mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2403384 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | PROCEDURES 96 H H / 48 H |
| Avocat requérant | SCP VIAL-PECH DE LACLAUSE-ESCALE-KNOEPFFLER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 14 et 18 juin 2024, M. B A, actuellement retenu au centre de rétention administrative de Perpignan, représenté par Me Quintard, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 13 juin 2024 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales a refusé de lui délivrer une carte de résident, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans et a procédé à sa signalisation aux fins de non-admission dans le système Schengen ;
3°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Orientales, à titre principal, de lui délivrer une carte de résident en qualité de parent d'enfant français à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, en saisissant notamment la commission du titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, et dans cette attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur la décision portant refus de délivrance d'une carte de résident :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle méconnaît les articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière, en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation, dès lors que son comportement ne représente pas une menace à l'ordre public ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la Convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;
- elle est illégale par voie d'exception, du fait de l'illégalité de la décision lui refusant le droit au séjour ;
- elle méconnaît l'article L. 611-1 3° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreur de droit, dans la mesure qu'il remplissait les conditions pour bénéficier de la délivrance d'un titre de séjour de plein droit ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la Convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Sur la décision fixant le pays de destination :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la Convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est entachée d'erreur d'appréciation et de disproportion ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la Convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire, enregistré le 17 juin 2024, le préfet des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien modifié du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Delon, première conseillère, pour statuer en tant que magistrate désignée en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 18 juin 2024 :
- le rapport de Mme Delon, magistrate désignée,
- les observations de Me Quintard, qui a repris, en les précisant, les moyens présentés par écrit, notamment le moyen tiré de l'incompétence du préfet des Pyrénées-Orientales au regard de la domiciliation de l'intéressé, et celles de M. A, assisté de M. D, interprète assermenté en langue arabe ;
- et les observations de Me Diaz, représentant le préfet des Pyrénées-Orientales.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant tunisien né le 5 novembre 1993, a fait l'objet d'un arrêté du 13 juin 2024, dont il demande l'annulation, par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales a refusé de lui délivrer une carte de résident, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans et a procédé à son signalement aux fins de non-admission dans le système Schengen. Il a été placé au centre de rétention administrative de Perpignan à sa levée d'écrou le 13 juin 2024. Son placement en rétention administrative a été prolongé par le juge de la liberté et de la détention du tribunal judiciaire de Perpignan le 15 juin 2024.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée, relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur l'étendue du litige :
3. Il résulte des dispositions des articles L. 614-8 et L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article R. 776-17 du code de justice administrative qu'en cas de placement en rétention ou d'assignation à résidence du requérant, il appartient au magistrat désigné par le président du tribunal administratif de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire français. Toutefois, il ne lui appartient pas de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision relative au séjour.
4. Ainsi, il n'y a lieu de statuer que sur les conclusions de la requête de M. A tendant à l'annulation des décisions du 13 juin 2024 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Par suite, les conclusions dirigées contre le refus de délivrance d'une carte de résident, ainsi que les conclusions à fin d'injonction à la délivrance ou au réexamen, qui sont l'accessoire de la demande d'annulation de la décision de refus de titre de séjour, doivent être réservées jusqu'en fin d'instance devant une formation collégiale.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, le préfet territorialement compétent pour édicter la décision portant obligation de quitter le territoire français est celui qui constate l'irrégularité de la situation au regard du séjour de l'étranger concerné. Tel est, en toute hypothèse, le cas du préfet du département où se trouve le lieu de résidence ou de domiciliation de l'étranger. Si l'irrégularité de sa situation a été constatée dans un autre département, le préfet de ce département est également compétent.
6. L'arrêté attaqué a été signé par M. E C, directeur de la citoyenneté et de la migration au sein de la préfecture des Pyrénées-Orientales. Ce dernier a reçu délégation à cet effet par arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales du 22 février 2024, publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture, et était ainsi compétent pour signer la décision attaquée, en tout état de cause eu égard à l'incarcération de M. A dans les Pyrénées-Orientales. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'obligation de quitter le territoire français manque en fait et doit être écarté.
