LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2503448

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2503448

mardi 6 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2503448
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantSCP D'AVOCATS AYRAL-CUSSAC-MADRENAS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montpellier a rejeté la requête de M. A..., ressortissant roumain, contestant l’arrêté préfectoral du 11 avril 2025 l’obligeant à quitter le territoire français. La juridiction a estimé que le préfet avait légalement fondé sa décision sur l’article L. 251-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, constatant que l’intéressé ne justifiait plus d’un droit au séjour et constituait une charge déraisonnable pour le système d’assistance sociale. Les moyens soulevés, notamment l’erreur de fait et l’absence de prise en compte de l’état de santé, ont été écartés comme infondés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 14 mai et 3 novembre 2025, M. B... A..., représenté par son tuteur l’UDAF des Pyrénées-Orientales et par Me Ayral, demande au tribunal d’annuler l’arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales en date du 11 avril 2025 l’obligeant à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et prononçant une interdiction de circulation sur le territoire français d’une durée d’un an.

Il soutient que :
en visant un courrier concernant une ressortissante allemande, le préfet a entaché sa décision d’erreur de fait ;
en application de l’article 706-3 du code de procédure pénale, la CIVI lui permettra d’avoir des ressources suffisantes au sens de l’article L. 233-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
les demandes de prestations sociales ne constituent pas un abus de droit au sens de l’article L. 251-1 du code précité ;
le préfet n’a pas tenu compte de son état de santé ; il a un déficit fonctionnel permanent de 80 à 90% de sorte qu’il ne peut organiser un retour en Roumanie ;
les frais d’hébergement pourront être remboursés ;
l’interdiction de circulation est injustifiée.


Par un mémoire en défense enregistré le 26 mai 2025, le préfet des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu’aucun des moyens de la requête n’est fondé.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la directive 2004/38/CE du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

A été entendu au cours de l’audience publique le rapport de M. Lauranson.

Considérant ce qui suit :

1. M. B... A..., ressortissant roumain, né le 7 mars 1964, demande l’annulation de l’arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales en date du 11 avril 2025 l’obligeant à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et prononçant une interdiction de circulation sur le territoire français d’une durée d’un an.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :

2. En premier lieu, la mention de « l’irrégularité du séjour d’une ressortissante allemande » est une erreur de plume sans incidence sur la décision.

3. En deuxième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de la décision attaquée que son édiction n’aurait pas été précédée d’un examen de la situation du requérant.

4. En troisième lieu, aux termes de l’article L. 251-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : 1° Ils ne justifient plus d'aucun droit au séjour tel que prévu par les articles L. 232-1, L. 233-1, L. 233-2 ou L. 233-3 ; 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ; 3° Leur séjour est constitutif d'un abus de droit. (…). / L'autorité administrative compétente tient compte de l'ensemble des circonstances relatives à leur situation, notamment la durée du séjour des intéressés en France, leur âge, leur état de santé, leur situation familiale et économique, leur intégration sociale et culturelle en France, et l'intensité des liens avec leur pays d'origine ».

5. Aux termes de l’article L. 232-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, auquel renvoie le 1° de l’article L. 251-1 du même code : « Tant qu'ils ne deviennent pas une charge déraisonnable pour le système d'assistance sociale mentionné par la directive 2004/38 du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 relatif au droit des citoyens de l'Union et des membres de leurs familles de circuler et de séjourner librement sur le territoire des Etats membres, les citoyens de l'Union européenne (…) ont le droit de séjourner en France pour une durée maximale de trois mois, sans autre condition ou formalité que celles prévues pour l'entrée sur le territoire français.». Aux termes de l’article L. 233-1 du même code : « Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes : 1° Ils exercent une activité professionnelle en France ; 2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie ; 3° Ils sont inscrits dans un établissement fonctionnant conformément aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur pour y suivre à titre principal des études ou, dans ce cadre, une formation professionnelle, et garantissent disposer d'une assurance maladie ainsi que de ressources suffisantes pour eux et pour leurs conjoints ou descendants directs à charge qui les accompagnent ou les rejoignent, afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale ;4° Ils sont membres de famille accompagnant ou rejoignant un citoyen de l'Union européenne qui satisfait aux conditions énoncées aux 1° ou 2° ;5° Ils sont le conjoint ou le descendant direct à charge accompagnant ou rejoignant un citoyen de l'Union européenne qui satisfait aux conditions énoncées au 3°».

