mercredi 19 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2500694 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BAZIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 janvier et 18 février 2025, M. B A, représenté par Me Bazin, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet de l'Hérault a clos l'instruction de sa demande, en date du 16 septembre 2024, de renouvellement de titre de séjour et implicitement rejeté cette demande ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault dans un délai de huit jours à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " et un récépissé avec autorisation de travail ou une attestation de prolongation d'instruction valable à compter du 3 janvier 2025, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande et, dans l'attente, de lui remettre un récépissé avec autorisation de travail ou une attestation de prolongation d'instruction valable à compter du 3 janvier 2025 ;
3°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- il y a urgence à prononcer la suspension de l'exécution de la décision de rejet en litige dès lors que, bénéficiaire d'un titre de séjour valable du 3 janvier 2024 au 2 janvier 2025, il a déposé, le 16 septembre 2024 sur le site de l'Anef, une demande de renouvellement de ce titre, laquelle a fait l'objet, le 17 janvier 2025, d'une décision de clôture pour le motif qu'" Un problème informatique est survenu lors du traitement de votre dossier veuillez redéposer ", qu'en conséquence, à la date du 20 janvier 2025 du dépôt de sa seconde demande sur la plateforme de l'Anef, il se retrouve en situation irrégulière et donc, notamment, privé d'une prolongation d'instruction de sa demande attestant d'une situation régulière et du bénéfice de son allocation d'adulte handicapé ; aucun motif tiré du caractère incomplet de sa demande ne lui étant utilement opposé, la décision de clore son instruction en litige est un acte qui lui fait grief ;
- la décision implicite de refus en litige, dont l'existence est matérialisée par le fait que, contrairement à ce que le préfet oppose, il a bien fait, en vain, toutes les diligences possibles, fait naître un doute sérieux sur sa légalité en ce qu'elle est entachée :
. d'une motivation insuffisante,
. d'une méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il justifie remplir toutes les conditions pour se voir renouveler son titre de séjour.
Par un mémoire enregistré le 14 février 2025, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- l'urgence n'est pas établie, dès lors que M. A, qui peut toujours bénéficier de soins médicaux en France, a pu, le 20 janvier 2025, redéposer sa demande de renouvellement de titre de séjour sur la plateforme de l'Anef, de sorte qu'elle ne fait pas, en l'état, l'objet du refus implicite allégué à la date du 17 janvier 2025 ; au surplus, il ne démontre pas avoir déposé un dossier complet en application des dispositions de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, consistant en la réception par l'OFFI du certificat médical confidentiel de son médecin traitant, permettant la délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction de la demande.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Montpellier a désigné M. Souteyrand, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Souteyrand, vice-président ;
- et les observations de Me Bazin, pour le requérant.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () " ; qu'aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ".
2. Il résulte de ces dispositions que l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre et il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate de cette décision sur la situation concrète du demandeur et de ses proches. Si cette condition d'urgence est en principe constatée dans le cas du retrait ou du refus de renouvellement d'un titre de séjour, il appartient en revanche au requérant, dans les autres cas, au nombre desquels figure le refus de première demande de titre, de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
3. Il ressort des pièces du dossier que, par un courrier électronique en date du 17 janvier 2025, les services en charge de l'instruction de la demande de renouvellement titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " déposée le 16 septembre 2024 sur la plateforme de l'Anef par M. A, ont informé l'intéressé qu'à la suite d'un problème technique, d'une part, que l'instruction du dossier de sa demande de titre de séjour était empêchée, d'autre part, qu'il lui appartenait de déposer une nouvelle demande. Or, il est constant qu'au 20 janvier 2025, date à laquelle il a pu présenter une nouvelle demande, M. A était alors en situation irrégulière en raison du terme, le 2 janvier 2025, de la validité de son titre de séjour, ce qui a fait obstacle à ce que lui soit délivrée une attestation de prolongation d'instruction à raison de cette seconde demande, alors même qu'il était bien en situation régulière lorsqu'il a présenté sa demande initiale. Or, il est constant, qu'alors même qu'il s'en prévaut en défense, le préfet de l'Hérault n'établit pas le caractère incomplet de la première demande présentée par M. A dont le seul motif de clôture de l'instruction le 17 janvier 2025, quatre mois plus tard, est qu'un problème informatique est survenu lors du traitement de son dossier. Par suite, M. A, qui, en l'état, sans que cela lui soit imputable, est placé en situation irrégulière et privé de son allocation pour adulte handicapé, est fondé à soutenir que la décision du 17 janvier de clôture de sa demande de renouvellement de titre de séjour qu'il attaque doit être regardée comme une décision de refus d'instruire un dossier qui n'est pas réputé incomplet, ce qui constitue un acte qui lui fait grief et pour lequel il établit l'urgence à ce qu'il soit statué en référé sur les conclusions aux fins de suspension de l'exécution.
4. En l'état, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation est de nature à créer un doute sur la légalité de la décision en litige.
5. Il y a donc lieu de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet de l'Hérault a, le 17 janvier 2025, refusé d'instruire la demande de renouvellement de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " déposée le 16 septembre 2024 par M. A sur la plateforme de l'Anef.
6. Cette suspension implique nécessairement que le préfet se prononce expressément sur la demande de renouvellement titre de séjour de M. A dont il est régulièrement saisi et, dans l'attente, qu'il lui délivre une attestation de prolongation d'instruction à compter du 3 janvier 2025, terme de la validité de son titre de séjour, dans un délai n'excédant pas un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 750 euros à verser au conseil de M. A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
ORDONNE :
Article 1er : L'exécution de la décision du 17 janvier 2025 par laquelle le préfet de l'Hérault a refusé d'instruire la demande de renouvellement de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", déposée le 16 septembre 2024 par M. A, est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Hérault d'examiner la demande de titre de séjour de M. A et, dans l'attente, de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction, à compter du 3 janvier 2025, dans un délai n'excédant pas un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : M. A est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 4 : l'Etat versera une somme de 750 euros à Me Bazin en application des dispositions de l'article L761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Article 5 : La présente décision sera notifiée à M. B A, au préfet de l'Hérault et à Me Bazin.
Fait à Montpellier, le 19 février 2025.
Le juge des référés,
E. Souteyrand
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, 20 février 2025.
Le greffier,
D. Martinier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026