vendredi 21 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2501184 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | PROCEDURES 96 H H / 48 H |
| Avocat requérant | VEYRIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 février 2025, M. A F C, représenté par Me Veyrier, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner la communication de l'ensemble des pièces sur lesquelles le préfet des Pyrénées-Orientales s'est fondé pour prendre les décisions attaquées ;
3°) d'annuler l'arrêté du 15 février 2025 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de renvoi et prononcé une interdiction de retour de deux ans ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ce règlement emportant renonciation de l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
Sur l'arrêté attaqué pris dans son ensemble :
- il est entaché d'un vice d'incompétence puisqu'il n'est pas démontré que son signataire bénéficiait d'une délégation régulièrement publiée l'habilitant à cet effet ;
- il est entaché d'une insuffisance de motivation.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'erreur de droit ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa vie privée et familiale ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- elle méconnaît son droit au respect de la vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est entachée d'erreur d'appréciation puisqu'il justifie de circonstances humanitaires ;
- en fixant une interdiction de retour pour une durée de deux ans le préfet a entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 février 2025, le préfet des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.
Les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Villemejeanne, première conseillère, dans les fonctions de magistrat chargé du contentieux des mesures d'éloignement.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 21 février 2025 :
- le rapport de Mme Villemejeanne, magistrate désignée ;
- les observations de Me Veyrier, représentant M. C, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et de M. C, assisté de M. E, interprète en langue arabe.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Le requérant, qui se présente sous l'identité de M. C, ressortissant algérien né le 9 octobre 2002 et qui placé au centre de rétention administrative de Perpignan, demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 15 février 2025 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour pour une durée de deux ans.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. M. C qui a présenté sa requête sans avoir recours à un avocat, a bénéficié lors de l'audience de l'assistance de l'avocat de permanence désigné par le bâtonnier. Le requérant n'a pas indiqué vouloir renoncer au bénéfice de cette commission d'office. Par suite, il n'y a pas lieu d'admettre provisoirement l'intéressé, au bénéfice de l'aide juridictionnelle dans le cadre de la présente instance.
Sur la communication du dossier administratif du requérant :
3. Aux termes de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () L'étranger peut demander au président du tribunal administratif ou au magistrat désigné le concours d'un interprète et la communication du dossier contenant les pièces sur la base desquelles la décision contestée a été prise. () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que le préfet des Pyrénées-Orientales a communiqué au tribunal l'ensemble des pièces sur la base desquelles a été pris l'arrêté contesté et que ces productions ont été communiquées au conseil de M. C. Dans ces conditions, les conclusions de ce dernier tendant à obtenir son dossier ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté attaqué pris dans son ensemble :
5. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé pour le préfet des Pyrénées-Orientales par Mme D B, sous-préfète chargée de mission auprès du préfet, secrétaire générale adjointe de la préfecture des Pyrénées-Orientales. Par un arrêté du 31 décembre 2024, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du 2 janvier 2025, produit au dossier, le préfet des Pyrénées-Orientales a donné délégation à Mme D B, à l'effet de signer, lors des permanences et astreintes qu'elle assure, les arrêtés et décisions pris dans le cadre des procédures de refus de séjour, de mesures d'éloignement des étrangers ainsi que les lettres de saisine adressées au juge des libertés et de la détention en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit, par suite, être écarté.
6. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué mentionne, avec une précision suffisante, les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, et en particulier des éléments tenant aux conditions d'entrée et de séjour en France de l'intéressé ainsi qu'à sa situation personnelle. Dans ces conditions, et alors que l'exigence de motivation n'implique pas que la décision mentionne l'ensemble des éléments particuliers de la situation de l'intéressé, le préfet a suffisamment exposé les motifs fondant les décisions contenues dans l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
7. En premier lieu, le moyen tiré de l'erreur de droit n'est assorti d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Il doit par suite être écarté.
8. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
9. M. C déclare être entré sur le territoire français en 2020 et s'y maintenir en situation irrégulière depuis. M. C qui ne justifie pas d'une entrée ni même d'une présence régulière et habituelle sur le territoire français ne démontre pas par les pièces qu'il verse au débat y avoir noué de liens d'une particulière intensité alors qu'il déclare que son épouse enceinte de nationalité espagnole réside en Espagne. M. C, ne conteste pas sérieusement les vingt-quatre signalements pour des faits de vols, de vente à la sauvette, recels dont il fait l'objet entre 2021 et 2024, sous plusieurs alias différents, et retranscrits dans le relevé de consultation du fichier automatisé des empreintes digitales. Dans ces conditions, eu égard aux conditions d'entrée et de séjour du requérant sur le territoire, la décision attaquée ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale que le requérant tient de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation au regard des stipulations précitées doit être écarté.
En ce qui concerne le pays de destination :
10. M. C soutient que la décision fixant l'Algérie comme pays à destination duquel il sera reconduit porte atteinte à son droit au respect de la vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales puisqu'il est marié à une ressortissante espagnole qui est enceinte de leur premier enfant. Toutefois, par les pièces versées au débat, M. C ne justifie pas de l'ancienneté ni même de la stabilité de cette relation alors que lors de l'audience il n'a pas été en mesure de préciser la date de son mariage. Enfin, le requérant n'allègue ni ne démontre être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où il a vécu la majeure partie de sa vie et n'invoque aucune circonstance particulière s'opposant à ce que son épouse espagnole l'accompagne dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
11. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". L'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".
11. En premier lieu, la situation personnelle et familiale du requérant telle que précédemment décrite ne permet pas de démontrer, contrairement à ce qu'il allègue, l'existence de circonstances humanitaires faisant obstacle à ce que le préfet des Pyrénées-Orientales prenne une décision lui interdisant le retour sur le territoire français.
12. En second lieu, M. C n'établit pas ne pas être connu des services de police sous les alias mentionnés par l'administration et ne justifie pas de l'existence de liens suffisamment anciens et forts en France. Dans ces conditions, même s'il ne peut être reproché à M. C d'avoir fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, eu égard aux circonstances de fait exposées, le préfet a pu, sans entacher sa décision d'une erreur d'appréciation, assortir la mesure d'éloignement d'une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans
13. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée, y compris ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E
Article 1 : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A F C et au préfet des Pyrénées-Orientales.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 février 2025.
La magistrate désignée,
P. Villemejeanne La greffière,
C. Touzet
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne et à ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 21 février 2025
La greffière
C. Touzet
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026