6. Il ressort des termes de la décision attaquée que, pour prononcer à l’encontre de M. A... une décision d’obligation de quitter le territoire français, le préfet des Pyrénées-Orientales s’est fondé sur les motifs tirés de ce que, d’une part, l’intéressé est dépourvu de ressources, d’autre part, son séjour est constitutif d’un abus de droit.

7. Il ressort de la décision attaquée que M. A... n’exerce aucune activité professionnelle déclarée et ne justifie d’aucun revenu ni d'une assurance maladie privée afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale. Pour regrettable que soit la situation de handicap de M. A... résultant d’une violente agression, il a été admis au bénéfice de l’aide sociale de l’Etat entrainant une lourde charge pour le système d’assistance français au titre de son hébergement en EHPAD, ainsi que l’atteste le directeur départemental de l’emploi, du travail et des solidarités des Pyrénées-Orientales dans son courrier du 7 janvier 2025. Dans ces conditions, c’est à bon droit que le préfet a estimé que, ne disposant pas de ressources suffisantes et n’exerçant aucune activité professionnelle déclarée, il ne pouvait prétendre à aucun droit au séjour sur le fondement de l’article L. 233-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et pouvait, dès lors, faire l’objet d’une obligation de quitter le territoire français en application des dispositions du 1° de l’article L. 251-1 de ce code alors même que M. A... soutient qu’il pourrait obtenir une indemnité grâce au fonds de garantie des victimes. Cette base légale suffisait à fonder l’obligation de quitter le territoire français critiquée et le préfet aurait pris la même décision s’il ne s’était placé que sur ce fondement. Par suite, sans qu’il soit besoin d’examiner l’existence d’un abus de droit, le requérant n’est pas fondé à soutenir que la mesure d’éloignement prononcée à son encontre est entachée d’erreur d’appréciation ou d’erreur de droit.

8. En quatrième lieu, si M. A... a été reconnu adulte handicapé, il ne ressort pas des pièces du dossier qu’il ne pourrait recevoir en Roumanie les soins appropriés à son état de santé ou une aide sociale, ni qu’il serait exposé à des risques liés au voyage dès lors qu’un transport sanitaire n’apparaît pas impossible.



En ce qui concerne la décision portant interdiction de circuler sur le territoire français pour une durée d’un an :

9. Aux termes de l’article L. 251-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'autorité administrative peut, par décision motivée, assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français édictée sur le fondement des 2° ou 3° de l'article L. 251-1 d'une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée maximale de trois ans ».

10. En vertu des dispositions de l’article L. 251-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, le préfet peut prononcer une interdiction de circulation sur le territoire français d’une durée maximale de trois ans lorsque le comportement du citoyen de l'Union constitue une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ou si son séjour est constitutif d'un abus de droit, lequel est constitué lorsque le citoyen de l'Union renouvelle ses séjours de moins de trois mois dans le but de se maintenir sur le territoire français alors que les conditions requises pour son séjour d'une durée supérieure à trois mois ne sont pas remplies ou si son séjour a pour but essentiel de bénéficier du système d'assistance sociale.

11. D’une part, le préfet des Pyrénées-Orientales n’a pas retenu la menace à l’ordre public que le comportement de M. A... constituerait. D’autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A... renouvelle ses séjours de moins de trois mois pour contourner les exigences du séjour supérieur à trois mois. Enfin, M. A... a été victime en février 2018 d’une agression lui occasionnant des blessures très graves et une hospitalisation. Ces circonstances particulières ne sauraient constituer un abus de droit. Par suite, le préfet des Pyrénées-Orientales a fait une inexacte application des disposition citées au point 8 en prononçant à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français d’une durée d’un an.

12. Il résulte de tout ce qui précède que M. A... est seulement fonder à demander l’annulation de la décision d’interdiction de circulation sur le territoire français d’une durée d’un an.





D E C I D E :





Article 1er : L’arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales du 11 avril 2025 est annulé en tant qu’il a prononcé pour M. A... une interdiction de circulation sur le territoire français d’une durée d’un an.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A... est rejeté.



Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l’UDAF des Pyrénées-Orientales, à M. A... et au préfet des Pyrénées-Orientales.


Délibéré après l'audience du 16 décembre 2025, à laquelle siégeaient :

M. Jérôme Charvin, président,
M. Mathieu Lauranson, premier conseiller,
M. François Goursaud, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 janvier 2026.



Le rapporteur,

M. Lauranson
Le président,

J. Charvin


La greffière,





L. Salsmann


La République mande et ordonne au des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Montpellier, le 6 janvier 2025.
La greffière,


L. Salsmann


Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions