mardi 27 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2407119 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | MISSLIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 décembre 2024, Mme B A, représentée par Me Misslin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 juillet 2024 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois mois';
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention "'vie privée et familiale'", à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation°;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des articles 37 de la loi du 10juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur le refus de titre de séjour :
- la décision a été prise par une autorité incompétente dès lors qu'il n'est pas justifié d'une délégation de pouvoir ou de signature régulièrement publiée';
- elle est insuffisamment motivée faute pour le préfet de l'Hérault de faire mention de sa situation personnelle et de viser l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant';
- elle méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de cet article dès lors qu'elle a fixé le centre de ses intérêts privés et familiaux en France'; elle y a été scolarisée dès son entrée sur le territoire, elle justifie d'un niveau A2 en langue française, elle y a obtenu un certificat d'aptitude professionnelle et un baccalauréat professionnel, a effectué plusieurs stages en entreprise, elle justifie d'un contrat à durée déterminée et y a donné naissance à son premier enfant le 6 septembre 2024';
- elle est entachée, pour les mêmes motifs, d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet s'étant abstenu d'apprécier sa demande sur ce fondement';
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision a été prise par une autorité incompétente dès lors qu'il n'est pas justifié d'une délégation de pouvoir ou de signature régulièrement publiée';
- elle est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation faute de mentionner les circonstances tirées de sa vie privée et familiale, faute de viser son fondement et de viser l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant';
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales';
- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant';
Sur le délai de départ volontaire de trente jours :
- la fixation du délai de départ volontaire n'est assortie d'aucune motivation spécifique';
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation compte tenu de sa vie privée et familiale établie en France';
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision est illégale par voie d'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français';
- elle est insuffisamment motivée faute de se prononcer sur chacune des conditions énoncées par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile';
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle ne représente pas une menace pour l'ordre public, qu'elle vit en France depuis plus de sept ans, que sa fille est née en France et qu'elle serait totalement isolée en cas de retour en Albanie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mars 2025, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Mme A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 novembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales';
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile';
- le code des relations entre le public et l'administration°;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991';
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Didierlaurent,
- les conclusions de M. Sanson, rapporteur public,
- les observations de Me Misslin, représentant M. A.
Une note en délibéré, présentée par Mme A, a été enregistrée le 14 mai 2025.
Considérant ce qui suit :
Sur le refus de séjour et l'obligation de quitter le territoire :
1. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que les décisions attaquées ont été prises pour le préfet de l'Hérault et par délégation, par M. Poisot, secrétaire général de la préfecture. Par un arrêté n° 2024-06-DRCL-280 du 7 juin 2024, régulièrement publié le même jour au recueil administratif n° 122 du 14 juin 2024, le préfet de l'Hérault a donné délégation à M. Poisot à l'effet de signer tous actes, arrêtés, décisions et circulaires relevant des attributions de l'État dans le département de l'Hérault, et notamment tous les actes administratifs relatifs au séjour et à la police des étrangers. Cette délégation, produite en défense par le préfet de l'Hérault, habilitait M. Poisot à signer les décisions en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire doit être écarté.
2. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise notamment les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lesquelles il se fonde. Par ailleurs, il mentionne que Mme A déclare être entrée en France au cours de l'année 2017, qu'elle a déjà fait l'objet d'un refus de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire le 20 juin 2021, qu'elle déclare vivre en concubinage avec un compatriote en situation irrégulière, qu'un enfant est né de cette relation le 6 septembre 2023 et qu'elle présente un contrat de travail à durée déterminée. Par suite, alors que le préfet de l'Hérault n'était pas tenu de faire mention de l'ensemble des circonstances dont se prévaut l'intéressée et dès lors que la seule circonstance que l'arrêté attaqué ne vise pas l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant n'est pas de nature à établir que le préfet n'aurait pas tenu compte de l'intérêt de l'enfant, l'arrêté en litige, qui énonce les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement des décisions qu'il comporte, satisfait ainsi aux exigences des articles L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'obligation de quitter le territoire français, prise sur le fondement du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'ayant pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision de refus de titre de séjour. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation des décisions en litige doit par suite être écarté. Il en est de même de celui tiré du défaut d'examen réel et sérieux de la situation de l'intéressée.
3. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : "'1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance.'". Aux termes de l'article
L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : "'L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République'".
4. Pour l'application de ces stipulations et dispositions, le ressortissant étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
5. Pour soutenir que l'arrêté en litige méconnaît son droit à la vie privée et familiale, Mme A fait notamment valoir qu'elle séjourne sur le territoire national depuis le 1er mai 2017. Toutefois, il ressort seulement des mentions apposées sur son passeport, produit par le préfet de l'Hérault, que la requérante est entrée, à cette date, sur le territoire italien et elle n'établit pas, par les éléments qu'elle produit, l'ancienneté du séjour en France dont elle se prévaut. Il ressort en outre des pièces du dossier que son concubin, de nationalité albanaise également et père de son enfant né en France le 6 septembre 2023, se trouve en situation irrégulière. Par ailleurs, si Mme A établi, par les pièces qu'elle produit, maîtriser le français, avoir suivi une scolarité en France et avoir conclu le 3 janvier 2024 un contrat à durée déterminée de six mois pour un emploi de femme de chambre, il ressort en outre des pièces du dossier qu'elle a fait l'objet, le 30 juin 2021, d'un premier arrêté portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire. Enfin, elle ne justifie pas être dépourvue d'attaches dans son pays d'origine où elle a vécu la majeure partie de sa vie. Par suite, et alors que rien ne s'oppose à ce que la cellule familiale se reconstitue en Albanie, en refusant de délivrer à Mme A un titre de séjour, le préfet de l'Hérault n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : "'L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale" ()'". Il appartient à l'autorité administrative de vérifier si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention "'vie privée et familiale'", "'salarié'" ou "'travailleur'", répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels. Il résulte, en outre, de ces dispositions que le législateur a entendu laisser à l'administration un large pouvoir pour apprécier si l'admission au séjour d'un étranger répond à des considérations humanitaires ou si elle se justifie au regard des motifs exceptionnels que celui-ci fait valoir. Il appartient seulement au juge administratif, saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que l'administration n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation qu'elle a portée sur l'un ou l'autre de ces points.
7. Il résulte de ce qui a été dit au point 5 du présent jugement que Mme A ne justifie pas de motifs exceptionnels ou de considérations humanitaires au sens des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le préfet de l'Hérault n'a pas méconnu ces dispositions en refusant de lui délivrer un titre de séjour.
8. Enfin, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : "'Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale.'".
9. Si Mme A se prévaut de la naissance de son enfant en France le 6 septembre 2024, cette seule circonstance n'est pas de nature à lui conférer un droit au séjour. Dès lors que rien ne s'oppose à ce que sa vie familiale se poursuive en Albanie, pays dont toute sa famille possède la nationalité, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de cet article ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant un délai de départ volontaire :
10. Les dispositions l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoient que l'obligation de quitter le territoire français prise à l'encontre d'un ressortissant étranger est assortie d'un délai d'une durée de trente jours, qui peut exceptionnellement être supérieur, pour satisfaire à cette obligation. L'article L. 612-2 de ce code détermine également les cas dans lesquels l'autorité administrative peut, par une décision motivée, priver le ressortissant étranger de ce délai de départ volontaire. Il en résulte que l'autorité administrative, lorsqu'elle accorde ce délai de trente jours, n'est pas tenue de motiver sa décision sur ce point si l'étranger n'a présenté aucune demande tendant à ce que ce délai soit prolongé pour tenir compte des particularités éventuelles de sa situation.
11. Il ne ressort d'aucune des pièces des dossiers ni même des écritures de Mme A qu'elle aurait présenté une demande en ce sens. Par suite, elle ne peut utilement soutenir que la décision serait insuffisamment motivée ou que le préfet aurait méconnu l'étendue de sa compétence en s'estimant lié par ce délai de trente jours. Les moyens tirés du défaut de motivation et de l'erreur de droit doivent par suite être écartés.
12. Eu égard à ce qui a été indiqué au point 5 du présent jugement, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision fixant le délai de départ à trente jours serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. Ce moyen doit, par suite, être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
13. En premier lieu, Mme A, qui n'établit pas l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de cette décision à l'encontre de l'interdiction de retour.
14. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : "'Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français.'". Selon l'article L. 612-10 dudit code : "'Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11.'".
15. Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.
16. L'interdiction de retour contestée, après avoir visé l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mentionne que Mme A déclare être arrivée en France le 1er mai 2017, que ses liens familiaux en France ne sont pas établis, qu'elle ne justifie pas être démunie d'attaches familiales dans son pays d'origine et qu'elle ne constitue pas une menace à l'ordre public. Alors que l'arrêté en litige rappelle en outre que l'intéressée a fait l'objet, le 30 juin 2021, d'un refus de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français, la décision contestée comporte un énoncé suffisant des considérations de droit et de fait qui la fondent, au regard notamment des critères énoncés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
17. En troisième lieu, pour édicter une interdiction de retour sur le territoire français, le préfet a examiné avec précision chacun des quatre critères énoncés par la loi en les mettant en regard de la situation administrative, personnelle et familiale de Mme A. Eu égard à ce qui a été dit aux points précédents, l'édiction par le préfet de l'Hérault d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois mois n'est pas disproportionnée.
18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme A tendant à l'annulation de l'arrêté du 10 juillet 2024 doivent être rejetées ainsi, par voie de conséquence, que ses conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au préfet de l'Hérault et à Me Misslin.
Délibéré après l'audience du 13 mai 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Encontre, présidente,
M. Meekel, premier conseiller,
M. Didierlaurent, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mai 2025.
Le rapporteur,
M. DidierlaurentLa présidente,
S. EncontreLa greffière,
L. Rocher
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 27 mai 2025.
La greffière,
L. Rocher0dl
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026