jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2405402 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SCP VIAL-PECH DE LACLAUSE-ESCALE-KNOEPFFLER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 septembre 2024 et deux mémoires enregistrés le 9 octobre 2024, la société les Trois Serres, représentée par Me Voisin, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du maire de Saint Couat d'Aude en date du 23 juillet 2024 portant interdiction d'accès à son camping ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint Couat d'Aude la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'urgence est caractérisée : l'exécution de la décision contestée va entraîner un préjudice financier important et porter atteinte à la survie économique de l'entreprise en la privant de l'intégralité de ses revenus ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée : elle est entachée d'un vice de procédure, en l'absence de procédure contradictoire préalable prévue par l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ; elle méconnait les dispositions de l'article L. 143-3 du code de la construction et de l'habitation en imposant une seconde visite de la sous-commission départementale de sécurité pour lever l'arrêté et au regard de l'absence de mise en demeure d'effectuer les travaux prescrits ; elle porte atteinte au droit au respect de la liberté d'entreprendre et de la liberté du commerce et de l'industrie dès lors que la mesure de fermeture n'est ni adaptée, ni justifiée, ni proportionnée, les travaux prescrits dans l'avis de la sous-commission départementale de sécurité ayant été réalisés avant l'édiction de l'arrêté.
Par des mémoires en défense enregistrés les 8 et 9 octobre 2024, la commune de Saint Couat d'Aude, représentée par Me Joubes, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de la requérante à lui verser la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- il n'existe pas de moyens propres à créer en l'état de l'instruction un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Jérôme Charvin, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 10 octobre 2024 :
- le rapport de M. A,
- et les observations de Me Diaz, représentant la commune de Saint Couat d'Aude, qui maintient ses écritures.
La clôture de l'instruction a été fixée à l'issue de l'audience le 10 octobre 2024 à 10 heures.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 23 juillet 2024 le maire de Saint Couat d'Aude a interdit l'accès au camping " les Trois Serres ". La société les Trois Serres, exploitante de ce camping, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de la décision litigieuse, la société requérante fait valoir que l'exécution de la décision contestée va entraîner un préjudice financier important et porter atteinte à sa survie économique en la privant de l'intégralité de ses revenus. Cependant, il résulte de l'instruction, outre qu'à la date de la présente ordonnance, la société les Trois Serres continue d'exploiter le camping malgré l'interdiction ordonnée par le maire de Saint Couat d'Aude, que cette dernière n'a pas exécuté l'ensemble des prescriptions prononcées en matière d'incendie par la sous-commission départementale pour la sécurité des occupants des terrains de camping le 17 juin 2024, et notamment l'installation d'une défense extérieure contre l'incendie (DECI) constituée par une retenue d'eau de 120 m2, et qu'ainsi, compte tenu, en cas de survenance d'un incendie, de la dangerosité du site, constitué d'une vingtaine d'emplacements majoritairement occupées à l'année, l'intérêt public qui s'attache à la protection des usagers du camping en cas d'incendie fait obstacle à ce que la condition d'urgence invoquée par la requérante puisse être regardée comme étant remplie.
5. Par suite, sans qu'il soit besoin de vérifier s'il est fait état d'un moyen propre à créer en l'état de l'instruction un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, la condition d'urgence posée par les dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas remplie.
6. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de la société les Trois Serres, en ce compris ses conclusions présentées en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la société requérante la somme de 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par la société les Trois Serres est rejetée.
Article 2 : La société les Trois Serres versera à la commune de Saint Couat d'Aude la somme de 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société les Trois Serres et à la commune de Saint Couat d'Aude.
Fait à Montpellier, le 10 octobre 2024.
Le juge des référés,
J. A
La greffière,
L. Salsmann
La République mande et ordonne au préfet de l'Aude en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 10 octobre 2024
La greffière,
L. Salsmann
N°2405402Ls
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026