7. En deuxième lieu, eu égard à ce qui a été énoncé au point 4, les moyens tirés de l'illégalité par voie d'exception de la décision attaquée ainsi que les moyens tirés du défaut de saisine de la commission du titre de séjour et de la compétence liée du préfet pour délivrer une carte de résident à M. A dès lors que celui-ci pourrait bénéficier d'un titre de séjour de plein droit, sont inopérants dans le cadre du présent litige, dirigé uniquement contre la mesure d'éloignement dont il fait l'objet.
8. En troisième lieu, il ressort des termes de la décision attaquée que sont mentionnés les différents textes applicables à la situation de M. A ainsi que l'ensemble des considérations de fait, tenant notamment à ses conditions de séjour en France et à sa vie personnelle. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne peut qu'être écarté. De même, contrairement à ce que soutient M. A, la motivation de la décision révèle que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de sa situation.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents () ". Aux termes de l'article L. 611-3 du même code, dans sa version applicable à la date de la décision attaquée : " L'étranger mineur de dix-huit ans ne peut faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ".
10. Contrairement à ce que fait valoir M. A, il ne ressort pas des termes de la décision attaquée que le préfet des Pyrénées-Orientales se soit cru, à tort, en situation de compétence liée pour édicter la mesure d'éloignement litigieuse, légalement fondé sur les dispositions précitées, qui n'ont ainsi pas été méconnues. En outre, si M. A se prévaut des dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il se fonde sur une version antérieure à celle applicable au présent litige, issue de l'article 37 de la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration, de sorte que le moyen invoqué ne peut qu'être écarté.
11. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° - Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2° - Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
12. Aux termes de l'article 3 de la Convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
13. Il ressort des pièces du dossier que M. A soutient, sans l'établir, être entré en France irrégulièrement le 15 janvier 2019, être père d'un enfant français né le 13 mai 2020 et vivre en concubinage avec une ressortissante française. S'il ressort des pièces du dossier qu'il a bénéficié d'une carte de séjour temporaire du 22 octobre 2021 au 21 octobre 2022 portant le motif " vie privée et familiale ", il n'en a pas demandé le renouvellement lors de son expiration et dispose, par ailleurs, d'un passeport tunisien expiré. En outre, s'il fait valoir sa situation personnelle et sa qualité de parent d'enfant français, il se borne à produire une attestation d'hébergement en Haute-Garonne datée du 20 mai 2024 chez une personne qui n'est pas la mère de l'enfant qu'il a reconnu et ne produit aucun justificatif attestant de leur vie commune, la seule attestation établie par la mère de l'enfant le 18 juin 2024 étant insuffisante à cet égard. Par ailleurs, s'il produit des justificatifs d'achat, ces éléments demeurent insuffisants pour démontrer qu'il contribue à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, et du reste, il n'apporte pas davantage de preuves de nature à démontrer l'ancienneté, l'intensité et la stabilité de ses liens en France, notamment avec les membres de sa famille et la mère de son enfant, au surplus du fait de son incarcération depuis le 13 janvier 2023. Enfin, s'il fait valoir son insertion professionnelle, il ne justifie que de courtes périodes d'emplois en qualité d'intérimaire fin 2020, en 2021 et jusqu'en octobre 2022, circonstance insuffisante pour établir une insertion socio-professionnelle stable et durable sur le territoire. Dans ces conditions, M. A ne démontre pas que le préfet des Pyrénées-Orientales aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie privée et familiale normale, ni davantage à l'intérêt supérieur de son enfant, ni que celui-ci aurait porté une appréciation manifestement erronée sur sa situation, de sorte que les moyens invoqués doivent être écartés.
