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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2403442

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2403442

vendredi 5 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2403442
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationPROCEDURES 96 H H / 48 H
Avocat requérantSCP VIAL-PECH DE LACLAUSE-ESCALE-KNOEPFFLER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 juin 2024 et un mémoire enregistré le 25 juin 2024, M. B, représenté par Me Rahal, avocat commis d'office, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 17 juin 2024 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de renvoi et prononcé une interdiction de retour de trois ans ;

3°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Orientales de réexaminer sa situation et dans l'attente de le munir d'une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ce règlement emportant renonciation de l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient, dans le dernier état de ses écritures :

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- l'insuffisante motivation de la décision attaquée révèle un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;

- la décision attaquée est entachée d'erreur de droit au regard du point 1 de l'article 6 de l'accord franco-algérien ;

- elle est entachée d'erreur de droit au regard du point 4 de l'article 6 de l'accord franco-algérien ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

Sur le pays de destination :

- la décision attaquée est entachée d'illégalité en ce qu'elle se fonde sur une décision d'éloignement illégale ;

Sur l'interdiction de retour :

- la décision attaquée est entachée d'illégalité en ce qu'elle se fonde sur une décision d'éloignement illégale ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation en ce que le préfet n'a pas tenu compte de la durée de sa présence en France ainsi que des liens familiaux dont il dispose sur le territoire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juin 2024, le préfet des Pyrénées-Orientales, représenté par Me Joubes, conclut au rejet de la requête.

Il soutient :

- que la requête est irrecevable en application des dispositions de l'article R.411-1 du code de justice administrative ;

- qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu :

- les pièces versées à l'audience par M. B et communiquées lors de l'audience au représentant du préfet des Pyrénées-Orientales ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles, modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Villemejeanne, conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8 et L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 25 juin 2024 :

- le rapport de Mme Villemejeanne, magistrate désignée

- les observations de Me Rahal, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et ajoute que les décisions portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour méconnaissant les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de M. B, et de Me Agier pour le préfet des Pyrénées-Orientales.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant algérien né le 29 décembre 1975, est entré en France le 6 septembre 2006, a bénéficié de plusieurs certificats de résidence dont le dernier a expiré le 24 février 2023. Par jugements du tribunal correctionnel de Perpignan du 19 avril 2023, du 26 janvier 2021 et du 22 mars 2021 il a été condamné à une peine totale de 23 mois d'emprisonnement délictuel pour des faits de " violence avec usage ou menace d'une arme suivie d'incapacité supérieure à 8 jours ", de " recel de bien provenant d'un vol et conduite d'un véhicule sans permis, récidive et circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance " et de " menace de mort réitéré, récidive ". Il a été écroué le 25 mars 2023 au centre pénitentiaire de Perpignan. Par l'arrêté attaqué du 17 juin 2024, le préfet des Pyrénées-Orientales lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. M. B demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ".

3. En raison de l'urgence, qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la présente requête, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, la décision attaquée mentionne, avec une précision suffisante, les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, et en particulier des éléments tenant aux conditions d'entrée et de séjour en France de l'intéressé, à sa situation personnelle, familiale et pénale. Dans ces conditions, et alors que l'exigence de motivation n'implique pas que la décision mentionne l'ensemble des éléments particuliers de la situation de l'intéressé, le préfet a suffisamment exposé les motifs fondant sa décision. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

5. En deuxième lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment de la motivation de la décision attaquée qui précise la situation familiale du requérant, que le préfet n'aurait pas procédé à un examen sérieux de sa situation. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.

6. En troisième lieu, lorsqu'une convention internationale ou une loi prescrit l'attribution de plein droit d'un titre de séjour à un étranger, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure d'obligation de quitter le territoire français.

S'agissant de la méconnaissance du point 1 de l'article 6 de l'accord franco-algérien susvisé :

7. Aux termes du point 1 de l'article 6 de l'accord franco-algérien susvisé : " () / Le certificat de résidence d'un an portant la mention "vie privée et familiale" est délivré de plein droit : / 1. Au ressortissant algérien, qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant () ".

