retour dans son pays d'origine, qu'il a reconnu détenir une fausse carte d'identité obtenue il y a huit mois, et qu'il ne justifie pas de garanties de représentations suffisantes dès lors qu'il ne dispose d'aucun document d'identité et circule sous couvert d'un document contrefait. Si M. B fait valoir qu'il n'est pas sans papiers, qu'il justifie d'une adresse à Aucamville et que s'opposer à une mesure d'éloignement n'est pas s'y soustraire, il résulte de ce qui précède que le préfet, en ne lui accordant pas de délai de départ volontaire, n'a pas méconnu les dispositions des articles L.612-2 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

15. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.

16. En deuxième lieu, la décision contestée énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Elle est, dès lors, suffisamment motivée. Il ne ressort pas davantage des termes de cette décision que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de sa situation.

17. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 12, la décision attaquée n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de M. B au sens des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et elle n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

18. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. " Et aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".

19. En premier lieu, pour édicter une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, le préfet, qui vise les dispositions de l'article L.612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a notamment tenu compte du fait que l'intéressé se maintient irrégulièrement sur le territoire depuis son entrée récente en France il y a huit mois, sans avoir sollicité de titre de séjour, ne justifie d'aucune attache réelle sur le territoire et n'apparaît nullement inséré socialement en France, son comportement représentant par ailleurs un trouble à l'ordre public. Dans ces conditions, la décision est suffisamment motivée et le préfet a examiné la situation du requérant au regard des critères prévus par la loi. En outre, M. B n'apporte aucun élément sur la relation sentimentale et sur le projet de mariage dont il se prévaut, et n'établit pas davantage ce en quoi cette relation ne pourrait se poursuivre hors de France. Dès lors, à supposer même que son comportement ne serait pas constitutif d'une menace à l'ordre public, le requérant, qui ne fait pas état de circonstances humanitaires, n'est pas fondé à soutenir que la durée de l'interdiction de retour, ainsi fixée à deux ans, serait disproportionnée et entachée d'une erreur d'appréciation. Par suite les moyens dirigés contre cette décision doivent être écartés.

20. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 12, l'interdiction de retour sur le territoire français durant deux ans qui lui a été faite n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen :

21. Aux termes de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006. / Les modalités de suppression du signalement de l'étranger en cas d'annulation ou d'abrogation de l'interdiction de retour sont fixées par voie réglementaire. ".

22. Lorsqu'elle prend à l'égard d'un étranger une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français, l'autorité administrative se borne à informer l'intéressé de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. Une telle information ne constitue pas une décision distincte de la mesure d'interdiction de retour et n'est, dès lors, pas susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. En tout état de cause, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 12, cette décision n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite le moyen doit être écarté.

23. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté de du préfet des Pyrénées-Orientales du 26 mai 2024 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

DECIDE :

Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet des Pyrénées-Orientales et à Me Coulibaly Sognon.

Lu en audience publique le 31 mai 2024.

La magistrate désignée,

ML. Viallet

Le greffier

D. Martinier

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 5 juin 2024

Le greffier

D. Martinier

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