14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français sont rejetées.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
15. En premier lieu, et pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 6, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte attaqué manque en fait et doit être écarté.
16. En second lieu, les mentions de la décision attaquée, faisant notamment état de la nationalité de M. A, indiquent les considérations de droit et de fait qui la fondent et ne révèlent aucun défaut d'examen de la situation de l'intéressé, de sorte que les moyens tirés du défaut de motivation et du défaut d'examen sont écartés.
17. Enfin, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 13 du présent jugement, M. A n'est pas fondé à soutenir que, par la décision attaquée, le préfet des Pyrénées-Orientales aurait méconnu les stipulations de l'article 3 de la Convention internationale relative aux droits de l'enfant et de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
18. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision fixant le pays de destination doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
19. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Selon l'article L. 612-10 du même code, pour fixer la durée de l'interdiction de retour, " l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
20. Il ressort des pièces du dossier que M. A, qui soutient être présent en France depuis 2019, a bénéficié d'un droit au séjour de 2021 à 2022 mais se maintient en situation irrégulière depuis lors. En outre, il ressort des pièces du dossier qu'il a fait l'objet d'une condamnation le 11 mai 2023 par la Cour d'Appel de Toulouse à une peine de trois ans d'emprisonnement, dont douze mois avec sursis avec maintien en détention, pour des faits de recel de bien provenant d'un vol par effraction dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt et violence sur une personne dépositaire de l'autorité publique sans incapacité et refus, par le conducteur d'un véhicule, d'obtempérer à une sommation de s'arrêter exposant directement autrui à un risque de mort ou d'infirmité permanente et dégradation ou détérioration de bien destiné à l'utilité ou la décoration publique. Si, ainsi que le fait valoir l'intéressé, il n'a fait l'objet que d'une condamnation pénale, celle-ci est récente et fondée sur divers faits particulièrement graves, de nature à établir que sa présence sur le territoire français représente une menace pour l'ordre public. En outre, il ne fait état d'aucune circonstances humanitaires particulière. Ainsi qu'il a été énoncé précédemment, il ne démontre pas l'ancienneté, la stabilité et l'intensité de ses attaches personnelles sur le territoire français. Dans ces conditions, l'ensemble des circonstances propres à sa situation personnelle est de nature à justifier légalement dans son principe et sa durée la décision d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, qui n'est pas la durée maximale et qui n'est pas en l'espèce disproportionnée. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation et de la disproportion, dont serait entachée la décision attaquée, doit être écarté.
21. En dernier lieu, et pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 13 du présent jugement, M. A n'est pas fondé à soutenir que, par la décision attaquée, le préfet des Pyrénées-Orientales aurait méconnu les stipulations de l'article 3 de la Convention internationale relative aux droits de l'enfant et de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne l'inscription dans le fichier SIS :
22. Lorsqu'elle prend, à l'égard d'un étranger, une décision d'interdiction de retour sur le territoire français, l'autorité administrative se borne à informer l'intéressé de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. Une telle information ne constitue pas une décision distincte de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français et n'est, dès lors, pas susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Il suit de là que les conclusions du requérant tendant à l'annulation de cette mesure, qui sont en tout état de cause irrecevables, doivent être rejetées.
23. Il résulte de tout ce qui précède que l'ensemble des conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 13 juin 2024 du préfet des Pyrénées-Orientales sont rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. B A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Les conclusions de la requête de M. B A tendant à l'annulation de la décision refusant de l'admettre au séjour, contenue dans l'arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales du 13 juin 2024, sont renvoyées devant une formation collégiale du présent tribunal.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B A est rejeté.
Article 4 : Les conclusions présentées par l'Etat (préfet des Pyrénées-Orientales) sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié au préfet des Pyrénées-Orientales, à M. B A et à Me Quintard.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024.
La magistrate désignée, La greffière,
E. Delon C. Touzet
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 18 juin 2024
La greffière
C. Touzet
N°2403384
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026