8. Il ressort des pièces du dossier que M. B est entré en France le 6 septembre 2006, qu'il s'y est maintenu irrégulièrement jusqu'au 6 juillet 2009. Il est constant que par la suite il a bénéficié d'un premier certificat de résidence algérien valable du 07 août 2009 au 06 août 2010 puis d'un certificat de résidence algérien de 10 ans, valable du 07 août 2010 au 06 août 2020. Enfin, il est constant qu'il n'a pas déposé de demande de renouvellement de ce titre, mais a disposé, par la suite d'un certificat de résidence algérien valable du 25 février 2021 au 24 février 2022, renouvelé jusqu'au 24 février 2023. Cela étant, à supposer même que ces circonstances puissent être de nature à établir une présence effectivement et continue sur le territoire, les stipulations du point 1 de l'article 6 de l'accord franco-algérien ne privent pas l'autorité compétente du pouvoir qui lui appartient de refuser à un ressortissant algérien, la délivrance du certificat de résidence d'un an lorsque sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public. A cet égard, il ressort des pièces du dossier, qu'à la date de la décision attaquée, le casier judiciaire de l'intéressé comportait la mention de neuf condamnations. C'est ainsi qu'à compter de 2010, il a été condamné par le tribunal correctionnel de Pontoise, pour des faits de circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance à 300 euros d'amende, que le 20 janvier 2016. Puis par le tribunal correctionnel de Perpignan, le 15 octobre 2018, le 30 octobre 2018, le 6 février 2019, le 8 août 2019, le 26 janvier 2021, respectivement, pour des faits de conduite d'un véhicule à moteur malgré injonction de restituer le permis de conduire résultant du retrait de la totalité des points, pour des faits de violences avec usage ou menace d'une arme sans incapacité à six mois d'emprisonnement, pour des faits de conduite d'un véhicule sans permis à deux mois d'emprisonnement et à 500 euros d'amende, pour des faits de violences avec usage ou menace d'une arme sans incapacité, dégradation ou détérioration du bien d'autrui par un moyen dangereux pour les personnes à six mois d'emprisonnement, pour des faits de circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance, conduite d'un véhicule sans permis, détention non autorisée de stupéfiants à six mois d'emprisonnement, pour des faits de circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance, recel de biens provenant d'un vol, conduite sans permis d'un véhicule à quatre mois d'emprisonnement et 300 euros d'amende. Ensuite, le 2 juillet 2021, par le tribunal correctionnel d'Alençon pour des faits de conduite d'un véhicule à moteur malgré injonction de restituer le permis de conduire résultant de la totalité des points, à une amende de 2000 euros et enfin, le 19 avril 2023, par le tribunal correctionnel de Perpignan pour des faits de violence avec usage ou menace d'une arme suivie d'incapacité supérieure à 8 jours à une peine d'emprisonnement d'un an et trois mois. Eu égard au caractère répété des infractions et à la gravité des derniers faits commis, qui présentaient un caractère récent à la date de la décision attaquée, le préfet a pu, sans commettre d'erreur de droit, considérer que la présence du requérant constituait une menace pour l'ordre public, circonstance, faisant obstacle à la délivrance d'un certificat de résidence de plein droit sur le fondement du point 1 de l'article 6 de l'accord franco-algérien. Par suite le moyen tiré de la violation des stipulations précitées de l'article 6 de l'accord franco-algérien doit être écarté.

S'agissant de la méconnaissance du point 4 de l'article 6 de l'accord franco-algérien susvisé :

9. Aux termes du point 4 de l'article 6 de l'accord franco-algérien susvisé : () / Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () 4) au ressortissant algérien ascendant direct d'un enfant français mineur résidant en France, à la condition qu'il exerce même partiellement l'autorité parentale à l'égard de cet enfant ou qu'il subvienne effectivement à ses besoins. Lorsque la qualité d'ascendant direct d'un enfant français résulte d'une reconnaissance de l'enfant postérieure à la naissance, le certificat de résidence d'un an n'est délivré au ressortissant algérien que s'il subvient à ses besoins depuis sa naissance ou depuis au moins un an ; / () ".

10. Ainsi qu'il a été dit aux points précédent, l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ne prive pas l'autorité compétente du pouvoir qui lui appartient de refuser à un ressortissant algérien la délivrance du certificat de résidence d'un an lorsque sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public. Ainsi, pour les mêmes motifs exposés au point 8, le préfet a pu sans commettre d'erreur de droit considérer que la présence du requérant en France constituait une menace pour l'ordre public faisant obstacle à la délivrance d'un titre de séjour de plein droit. Au surplus, si le requérant est père de cinq enfants nés sur le territoire français en 2007, 2011, 2013, 2016 et 2019, il ne ressort pas des pièces du dossier que le premier de ses enfants résidait avec le requérant avant son incarcération tandis que ses trois autres fils et sa fille étaient placés à l'aide sociale à l'enfance. Les pièces versées au débat par le requérant ne suffisent pas à démontrer qu'il subviendrait à leurs besoins ou qu'il bénéficierait encore sur ces derniers, de l'autorité parentale, même partielle. Enfin, le juge aux affaires familiale relève dans son jugement de renouvellement des deux derniers enfants de l'intéressé, que " son positionnement parental n'a nullement évolué ", " que son discours n'est nullement centré sur l'intérêt des enfants " et réserve ses droits. Par suite le moyen tiré de la violation des stipulations précitées de l'article 6 de l'accord franco-algérien doit être écarté.

11. Il résulte des motifs exposés aux points 6 à 10, que le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il pouvait bénéficier de plein droit d'un titre de séjour, circonstance, qui faisait obstacle à son éloignement.

12. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

13. Il ne ressort pas des pièces du dossier, ni des débats lors de l'audience, qu'à la date de la décision attaquée, la communauté de vie entre le requérant et son épouse existait encore. Par ailleurs, bien que le requérant produise, notamment, des dessins et des cartes postales envoyés à certains de ses enfants, les pièces versées aux débats ne suffisent pas, à démontrer qu'il participe à l'entretien et à l'éducation de ses cinq enfants ni même de la stabilité ainsi que de l'intensité des liens qu'il entretiendrait avec eux. En outre, la répétition des faits délictueux qu'il a commis, malgré les condamnations prononcées à son encontre, démontre son absence d'engagement à s'insérer dans la société française. Enfin, si le requérant produit une promesse d'embauche, cette pièce, eu égard à sa date, est insuffisamment probante, et ne peut, en tout état de cause, démontrer une insertion professionnelle particulière en France avant sa détention ou après sa libération. Dans ces conditions, en dépit de la présence du requérant sur le territoire depuis 2006, il n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des objectifs qu'elle poursuit. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

14. Pour les mêmes motifs, le préfet n'a pas davantage commis d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation de l'intéressé. Par suite, ce moyen doit être écarté.

En ce qui concerne le pays de destination :

15. M. B n'établit pas l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Ainsi, il n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision à l'encontre de celle fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement.

En ce qui concerne l'interdiction de retour pour une durée de trois ans :

16. En premier lieu, M. B, qui n'établit pas l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision à l'encontre de celle prononçant à son encontre une interdiction de retour.

17. En deuxième lieu, ainsi qu'il a été dit précédemment, le requérant ne justifie pas de la nature et l'intensité des liens noués avec ses cinq enfants ainsi que son épouse. Par ailleurs, la présence de l'intéressé sur le territoire français représente une menace à l'ordre public. En raison des nombreuses condamnations pénales dont il a fait l'objet, et faute d'élément permettant de justifier d'une insertion sociale, professionnelle à la société française, et compte tenu des attaches dont dispose le requérant en Algérie, l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentale.

18. En dernier lieu, pour les mêmes motifs qui précèdent, et en dépit de la durée de la présence du requérant sur le territoire français, l'interdiction de retour pour une durée de trois ans, n'est pas entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle et familiale.

19. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

20. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction doivent donc être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et celles de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance, la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

D E C I D E

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des Pyrénées-Orientales.

Rendu public par mise à disposition du greffe le 5 juillet 2024.

La magistrate désignée,

P. VILLEMEJEANNELa greffière,

C. TOUZET

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées orientales en ce qui le concerne et à ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 5 juillet 2024

La greffière,

C. TOUZET

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